Johnson et Kenseth au coude-à-coude
31 août 2006
Avec la crevaison du leader du championnat Jimmie Johnson au 39ème tour, on pouvait espérer un resserrement significatif au classement général. Mais pour une raison inconnue, Burton rétrogradait à partir de la mi-course malgré plusieurs ajustements de châssis et de pression des pneus faits par son équipe. Il laissait le champ libre à Matt Kenseth et à Johnson qui s'en sortait une nouvelle fois de façon quasi-miraculeuse et prenait la tête au 116ème des 160 tours. Il montrait alors au reste du peloton que sa remontée ne devait rien à la chance en creusant l'écart sur ses poursuivants.
Lors du dernier drapeau jaune, 20 tours avant la fin, la majorité des pilotes effectuait un dernier ravitaillement, changeant deux ou quatre pneus, sauf Kyle Busch, Dale Earnhardt Jr, Ryan Newman et Joe Nemechek. Ceux-ci, classés jusque-là en deçà de la 25ème place, tentait un coup de poker où ils avaient tout à gagner. Ils ne pouvaient pas en effet résister à Johnson et Kenseth mais sauvaient des places d'honneur avec plus ou moins de succès : Junior finissait 6ème, Busch 7ème, Newman 13ème et Nemechek 24ème.
Johnson remportait sa 4ème victoire de la saison et sa 1ère à Indianapolis devant Kenseth, et les deux hommes accroissaient un peu plus leur avance au championnat. Burton ramenait une 15ème place qui marquait son 15ème top 15 consécutif, alors que Harvick et Bowyer terminaient 3ème et 4ème. Busch se fait voler... Mais dans les règles !
Le drame survenait au 54ème tour d'un rendez-vous qui en comptait 90. Nemechek partait en tête-à-queue et le drapeau jaune n'était pas sorti immédiatement. Sur l'ordre de son chef mécanicien, Busch se précipitait dans les stands pour tenter une stratégie décalée. La règle en NASCAR veut que la pit lane soit fermée lors des neutralisations, ce qui est signalé par une lumière clignotante rouge à l'entrée. Mais l'ampoule s'allumait alors que le champion 2004 n'était qu'à trois mètres de la ligne marquant cette entrée ! Il ne pouvait donc rien faire d'autre qu'enfreindre le règlement et recevait une pénalité qui le renvoyait au fond du peloton. Or il n'avait pas le choix et l'application stricte du code de la NASCAR coûtait la victoire à un pilote qui, selon tous les autres, aurait du gagner ! On pourrait toutefois aussi reprocher à Roy McCauley, le crew chief de Busch, de l'avoir fait rentrer inutilement trop tôt puisqu'il aurait pu ravitailler en même temps que les autres sous drapeau jaune. McCauley prenait d'ailleurs ses responsabilités en disant à son pilote dans la radio : « Kurt, je ne sais pas quoi dire. Je suis au bord des larmes. Je suis désolé, Kurt. »
Et ce n'était pas fini pour Busch : au restart, il était pris dans un crash impliquant 6 voitures dont celle de Kenseth. En parallèle de ses mésaventures, l'histoire de son frère Kyle était complètement à l'opposée. Après avoir cassé un arbre de transmission et perdu une roue au 29ème tour, il perdait 6 tours dans les garages. Mais la chance était de son côté puisque la fréquence élevée des neutralisations lui permettait d'être le Lucky Dog six fois d'affilée ! Comble de l'ironie, Kyle terminait la course dans le top 10, à la 9ème place, alors que Kurt se sortait dans l'ultime boucle et finissait 19ème !
Pour la tête, la bagarre n'en était pas moins palpitante jusqu'au bout. Stewart semblait en mesure de l'emporter mais, à 3 tours de la fin, Harvick s'imposait en force au bout de la ligne droite pour prendre définitivement le commandement. Il allait ainsi fêter sa 2ème victoire de la saison, félicité par Stewart qui avouait avoir pris beaucoup de plaisir dans cette lutte aux coudes-à-coudes, même s'il avait été battu. Mayfield viré, Sadler embauché Juste avant le rendez-vous du Glen, Jeremy Mayfield avait été viré du Ray Evernham Motorsports, son patron le suspectant même d'être délibérément sorti dans le mur à Indianapolis ! Il avait alors été remplacé par le vétéran Bill Elliott avant que Evernham ne décide de prendre définitivement Elliott Sadler. Celui-ci laissait la place au sein du Robert Yates Racing au rookie David Gilliland, vainqueur d'une course cette année en Busch Series avec une voiture sans sponsor !
Sadler commençait d'ailleurs très fort avec sa nouvelle équipe puisqu'il se qualifiait 2ème derrière Burton au Michigan. Dès le 20ème tour, Burton était toutefois hors-course à cause d'une casse moteur. La tête revenait alors à Earnhardt Jr qui faisait cavalier seul devant Kenseth. Mais au 130ème tour, un problème de pneu lors d'un arrêt aux stands le faisait rétrograder à la 19ème place. Kenseth en profitait pour prendre le large avant que Jeff Gordon ne revienne derrière lui avec une voiture un peu plus rapide. Le champion 2003 réussissait pourtant à tenir bon et s'imposait devant son rival à qui il avait manqué trois ou quatre boucles pour le battre. Junior sauvait une 6ème position à l'arrivée, battu de justesse par Mark Martin.
Le classement général n'évoluait quasiment pas, si ce n'est pour Burton qui faisait une chute vertigineuse de la 4ème à la 9ème place. Kenseth plus consistant que jamais Une semaine plus tard, la Nextel Cup revenait faire un tour du côté de Bristol, l'un des ovales les plus redoutés de la saison. Kurt Busch, favori de l'épreuve, partait en pole mais c'était encore une fois Jeff Burton qui prenait très vite le dessus et asseyait sa domination pendant 262 des 500 tours ! Il semblait presque intouchable malgré les attaques de Kenseth, Edwards et Earnhardt Jr qui, après avoir raté ses essais, revenait de la 40ème place pour disputer la victoire. Malheureusement pour Burton, il lui arrivait la même mésaventure qu'à Indianapolis et il baissait le rythme en fin de course sans explication, comme si sa Chevrolet était incapable de tenir les longs runs. Kenseth, vainqueur ici l'an passé, sautait alors sur l'occasion pour mener les 100 dernières boucles et foncer tout droit vers la Victory Lane. Il devançait Kyle Busch, Junior et l'excellent Scott Riggs qui s'était habilement défait de Jeff Gordon à quelques tours de la fin. Burton finissait 9ème juste devant Johnson.
Au championnat, Johnson et Kenseth sont désormais certains de participer au « Chase for the Championship ». Derrière eux, la lutte reste extrêmement serrée alors qu'il ne reste que deux rendez-vous pour se qualifier. Harvick n'aura sûrement pas de problème pour y parvenir, mais Kahne, Biffle et Edwards feront tout pour remonter dans le top 10 au détriment de Kyle Busch, Gordon, Hamlin, Burton, Stewart, Earnhardt Jr ou Martin qui se retrouve en danger après avoir fini 28ème à Bristol. Rien n'est encore joué ! Renaud LACROIX
Classement de la 21ème épreuve (Indianapolis, 400 miles, 160 tours) :
Classement de la 22ème épreuve (Watkins Glen, 251 miles, 90 tours) :
Classement de la 23ème épreuve (Michigan, 2ème venue, 400 miles, 200 tours) :
Classement de la 24ème épreuve (Bristol, 2ème venue, 500 miles, 200 tours) :
Classement du championnat après la 24ème épreuve:
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