Les 4 fantastiques de Hendrick

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31 mai 2007

Les 4 fantastiques de Hendrick

Tous les pilotes du Hendrick Motorsports ont désormais remporté au moins une course. Mieux encore : l’écurie a 9 victoires après 12 épreuves ! Qui réussira donc à arrêter le quatuor détonnant composé de Gordon, Johnson, Busch et Mears ? Peut-être Harvick, le vainqueur du All-Star Challenge, ou alors Kenseth, toujours présent aux avant-postes.

Pour la quatrième apparition des COT en NASCAR, le ciel de la Virginie n’était pas clément et la pluie retardait la course d’une journée. Prévu pour le samedi, le rendez-vous de Richmond se déroulait finalement le dimanche. C’était Jeff Gordon, pour la 3ème fois consécutive, qui partait en pole, répétant le schéma classique de cette saison 2007 avec la domination outrageuse du Hendrick Motorsports sur les premières longueurs.

Il fallait attendre le tiers des 400 tours pour revoir Denny Hamlin, l’un des pilotes les plus forts sur la COT, pointer en tête à la régulière. Il engageait alors la lutte avec Kevin Harvick mais celui-ci rétrogradait brusquement après un gros accrochage dans les stands avec David Ragan. Hamlin, tout seul, n’avait alors plus les moyens de résister à l’écurie de Rick Hendrick qui profitait de la remontée exceptionnelle de Kyle Busch depuis sa 34ème place au départ jusqu’au top 5.

Cela n’arrangeait pas les affaires de Jeff Burton, deuxième du championnat derrière Gordon, qui abandonnait très vite sur une casse moteur et terminait en dernière position. La bonne surprise de la journée était l’excellente performance de Dave Blaney avec la Toyota qui se plaçait aux avant-postes sur la fin de course. Mais il était pris dans un crash à 30 boucles du drapeau à damier et laissait filer un top 10 assuré pour sa Camry.

Après une série interminable de neutralisations, Johnson s’adjugeait une 4ème victoire en 10 courses, la 7ème pour son écurie cette année. Ses coéquipiers Busch et Gordon finissaient 2ème et 4ème, séparés par le trublion Denny Hamlin. Harvick échouait quant à lui à la 7ème place. Au classement général, Gordon gardait plus de 200 points d’avance sur ses rivaux directs tandis que Burton chutait de la 2ème à la 5ème position.

Junior, où vas-tu ?

Entre les manches de Richmond et de Darlington, une nouvelle capitale secouait tout l’univers de la NASCAR : Dale Earnhardt Jr annonçait qu’il quittait la Dale Earnhardt Incorporated, l’écurie fondée par son père, à la fin de l’année. Etant incontestablement le pilote le plus populaire du championnat, son départ devenait un événement et les spéculations allaient bon train. La décision de Junior n’était pourtant pas si soudaine que cela. Depuis plusieurs mois, on connaissait les tensions qui existaient entre lui et sa belle-mère, devenue propriétaire de l’écurie DEI à la mort de Dale Earnhardt Sr en 2001.

Junior réclamait récemment la majorité des parts de l’entreprise familiale mais aucun accord ne semble avoir été trouvé puisque les tractations aboutissaient finalement à une scission. Personne ne se faisait pourtant de souci pour le pilote tant aimé du public. Suivi par son sponsor de toujours (une marque de bière américaine), il a réaffirmé son attachement envers Chevrolet, laissant plusieurs portes ouvertes. Il pourrait naturellement se diriger vers le Richard Childress Racing, l’écurie à laquelle appartenait son père et qui garde en réserve le mythique n° 3. Mais Rick Hendrick, avec les meilleures voitures du plateau, serait un nouveau patron potentiel même s’il a déjà le maximum légal de 4 équipes engagées dans son écurie.

Le Joe Gibbs Racing pourrait aussi voir en lui un futur allié à Denny Hamlin et Tony Stewart, l’ami de Junior. L’ultime option serait l’arrivée dans la catégorie supérieure du JR Motorsports, l’écurie de Busch Series appartenant à Dale Earnhardt Jr. Ce serait peut-être l’occasion de garder les services de Martin Truex Jr, son coéquipier actuel, qui risque de se retrouver mal en point dans une DEI décapitée.

Gordon la locomotive… Sans wagon !

En arrivant à Darlington, la NASCAR ne trouvait pas un meilleur climat qu’à Richmond et les COT devaient à nouveau attendre vingt quatre heures et un ciel dégagé pour sortir des garages. Clint Bowyer, auteur de la pole pour la première fois de sa carrière, se présentait immédiatement comme un concurrent sérieux à la victoire mais subissait la loi d’un Denny Hamlin aussi rapide que régulier. Jimmie Johnson et Jeff Gordon restaient légèrement en retrait dans le top 10, attendant le retour de Kyle Busch, encore mal qualifié.

La course s’annonçait très dure pour les pneus et les mécaniques, les pilotes brossant chacun leur tour les murs de protection. Johnson partait à la faute sans trop de conséquences, Kenseth et Stewart explosaient un pneu et Edwards ratait son entrée dans les stands. Les choses allaient bien en revanche pour le Team Penske avec Kurt Busch et Ryan Newman qui se portaient en tête à la régulière. Mais cela ne représentait presque rien pour Hamlin qui était le plus rapide et menait son 500ème tour au volant d’une COT, la meilleure performance d’un pilote pour le moment.

Malheureusement, la victoire devait encore lui échapper : au 305ème des 367 tours, des boulons de roue s’éparpillaient lors de son arrêt aux stands et il était relégué à la 15ème position. Dans le peloton, les moteurs explosaient successivement : Tony Raines, Casey Mears, David Stremme, Dave Blaney et David Gilliland étaient contraints à l’abandon. Jeff Gordon se retrouvait lui aussi victime d’une surchauffe mais ne diminuait pas le rythme pour autant. Mieux encore, il s’emparait de la première place au détriment de Johnson. La Chevrolet n° 24 tentait alors de rallier l’arrivée avec un jet de fumée blanche sortant du capot. Le train à vapeur conduit par Gordon augmentait son allure dans les dernières boucles et semait ses wagons à plus de deux secondes !

Il remportait une victoire incroyable devant Hamlin qui, malgré une remontée fantastique, ne parvenait pas à conclure. C’était la 3ème victoire de la saison pour Gordon et la 8ème pour le Hendrick Motorsports. Le vainqueur creusait un peu plus l’écart en tête du championnat sur Johnson (3ème de la course), Kenseth (7ème), Hamlin (2ème) et Burton (10ème).

Harvick star parmi les stars

Une semaine avant l’épreuve la plus longue de la saison, les 600 miles de Charlotte, la NASCAR était déjà sur le speedway de la Caroline pour des courses d’exhibition richement dotées et d’autres spectacles à la sauce américaine. L’événement phare du week-end était bien sûr le Nextel All-Star Challenge qui réunissait comme chaque année les meilleurs pilotes de la discipline mais ne comptait pas pour le championnat.

Pour être invité à cette course, il fallait soit avoir remporté une victoire en 2006 ou 2007, soit être un ancien champion, soit avoir déjà gagné l’épreuve dans le passé. Tous les autres pilotes pouvaient participer au Nextel All-Star Open à l’issue duquel les deux premiers étaient aussi qualifiés pour le Challenge. La dernière place était attribuée à celui qui serait élu par le public.

L’Open était divisé en deux segments de 20 tours chacun qui étaient presque intégralement dominés par Carl Edwards. Dans le peloton, la perspective de participer au Challenge échauffait les esprits et les crashes se succédaient pendant toute la durée de la course. A trois tours de la fin, alors qu’on s’imaginait déjà Edwards vainqueur, ses pneus se dégradaient et il était forcé de ralentir.

Martin Truex Jr et Johnny Sauter profitaient de l’occasion et s’adjugeaient in extremis les deux places qualificatives. Edwards prenait la chose avec philosophie et devenait consultant d’un jour pour commenter le All-Star Challenge à la télévision américaine. Kenny Wallace, favori du public dans les votes, obtenait lui aussi un billet de qualification.

Le Challenge était quant à lui divisé en 4 segments de 20 tours avec un arrêt ravitaillement obligatoire dans le 3ème. Matt Kenseth remportait la première partie et rentrait aux stands avant le début de la deuxième, à l’instar de tous les autres pilotes sauf Kyle Busch et Mark Martin qui prenaient la tête. Malgré des pneus usés, Busch ne montrait aucune difficulté à gagner ce deuxième segment. Kenseth revenait alors dans la course et s’offrait le troisième. Mais le champion 2003 dépassait la vitesse limite dans la pit lane lors de son arrêt obligatoire et se retrouvait à la fin du paquet.

La quatrième partie était donc très ouverte, d’autant plus que les tours effectués sous drapeau jaune ne comptaient pas. Heureusement d’ailleurs car on avait encore droit à une belle série d’accrochages et d’incidents divers : Jeff Gordon, pourtant très bien placé, crevait un pneu ; Casey Mears et Denny Hamlin se touchaient et finissaient dans le mur ; Kyle Busch forçait le passage sur son propre frère Kurt qui lui fermait la porte et les deux têtes brûlées allaient régler leur conflit familial dans les garages.

Kevin Harvick se présentait comme le plus solide et réussissait à maintenir derrière lui Jimmie Johnson et Mark Martin jusqu’à la ligne d’arrivée. Vainqueur du Daytona 500 cette année mais relativement en retrait depuis, le pilote du Richard Childress Racing se voyait offrir la somme rondelette d’un million de dollars alors qu’il en avait déjà gagné un et demi en février. Son coéquipier Burton terminait 4ème juste devant Stewart.

Toyota impressionne

En même temps que les 500 Miles d’Indianapolis en IndyCar, la NASCAR proposait elle aussi sa course la plus longue de l’année, le Coca-Cola 600, à Charlotte. Le rendez-vous se montrait digne d’intérêt puisque les premiers leaders n’étaient autres que Ryan « Rocketman » Newman et Kurt Busch, les coéquipiers du Team Penske qui s’était accaparés la première ligne de la grille de départ.

Le Hendrick Motorsports subissait de son côté les coups du sort, dès le 53ème tour, avec une bande de roulement baladeuse qui s’échappait de la Chevrolet de Joshnon, provoquant un carambolage derrière lui. Johnson s’en tirait sans une éraflure tandis qu’A.J. Allmendinger, Tony Stewart, Dave Blaney, Elliott Sadler, Clint Bowyer, Juan-Pablo Montoya et Kevin Harvick restaient sur le carreau.

Dix tours plus tard, Jeff Gordon perdait le contrôle de sa voiture, traversait le gazon et, en revenant sur la piste, coupait la route à Allmendinger qui le percutait de plein fouet. Gordon était moins chanceux que son coéquipier et abandonnait, à l’instar d’Allmendinger qui avait aussi entrainé Jeff Burton dans l’accident. Kyle Busch, troisième vainqueur cette année pour Hendrick, allait heurter le muret tout seul et rentrait aux garages.

Le drapeau jaune ressortait souvent, en grande partie à cause de pneus crevés et de tête-à-queue. La véritable surprise venait du clan Toyota qui alignait successivement Brian Vickers et Jeremy Mayfield en tête pendant 80 des 400 tours de course ! Une première dans l’histoire de la NASCAR ! Cela effaçait presque les performances de Stewart et Johnson, rescapés des crashes ainsi que celles de Dale Earnhardt Jr, très présent dans le top 5.

La roue tournait lors du final quand les pilotes arrivaient à cours de carburant dans les 10 derniers tours. Tout le monde s’arrêtait pour mettre les quelques litres manquants sauf certains qui préféraient diminuer leur vitesse et tenter le diable ! C’était le cas de Casey Mears qui se retrouvait en tête et finissait la course à un rythme de croisière. Il était resté bien classé durant tout le rendez-vous mais ne s’était jamais montré en mesure de s’imposer alors que Stewart briguait la victoire.

Casey Mears remportait donc ainsi le premier succès de sa carrière avec la Chevrolet qu’on disait jusque-là être la moins performante du Hendrick Motorsports. Grâce à cette stratégie, le top 5 à l’arrivée était tout aussi singulier : J.J. Yeley enregistrait son meilleur résultat avec une place de dauphin et Kyle Petty, qui n’a pas gagné depuis 10 ans, finissait sur le podium devant Reed Sorenson. Vickers, malgré une direction assistée défaillante, donnait son premier top 5 à la Toyota Camry, Mayfield ayant abandonné sur casse moteur dans les derniers miles. Stewart échouait en 6ème position.

Le championnat restait sous la domination de Gordon qui gardait 132 points d’avance sur Johnson et plus de 200 sur Kenseth. Le Hendrick Motorsports prenait un nouvel ascendant psychologique sur ses adversaires avec une 9ème victoire en 12 courses et la démonstration de l’efficacité de chacune de ses voitures.

Renaud LACROIX

Classement de la 10ème manche (Richmond, Virginie, 400 tours, COT) :

1. Jimmie Johnson (Chevrolet)
2. Kyle Busch (Chevrolet)
3. Denny Hamlin (Chevrolet)
4. Jeff Gordon (Chevrolet)
5. Kurt Busch (Dodge)
6. Ryan Newman (Dodge)
7. Kevin Harvick (Chevrolet)
8. Tony Stewart (Chevrolet)
9. Clint Bowyer (Chevrolet)
10. Matt Kenseth (Ford)
11. Dave Blaney (Toyota)
12. Carl Edwards (Ford)
13. Dale Earnhardt Jr (Chevrolet)
14. J.J. Yeley (Chevrolet)
15. Bobby Labonte (Dodge)

Classement de la 11ème manche (Darlington, Caroline du Sud, 500 miles, 367 tours, COT) :

1. Jeff Gordon (Chevrolet)
2. Denny Hamlin (Chevrolet)
3. Jimmie Johnson (Chevrolet)
4. Ryan Newman (Dodge)
5. Carl Edwards (Ford)
6. Tony Stewart (Chevrolet)
7. Matt Kenseth (Ford)
8. Dale Earnhardt Jr (Chevrolet)
9. Clint Bowyer (Chevrolet)
10. Jeff Burton (Chevrolet)
11. Martin Truex Jr (Chevrolet)
12. Kurt Busch (Dodge)
13. Sterling Marlin (Chevrolet)
14. Mark Martin (Chevrolet)
15. Greg Biffle (Ford)

Classement du All-Star Challenge (Charlotte, Caroline du Nord, 80 tours) :

1. Kevin Harvick (Chevrolet)
2. Jimmie Johnson (Chevrolet)
3. Mark Martin (Chevrolet)
4. Jeff Burton (Chevrolet)
5. Tony Stewart (Chevrolet)
6. Johnny Sauter (Chevrolet)
7. Matt Kenseth (Ford)
8. Ryan Newman (Dodge)
9. Dale Earnhardt Jr (Chevrolet)
10. Martin Truex Jr (Chevrolet)
11. Jeff Gordon (Chevrolet)
12. Dale Jarrett (Toyota)
13. Brian Vickers (Toyota)
14. Kasey Kahne (Dodge)
15. Greg Biffle (Ford)

Classement de la 12ème manche (Charlotte, Caroline du Nord, 600 miles, 312 tours):

1. Casey Mears (Chevrolet)
2. J.J. Yeley (Chevrolet)
3. Kyle Petty (Dodge)
4. Reed Sorenson (Dodge)
5. Brian Vickers (Toyota)
6. Tony Stewart (Chevrolet)
7. Ricky Rudd (Ford)
8. Dale Earnhardt Jr (Chevrolet)
9. Denny Hamlin (Chevrolet)
10. Jimmie Johnson (Chevrolet)
11. Mark Martin (Chevrolet)
12. Matt Kenseth (Ford)
13. Bobby Labonte (Dodge)
14. Tony Raines (Chevrolet)
15. Carl Edwards (Ford)

Classement du championnat après 12 courses :

1. Jeff Gordon (Chevrolet) 1921 pts
2. Jimmie Johnson (Chevrolet) -132
3. Matt Kenseth (Ford) -207
4. Denny Hamlin (Chevrolet) -239
5. Jeff Burton (Chevrolet) -344
6. Tony Stewart (Chevrolet) -391
7. Kevin Harvick (Chevrolet) -506
8. Carl Edwards (Ford) -507
9. Kurt Busch (Dodge) -519
10. Clint Bowyer (Chevrolet) -543
11. Kyle Busch (Chevrolet) -562
12. Jamie McMurray (Ford) -601
13. Dale Earnhardt Jr (Chevrolet) -614
14. Mark Martin (Chevrolet) -632
15. J.J. Yeley (Chevrolet) -660


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