 |
|
| Un museau bien Alfa |
|
|
Bordeaux – Sans jeu de mots, la MiTo est bien réelle et ne cherche pas à tromper son monde, enfin, pas trop. Alfa Romeo a juste trouvé pour sa petite dernière un nom qui sonne bien et qui veut même dire quelque chose, puisque c'est la contraction de Milano et Torino. En clair ou en français, de Milan, ville du design, qui a donné naissance au style de la voiture, et Turin qui en assure la réalisation industrielle. En italien, on peut aussi traduire MiTo par le « mythe », ce que le nouveau coupé d'Alfa aimerait bien devenir, à l'image de la 8C Competizione, l'icône de la marque au trèfle qui illumine les salons et les défilés de mode. Elle en reprend d'ailleurs quelques traits caractéristiques telles la forme du bouclier avant et de la calandre, les vitres latérales sans montant au niveau des portières et les deux gros feux ronds arrière à LED.
Pour autant, la MiTo ne présente pas la fluidité de sa grande soeur car elle est plus courte, 4,06 m de longueur contre 4,40 m, et destinée à accueillir éventuellement 5 personnes alors que la 8C est une stricte deux places. Chaussée des mêmes dessins de jante que cette dernière, la MiTo ne manque pas d'allure et son museau un peu relevé jouant les effrontés lui donne un vrai caractère.
Un coupé homologué 5 places
 |
|
| Des feux ronds style 8C Competizione |
|
|
L'habitacle est traité d'une manière tout aussi sportive avec des sièges baquets bien profonds qui se règlent entre autres en hauteur et un volant cuir à trois branches réglable aussi en hauteur et profondeur, de quoi offrir au conducteur une position parfaite. La planche de bord gainée de plastique strié noir avec sa console centrale de couleur aluminium fait bonne impression et la fonctionnalité des commandes est irréprochable. Les deux grands cadrans ronds du tachymètre et du compte-tours sont parfaitement lisibles, mais on ne peut pas en dire autant de l'ordinateur de bord placé entre eux et sous les manomètres de température d'eau et de la jauge d'essence. Chiffres trop petits et mauvais contraste de couleurs gênent la lecture.
L'accès aux places arrière, comme dans tous les coupés, n'est pas très facile, mais surtout l'espace est réduit, bien qu'Alfa prétende y loger trois personnes. Les pauvres! Sur le plan confort, c'est nul et quant à la sécurité, ce n'est pas raisonnable. Il eut été plus sage et judicieux d'aménager deux vrais fauteuils pour respecter les personnes invitées à voyager dans des places considérées comme de secours, même s'il s'agit d'enfants.
Le coffre, d'une contenance convenable de 270 litres, peut s'agrandir jusqu'à 684 litres en basculant la banquette. Il n'accueille qu'une roue de secours galette et son seuil est toutefois un peu haut, esthétique oblige.
Des moteurs pas folichons
 |
|
| Un tableau de bord bien agencé |
|
|
Sous son capot, Alfa Romeo propose pour le moment seulement deux motorisations, mais qui devraient contenter une large clientèle. Il s'agit d'un 1,4 litre essence turbo de 155 ch et un turbodiesel de 120 ch. Contenter, c'est le mot, mais pas enthousiasmer et les vrais Alfistes, s'il en reste, n'y trouveront pas leur compte. D'abord à cause de la sonorité. Le claquement du diesel, même atténué, n'a rien d'envoûtant, et le bruit du moteur essence n'est qu'un bruit, quelconque et vulgaire pour une Alfa. Par masochisme ou provocation, ou pour combler cette frustration, Alfa a donné droit à 2'35 de bonheur en laissant écouter la mélodie du V8 de la 8C Competizione. Un autre monde, un autre temps...
Ensuite, le 155 ch essence s'est montré décevant par ses performances. Assez alerte sur les trois premiers rapports de boîte, il s'effondre sur les trois derniers, trop longs pour être bien exploités, si bien que pour atteindre la vitesse de pointe annoncée à 215 km/h, il faut une ligne droite bien longue et dégagée, et si possible en descente. Enfin, on l'imagine, car on ne s'est pas retrouvé dans ce cas de figure. Curieusement, on en vient à apprécier le 120 ch diesel plus efficace dans ses reprises à haute vitesse et finalement plus homogène.
Un excellent comportement routier
 |
|
| 3 places à l'arrière...en étant bien serrés |
|
|
Heureusement, la déception est comblée par un comportement routier remarquable et la possibilité d'adapter sa conduite en fonction de son humeur, du type de route ou des conditions de circulation. En effet, la MiTo propose de série une commande située au pied du levier de vitesse qui permet d’agir sur le moteur, les freins, la direction afin de choisir entre une conduite sportive, une conduite plus urbaine et une conduite adaptée à des conditions d’adhérence précaires. Incontestablement, le système DNA (pour Dynamic, Normal et All weather) transforme radicalement la philosophie de la voiture et en mode « sport », on sent nettement une direction plus ferme, un freinage plus mordant et une réponse du turbo plus franche.
De quoi mettre en évidence la qualité de ses suspensions, de l'antipatinage et du différentiel électronique du train avant qui annule tout piochage de la roue intérieure en virage serré. Et si, dans le cas extrême où par excès de témérité, l'avant commence à s'échapper, le système de stabilité, lui aussi de série, remet les choses en ordre.
En fait, de quoi s'amuser en toute sérénité dans la région bordelaise et sur les routes sinueuses autour de Gensac. Un vrai régal de jouer avec la MiTo et il ne manque que la musique de l'échappement d'antan pour ressentir le plaisir extrême.
Un équipement complet et sur mesure
 |
|
| Un coffre profond de 270 litres |
|
|
L’Alfa MiTo est proposée au lancement sur le marché français en deux niveaux de finition, Distinctive et Selective. Le niveau de base offre un équipement assez riche avec notamment l'aide au démarrage en côte, 7 airbags, un autoradio CD MP3 avec 6 HP, les vitres avant et rétroviseurs extérieurs électriques, la climatisation manuelle et les jantes en alliage de 16 pouces.
Le second niveau intègre pour un supplément de 1.700 € la sellerie en cuir Frau, le cerclage chromé des phares et feux arrière, les inserts chromés le long des vitres latérales, une sortie d’échappement chromée, les seuils de porte en aluminium, le tableau de bord façon carbone, l’ordinateur, le volant et le pommeau de levier de vitesse en cuir (+ 1700 € par rapport à la finition Distinctive).
Une finition d’accès Junior sera par la suite réservée à la motorisation 1,4 litre essence de 78 ch.
Par ailleurs, il est possible de personnaliser les versions Selective grâce à deux Packs équipements facturés 850 € chacun, Sport et Confort, qui peuvent d'ailleurs être cumulés.
Le prix de base de l'Alfa MiTo est de 19.200 € avec la motorisation essence, alors que la motorisation diesel coûte à peine 100 € de plus. Mais comme en termes d’émission de CO2 la version essence 155 ch se situe en zone neutre alors que la version diesel 120 bénéficie du bonus écologique de 200 €, elle se retrouve moins chère de 100 €. Quant à la MiTo Junior, elle est annoncée à 15.000 €.
| J'ai aimé |
 |
Je n'ai pas aimé |
La ligne sympa
Le comportement routier
Le système DNA
Le niveau d'équipement
|
Le manque de tonus du moteur essence
La sonorité d'échappement banale
La lisibilité de l'ordinateur
La roue de secours galette
|
|
|