Gordon entre dans la légende
30 avril 2007
C’était aussi de nouveau la débandade pour les quelques malheureuses Toyota qui avaient réussi à se qualifier : A.J. Allmendinger, pour sa deuxième course de l’année, perdait rapidement un tour tandis que Jeremy Mayfield et Dave Blaney se retrouvaient coup sur coup dans le mur suite à des problèmes de freins. Dale Earnhardt Jr sortait alors du lot et s’emparait de la tête au 234ème tour, un peu avant la mi-course, au détriment de Gordon. Celui-ci diminuait significativement le rythme à cause du comportement étrange de sa Chevrolet qui lui faisait craindre un pneu crevé. Mais c’était une fausse alerte et le quadruple champion se contentait de se caler dans le peloton. La pluie faisait alors son apparition au-dessus de Martinsville et la course était interrompue pendant 20 minutes avant de reprendre. Junior était alors dépossédé de la première place par Jimmie Johnson pendant que Juan-Pablo Montoya jouait violemment des coudes dans le top 10 en mettant Tony Raines en tête-à-queue. Kevin Harvick était quant à lui contraint à l’abandon à cause d’une casse moteur. Lors des 25 dernières boucles, l’attention se focalisait sur la première place : Johnson tentait de défendre sa position de leader devant son coéquipier Gordon, l’un des pilotes réputés pour ses coups de pare-choc assassins. Et s’il se montrait effectivement très agressif avec de nombreuses poussettes, il n’en restait pas moins sobre par rapport à ses habitudes, sûrement parce qu’il s’attaquait à un coéquipier. Johnson profitait ainsi de la clémence de Gordon pour tenir fermement jusqu’au bout et remporter sa 3ème victoire en 6 courses. Cette domination était pourtant moins évidente au classement général où il pointait 3ème derrière Gordon et le très régulier Jeff Burton qui raflait un top 10 pour la 4ème fois de l’année. 10 ans après, Burton triomphe encore L’histoire semblait devoir se répéter indéfiniment, même sur l’ovale d’un mile et demi (environ 2,3 km) de Fort Worth. Cette fois encore, la Hendrick Motorsports dominait de la tête et des épaules, bien aidée par une grille de départ déterminée en fonction du classement du championnat, les essais ayant été annulés par la pluie. Gordon et Johnson étaient de nouveau dominateurs devant Burton, Junior et Martin, revenu de sa préretraite pour l’occasion. La véritable débandade démarrait à moins de cent tours de l’arrivée, quand Stewart et Montoya entraient en contact pour le bénéfice de la 9ème place. Les deux têtes brûlées de la NASCAR se livraient une guerre sans merci à deux de front jusqu’à ce que Montoya remonte un peu sur l’ovale et vienne toucher Stewart. Le double champion partait en travers et, en redescendant sur la trajectoire, coupait la route à Johnson qui ne pouvait éviter un choc frontal et finissait aux garages. Au restart, Kurt Bush prenait la tête à Earnhardt Jr qui semblait le plus rapide devant Gordon. Mais à peine plus tard, au 253ème des 334 tours, Stewart se remettait en dérapage, tout seul cette fois-ci. Junior freinait pour éviter le contact mais Kyle Busch, qui arrivait comme une balle, ne réagissait pas à temps et percutait la Chevrolet n° 8 par l’arrière. Au final, Busch finissaient lui aussi aux garages tandis que Junior repartait un bref moment avant d’abandonner sur casse moteur. Jeff Gordon pouvait alors espérer reprendre la première place en toute quiétude sur un circuit où il n’avait jamais gagné. De plus, sur les 14 courses qui s’était déjà déroulées sur cet ovale du Texas, aucun pilote n’avait réussi à remporter deux fois l’épreuve. Gordon avait donc l’occasion d’être le 15ème vainqueur différent en 15 courses mais il était dépassé à 20 tours de la fin par Kenseth et Burton. Les deux hommes engageaient la lutte avec panache et, à l’entame du dernier tour, Kenseth était devant pour une poignée de centièmes. Jeff Burton, qui n’avait pas mené un seul tour, faisait le forcing et réussissait à passer dans la ligne droite arrière. Il conservait sa position jusqu’au bout et, dix ans après la première victoire de sa carrière dans l’épreuve inaugurale de Fort Worth, il devenait le premier pilote de la Cup à faire un doublé au Texas. La 3ème place revenait à Mark Martin, l’indétrônable vétéran qui devançait Gordon et McMurray. Juan-Pablo Montoya terminait quant à lui à la 8ème place, battu par Martin Truex Jr après un superbe duel. Gordon gardait la tête du championnat pour seulement 8 points sur Burton. Johnson perdait la 3ème place au profit de Kenseth. Quand Gordon égale Earnhardt…
Tony Stewart ne se faisait alors pas prier pour s’emparer du commandement et le conserver jusqu’à empocher les 10 points de bonus du plus grand nombre de tours menés. Mais les clients pour la victoire restaient tout de même aux aguets avec le tandem habituel Johnson-Gordon et une nouvelle excellente prestation de l’écurie DEI entrainée par Earnhardt Jr et Truex Jr. Pourtant, c’était bien les faits de course qui allaient modeler les résultats : à 35 tours de l’arrivée, l’accrochage entre Carl Edwards et Dave Blaney provoquait une neutralisation en plein milieu d’une salve de ravitaillements sous drapeau vert. Earnhardt et Truex, rentrés trop tôt, étaient mis hors-jeu pour la victoire tandis que Gordon, déjà dans les stands au moment du drapeau jaune, restait in extremis dans le tour. Il devenait même leader et redémarrait devant Stewart et Kenseth. Déçu d’avoir perdu sa position de cette manière, Stewart passait rapidement à l’attaque et reprenait virilement la tête alors que deux voitures étaient déjà de front devant lui. La partie n’était pas finie et, à 12 tours de la fin, Gordon revenait à la charge et repassait Stewart, à la régulière cette fois. Le pilote de Rick Hendrick creusait ensuite un petit écart alors que derrière, Hamlin revenait de très loin en s’emparant de la 3ème place au détriment de Kenseth. Gordon assurait son premier succès de la saison et son 76ème en carrière. Cette performance le plaçait d’ailleurs en 6ème position sur la liste des pilotes les plus victorieux de la Cup, à égalité avec le légendaire Dale Earnhardt. En guise d’hommage, Gordon brandissait un drapeau noir frappé du n° 3, un chiffre qui a disparu de la NASCAR depuis la mort du champion en 2001. Sur la Victory Lane, le vainqueur était même félicité par Earnhardt Jr, le fils d’Earnhardt, touché et honoré par ce geste. Gordon restait bien sûr en tête du championnat et accroissait son avance sur Burton (13ème) et Kenseth. Mark Martin (12ème) remontait quand à lui à la 10ème place malgré ses deux absences en 8 rendez-vous. … Puis le dépasse !
La course était d’autant plus agréable que les drapeaux jaunes étaient rares. La tendance s’inversait néanmoins au 126ème tour lorsque Jimmie Johnson poussait involontairement son coéquipier Casey Mears dans le mur suite à une erreur de communication. A peine plus tard, Johnson était de nouveau impliqué dans un crash qui laissait son autre coéquipier Kyle Busch sur le carreau. Jeff Burton, à nouveau très consistant durant la course, était percuté par deux fois et abandonnait. Les pilotes devenaient alors plus prudents et restaient en file indienne au lieu se créer trois lignes de front comme d’habitude. Denny Hamlin prenait alors la tête avec sa Chevrolet, devançant la Dodge de David Stremme, la Ford de Jamie McMurray et la Toyota de David Reutimann. Mais les esprits s’échauffaient à l’entame des 20 dernières boucles avec un premier accrochage entre Montoya et Newman tandis que l’explosion du moteur de Reutimann provoquait une nouvelle neutralisation. Pour finir sous drapeau vert, les officiels rajoutaient donc des tours et pénalisaient indirectement Hamlin qui n’avait plus assez de carburant pour finir. La règle du Shootout pouvait donc être encore remise en cause puisque le Rookie de l’année 2006 terminait à la 21ème place. Au restart, pour les deux ultimes tours, Gordon se retrouvait en tête devant le deuxième rescapé du Hendrick Motorsports, Johnson. Toutefois la bagarre tournait court suite à un double crash qui entérinait le résultat : Greg Biffle, en coupant la route à Sadler était envoyé dans le mur avec Johnny Sauter alors que devant, Gilliland, McMurray et Stewart s’accrochaient tous les trois. Gordon terminait donc la course au ralenti et remportait la victoire qui le plaçait définitivement devant Earnhardt sur les tablettes. Busch, Gilliland et McMurray s’en sortait bien et complétaient le top 5. C’était évidemment l’excellente opération au championnat pour Gordon qui terminait le mois d’avril avec plus de 200 points d’avance sur Burton, Kenseth et Johnson. Clint Bowyer, à la 11ème place du général, était déjà à 500 points de retard. Renaud LACROIX Classement de la 6ème manche (Martinsville, Virginie, 500 tours, COT) :
Classement de la 7ème manche (Fort Worth, Texas, 500 miles, 334 tours) :
Classement de la 8ème manche (Phoenix, Arizona, 500 miles, 312 tours, COT) :
Classement de la 9ème manche (Talladega, Alabama, 499 miles, 192 tours):
Classement du championnat après 9 courses :
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