Truex et Montoya : les pilotes de demain sont là
28 juin 2007
Les trois Dodge du Ray Evernham Motorsports se montraient elles aussi à leur avantage avec Kasey Kahne, Scott Riggs et Elliott Sadler très bien placés dans les premiers tours. Mais ils sombraient bien vite au classement, au même titre que Junior qui crevait deux fois son pneu arrière gauche et laissait filer un top 5 assuré. Son coéquipier Martin Truex Jr prenait alors le relais et s’emparait de la tête sans difficulté après s’être débarrassé de Carl Edwards et Ryan Newman. Il profitait des longs runs sans neutralisation et d’une Chevrolet au mieux de sa forme pour creuser un écart conséquent, mais il perdait tout le bénéfice de son travail durant les arrêts aux stands où son équipe était un poil moins rapide que celle de Newman. Truex assurait à chaque fois les restarts sans aucune erreur et reprenait la première position avec autorité.
Parmi les autres prétendants à la victoire qui luttaient dans l’inévitable trafic, Tony Stewart et Kurt Busch en venaient au contact et la bagarre se terminait en accident. Convaincu que la faute incombait à son adversaire, Busch déboulait dans la pit lane et arrêtait sa voiture à côté de celle de Stewart. Mais au passage il manquait faucher l’un des mécanos en train de réparer la Chevrolet du double champion. Cette manœuvre dangereuse lui valait une pénalité des officiels qui lui interdisaient de reprendre la course.
Devant, Truex donnait une véritable leçon de pilotage en assénant plus de 6 secondes à Newman et en tenant en respect Jimmie Johnson avant que ce dernier ne crève un pneu et ne rétrograde. Truex remportait l’épreuve haut la main avec 216 tours menés sur 400, soit exactement quatre fois plus que ce qu’il avait mené lors des 12 premières courses de la saison. Comme Casey Mears une semaine plus tôt à Charlotte, le pilote de presque 27 ans empochait sa première victoire en carrière, à la plus grande joie de son coéquipier et ami Dale Earnhardt Jr. Il remontait à la 13ème place du championnat toujours dominé par Jeff Gordon. Hold-up de Gordon
Ryan Newman était donc bien conscient que ce rendez-vous risquait d’être un rush effréné vers la mi-course et, fort de sa 3ème pole consécutive, prenait vite les devants. Mais Denny Hamlin, qui avait remporté les deux manches de la saison 2006, ne l’entendait pas de cette oreille et lui ravissait rapidement la première place. Le plus rapide d’entre tous était pourtant Truex Jr qui enchaînait record du tour sur record du tour mais se montrait encore une fois moins rapide dans les stands.
Jeff Gordon devait en revanche se battre contre sa propre Chevrolet. Bien placé dans le peloton, il donnait par radio à Steve Letarte des rapports alarmants sur l’état de ses freins. Son chef mécanicien choisissait alors de décaler ses arrêts ravitaillement pour comprendre ce qui arrivait à l’une des meilleures Chevrolet du plateau. Mais secrètement, la stratégie avait un autre but : amener Gordon à être en tête juste après la mi-course avec un pit stop de moins.
En effet, dans le stand de la n° 24, on avait remarqué que les nuages de pluie revenaient au-dessus du circuit. Gordon se cachait donc dans le peloton, laissant Newman, Hamlin et Truex en découdre pour la tête. Et lorsque ceux-ci s’arrêtaient pour remettre du carburant avant le 100ème tour, le quadruple champion se retrouvait propulsé à la première position très loin devant les autres. A court d’essence, avec des freins défaillants et des pneus usés, il ralentissait le rythme et ses concurrents fondaient sur lui. Newman passait à l’attaque au 107ème tour mais malheureusement trop tard : la pluie refaisait son apparition et le drapeau jaune sortait en même temps qu’il se portait à la hauteur de Gordon.
Sous l’orage, les voitures rentraient pour être bâchées, attendant la décision des officiels de faire ou non reprendre la course. Après une heure d’attente, le verdict tombait : la nuit et la pluie forçaient les organisateurs à déclarer Gordon vainqueur. Ce succès ne reflétait en rien ce qui s’était vraiment passé sur la piste et laissait Newman second et déçu. Truex, le plus rapide, finissait 3ème avec les honneurs.
Avec cette 79ème victoire en carrière (la 4ème cette saison), Gordon agrandissait le fossé qui le séparait du 2ème du championnat. Junior chez Hendrick !
Le pilote le plus populaire de la NASCAR se retrouvera aux côtés de Jeff Gordon, Jimmie Johnson et Casey Mears. Le grand perdant de la transaction est Kyle Busch qui quittera l’écurie à la fin de la saison, d’un « commun accord » entre eux selon Rick Hendrick. Le plus jeune des frères Busch, l’un des pilotes les plus controversés mais aussi les plus talentueux, atterrissait donc dans le marché des transferts pour 2008.
Dale Earnhardt Jr avait rejoint l’écurie familiale du Dale Earnhardt Incorporated en 2000 après avoir remporté deux titres consécutifs en Busch Series. A la mort de son père, en février 2001, sa belle-mère Teresa Earnhardt avait repris les rênes de la DEI. Mais après avoir de nombreuses fois critiqué le mauvais matériel qu’on lui fournissait, Junior avait annoncé en début de saison qu’il voulait prendre la majorité des parts de l’écurie. Aucun accord n’ayant été trouvé, Dale Earnhardt Jr avait officialisé son départ le mois dernier. Le Yéti pourra (enfin) se raser
Ryan Newman, qui tentait de rattraper ses 3 tours de retard dus à un pneu crevé, s’accrochait avec Jeff Green et provoquait le crash. Brian Vickers et Matt Kenseth restaient tous les deux au tapis tandis que Truex s’en sortait avec un simple tête-à-queue. Junior était quant à lui victime d’un incident séparé avec un problème sur son spoiler avant. Il rentrait trois fois dans les stands sous drapeau jaune mais ne perdait pas de tour.
Le reste de la course était très fluide avec de longues périodes de drapeau vert. Johnson en profitait pour devancer Edwards et Truex qui, pour la 3ème fois consécutive, se présentait comme un prétendant à la victoire. Mais Chad Knaus, le crew chief de Johnson, faisait une grossière erreur de stratégie lors du dernier arrêt ravitaillement en faisant rentrer son pilote quelques tours avant les autres. Ce décalage forçait Johnson à rentrer de nouveau à 10 tours de l’arrivée alors que ses rivaux avaient tous assez de carburant pour finir la course.
Edwards se débarrassait de Truex et remportait une large victoire avec plus de 3 secondes d’avance. Le pilote de la Roush-Fenway Racing n’avait pas gagné depuis 52 courses ! Son dernier succès avait eu lieu en novembre 2005 alors qu’il était l’un des meilleurs du moment et qu’il venait de gagner pour la seconde fois consécutive. Il avait donc mis au défi Tom Giacchi, son « motor-coach driver » et ami, de ne plus se raser avant sa prochaine victoire. Mais le vent de la Fortune tournait et Edwards ne s’imposait pas une seule fois en 2006 !
La légende du Yéti de la NASCAR prenait soudain de l’ampleur avec l’apparition d’un site internet (nascaryeti.com) dédié au barbu, des produits dérivés de toutes sortes ! Il aura donc fallu attendre 19 mois pour qu’Edwards prenne enfin la grosse paire de ciseaux qui attendait depuis si longtemps et qu’il coupe la barbe de Giacchi sur la Victory Lane ! Un Colombien dans l’histoire
Jamie McMurray partait de la pole mais Robby Gordon, autre spécialiste des routiers, se portait très vite à sa hauteur pour lui ravir la 1ère place et mener une grande partie de l’épreuve. Grâce à la magie de la NASCAR et la hargne des pilotes, la course était aussi palpitante que sur un ovale. Burton et Said se livraient un duel magnifique pour la 4ème position, derrière Dale Earnhardt Jr, tandis que Stewart, trop fougueux, faisait une incursion dans le sable dès le premier tour.
Les arrêts aux stands sous drapeau vert mettaient un peu la panique dans le peloton mais Robby Gordon affichait tout de même les meilleurs chronos, larguant complètement McMurray.
Au 67ème tour, avec la neutralisation provoquée par l’accident de Reed Sorenson, les pilotes avaient le choix de faire un arrêt ravitaillement, sachant que celui-ci était trop éloigné du drapeau à damier pour être le dernier. Il y avait en effet un ou deux tours de trop pour être certain de rallier l’arrivée avec un plein. Certains tentaient l’aventure comme McMurray ou Montoya. D’autres restaient en piste comme Robby Gordon, Earnhardt Jr ou Stewart qui se retrouvaient au premier rang mais devaient effectuer un dernier arrêt sous drapeau vert. McMurray prenait donc ensuite la tête devant Montoya avec la presque certitude de ne pas aller jusqu’au bout.
Le Colombien faisait le maximum pour passer, sans se soucier de la dépense de carburant, et devait s’y reprendre à plusieurs fois pour se débarrasser de son rival. McMurray tombait en panne d’essence à 2 tours de la fin mais Montoya ne montrait aucun signe de faiblesse. A la surprise générale, il parvenait à remporter la course avec ce pari stratégique insensé ! Il entrait ainsi dans l’histoire de la NASCAR, devenant le premier pilote « étranger » (non américain) à s’imposer dans la Cup depuis 1974. C’était sa première victoire dans la série mais la 2ème en NASCAR puisqu’il avait remporté le Grand Prix de Mexico cette année en Busch Series.
Jeff Gordon, malgré son départ en fond de grille et sa pénalité, arrachait une 7ème place et gardait la tête du championnat. Il menait toujours devant Hamlin, Johnson, Kenseth et Burton. Truex et Earnhardt Jr, 11ème et 12ème, était les deux derniers pilotes potentiellement éligibles pour The Chase. Renaud LACROIX Classement de la 13ème manche (Dover, Delaware, 400 miles, 400 tours, COT) :
Classement de la 14ème manche (Pocono, Pennsylvanie, 500 miles, 200 tours):
Classement de la 15ème manche (Brooklyn, Michigan, 400 miles, 200 tours) :
Classement de la 16ème manche (Sonoma, Californie, 350 miles, 110 tours, COT):
Classement du championnat après 16 courses :
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