« Lancia va redevenir Lancia... »
05 octobre 2006
En 1990, Lancia vendait 18.000 voitures en France. En 2003, le score était tombé à 2.000. Une rapide et régulière descente vers l'oubli de la marque italienne. Arnaud Belloni, arrivé dans le groupe Fiat en 2004, puis nommé directeur de Lancia en France en 2006, s'est juré de lui redonner le lustre d'antan. Comment analyser ces années maudites ? « Difficile pour moi de les commenter, d'autant que je n'étais pas dans le groupe, mais je pense qu'il y a eu des erreurs sur le produit, avec notamment une Dedra peu convaincante qui n'a pas su remplacer la Delta, et des erreurs stratégiques dans le réseau au moment de la fusion Fiat et Lancia. » A quoi est dû le rebond constaté depuis deux ans ?
Certains ne croyaient plus dans la marque, mais moi j'étais persuadé qu'elle n'avait pas tout perdu de son image, et en tant que directeur du marketing nouvellement arrivé de Fiat-Lancia, je me suis investi personnellement sur le problème, j'ai établi un plan qui m'a permis de faire accepter la multiplication par cinq du budget publicitaire et la nomination de 40 concessionnaires en plus. Un impératif, car le réseau s'était effiloché et son moral était au plus bas. Et avec les différentes déclinaisons réussies de l'Ypsilon et Musa, la courbe s'est inversée. En fin 2006, on prévoit d'atteindre les 4.300 ventes en France. » Quel est l'objectif de Lancia en France ? « Dans trois ans, en 2009, notre projection est de 14.000 unités et il n'y a là rien d'utopique, mais le résultat d'une gamme qui va s'enrichir et c'est mathématique. En 2007, on aura une version sport de l'Ypsilon, un face lift de la Musa et la venue d'un diesel de 170 ch sous le capot de la Phédra. En 2008, la Phédra bénéficiera d'un face lift important et surtout on fêtera le retour de la Delta, une berline de 4,50 m très classe, comme on peut la voir sur notre stand du Mondial de Paris. Enfin en 2009, ce sera l'apparition d'un coupé-cabriolet et d'une Ypsilon totalement nouvelle. On aura donc six lignes de produits et on couvrira 60 % du marché, contre 20 % maintenant. De plus, notre réseau va encore se renforcer et passera de 132 à 169 concessionnaires, d'où un taux de couverture du territoire de 91 % au lieu de 70 %. » L'optimisme est de retour ! « Il faut y croire. La résurection de Lancia, c'est le fruit de beaucoup de travail, de réflexion et d'imagination. Il faut aimer l'automobile, et Lancia est une marque très attachante, avec un passé sportif glorieux et des voitures de prestige qui ont construit sa réputation. Lancia ne pouvait pas disparaître. » Il fallait sauver la marque Lancia. C'est en bonne voie. Philippe LACROIX |

