 |
|
| 340 ch bien musclés sous le capot |
|
|
Baden Baden – Confiez le projet d’un véhicule sportif à « Quattro GmbH », filiale d’Audi pour la réalisation de petites séries musclées, demandez leur de phosphorer sur une carrosserie et un châssis hors normes cousus à l’aide d’un mélange d’aluminium et d’acier, invitez les à mettre au point le moteur de tous les compromis, et vous obtiendrez le TT RS. Pour fêter son centième anniversaire, la marque allemande ne pouvait s’offrir de modèle plus représentatif.
Qu’on le regarde dans sa version Coupé ou dans sa version Roadster cabriolet, le TT RS est en prime extrêmement flatteur et séduisant. Le style est franc, évocateur, la silhouette puissante, sans aucune faute d’équilibre. Et lorsqu’on sonde son intimité, le véhicule nous dévoile ses nombreux secrets techniques. En premier lieu, l’architecture de la mécanique nous prend par les sentiments. Inédit dans la gamme, le 5 cylindres 2.5 TSI (2.480 cm3), vitaminé par une injection directe et suralimenté par un turbocompresseur, rythmé par son admission à calage variable et ses pistons en fonte d’aluminium, respire la santé.
Quand il rugit sous le capot, ce moteur développe 340 ch de 5.400 à 6.500 tr/mn, ce qui est déjà prometteur. Mais il dispose parallèlement d’une remarquable plage de régimes de couple maximal (450 Nm) entre 1.600 et 5.300 tr/mn. Pour l’heure, ce moteur est exclusivement réservé au TT RS.
Aux antipodes d’une berline
 |
|
| Un roadster très sportif |
|
|
Les autres caractéristiques ne laissent aucune place à l’à-peu-près. Qu’il s’agisse du châssis sport surbaissé, des lois d’amortissement, de l’ESP déconnectable, des étiers de freins à quatre pistons, des deux sorties d’échappement ovales, ou encore des roues de 18, 19 ou 20 pouces au gré des options. Le pedigree technique du TT RS est décidément trop altier pour prêter le flanc à la critique.
On se doute que la vie à bord du TT RS n’est pas en mesure de répondre aux besoins d’un père de famille. Comme pour tous les modèles de cette pointure et de cet acabit, on peut comprendre que l’habitabilité y soit comptée, et que le volume de chargement n’accepte que des bagages de lune de miel. En revanche, l’accessibilité, et les contorsions nécessaires pour quitter la voiture, exigent une souplesse corporelle juvénile.
Une qualité de fabrication irréprochable
 |
|
| Un poste de conduite impeccable |
|
|
Toutefois, installés à leurs places respectives, le conducteur et le passager, bien calés dans des sièges parfaitement moulants, ne ressentiront aucune claustrophobie. A cet égard, hormis quelques fréquences sonores rauques, désagréables au tympan, les envolées de vilebrequin et les élans du compte-tours ne rentrent pas en conflit avec le bien-être à bord. On peut même dire qu’en dépit d’une fermeté somme toute logique, la suspension demeure très indulgente sur la plupart des itinéraires.
Au reste, l’irréprochable qualité de fabrication, signée Audi, compose une atmosphère. Le mot « impeccable » revient souvent sur les lèvres quand on évoque la disposition des commandes, l’aspect et le toucher des matériaux, la richesse de l’équipement ou les performances du système audio. Si l’on circule cheveux au vent dans le Roadster décapoté, ou à petite vitesse dans le Coupé mené d’un poignet et d’un pied de velours, on oublie presque que le TT RS est un fauve en puissance. Ce véhicule jouet se mue alors en modèle d’agrément.
Puissance et souplesse, un étonnant cocktail dynamique
 |
|
| Des sièges parfaitement enveloppants |
|
|
Avec le 2.5 TSI, les tenants du moteur pointu et ceux du moteur rond n’auront plus lieu de s’affronter. Au volant, le TT RS se révèle particulièrement malléable. Il est possible de rouler tranquillement, pratiquement au rythme du lèche-vitrine, sur une caresse de l’accélérateur. Un accélérateur qu’il suffit ensuite d’écraser rapidement pour se retrouver dans la seconde à des vitesses inavouables. Cravacher la mécanique, solliciter sa seconde nature, est donc parfaitement faisable, et ce serait sans doute un crime ne pas en profiter. La meilleure preuve, c’est qu’Audi a exclusivement confié la démultiplication de la chaîne cinématique à une boîte de vitesses mécanique à six rapports dont l’étagement est calculé pour satisfaire les démangeaisons sportives. Point de « Tronic » ou de DSG sur le TT RS, le message est clair.
Une cadence proche du rallye
 |
|
| Un aileron bienvenu |
|
|
Une fois que toutes les ressources de l’engin sont sous contrôle, son comportement devient un vrai régal. Entre sa transmission intégrale permanente par l’intermédiaire d’un système Haldex de 3ème génération, l’excellente précision de sa direction électrique, la stabilité du châssis et l’efficacité du freinage, apprivoiser les virages devient un jeu d’enfant. A ce niveau, la personnalité du TT RS va bien au-delà du grand tourisme. La cadence des épreuves de rallye est quasiment à sa portée.
Brut de catalogue, le TT RS est proposé 59.900 € en version Coupé. Il est commercialisé 63.500 € en Roadster Cabriolet. Mais, en regard d’un véhicule aussi singulier, toute discussion sur la crédibilité des prix s’apparente en vérité à un débat sur le sexe des anges. Car le plaisir, dans les rares endroits où il est encore possible de rouler sans trop de contraintes, ne se monnaye pas…
J'ai aimé
- Le caractère de la mécanique
- Une qualité de fabrication irréprochable
- La maniabilité
- L’authenticité automobile du véhicule
Je n'ai pas aimé
- Certaines fréquences sonores
- L’accessibilité
- L’implantation des commandes de lève-vitres
|