 |
|
| Des chevrons satinés dans la calandre |
|
|
Barcelone - Citroën est en train de réussir un joli coup marketing en dédoublant sa gamme par un collection Citroën « Plus » baptisé DS, pour rappeler les temps heureux où la marque aux chevrons était le symbole de la haute technologie. Dommage cependant que le sigle ne soit plus qu'un alibi et que la fameuse ligne DS n'apporte rien de réellement innovant, si ce n'est une impression de qualité perçue, comparable aux productions germaniques si appréciées.
La DS4 est le parfait exemple de cette recherche de reconnaissance de voiture qui inspire le respect social. En effet, la DS4 ne manque pas de caractère et sa robe a été particulièrement travaillée pour lui offrir cet aspect trapu qui inspire force et solidité tout en restant élégante. Cependant en plus ramassée, elle présente pas mal de similitudes avec l'Opel Astra et l'Alfa Giulietta.
Les portes arrière : des armes de coin!
 |
|
| Une ligne assez trapue |
|
|
Longue de 4,27 m, large de 1,81 m et haute de 1,53 m, sur un empattement de 2,61 m, on remarque ainsi des traits marqués pour souligner le renflement des passages de roues pouvant abriter des jantes allant jusqu'à 19 pouces, un hayon surmonté d'un gros béquet, un grand pare-brise remontant haut dans le toit, mais aussi une calandre accueillant des chevrons satinés, une ligne de toit fuyant et des feux joliment sculptés.
Comme d'autres constructeurs prenant des Alfa Romeo en exemple et notamment la Giulietta aux mensurations comparables (plus longue de 8 cm et moins haute de 7 cm), Citroën a adopté la poignée de porte arrière camouflée dans son montant afin de lui donner l'illusion d'un coupé 2 portes; mais la découpe des portes arrière est sujette à forte critique pour sa dangerosité à l'ouverture.
Des compteurs pas trop lisibles
 |
|
| Un tableau de bord de C4 classique |
|
|
En pénétrant dans l'habitacle, on constate immédiatement que Citroën a opté pour le cossu et le classique démontré par une planche de bord au dessin traditionnel et fonctionnel. Pour le haut de gamme, il est même habillé de cuir avec surpiqures assez bien venu, sinon, c'est du plastique moussé. Cependant, la lecture des instruments est loin d'être parfaite avec notamment un compte tours peu lisible, comme le tachymètre heureusement doublé d'un affichage numérique.
Le grand pare-brise éclaire superbement l'intérieur, mais le rideau pour en occulter une partie est indispensable quand le soleil se manifeste en provoquant des reflets gênants. Les sièges sont particulièrement confortables avec leurs multiples réglages et l'option massage est agréable à l'occasion.
Des passagers arrière sacrifiés
 |
|
| Une découpe de porte vraiment mal venue |
|
|
En revanche, les passagers arrière ont moins de chance avec une garde au toit mesurée, comme dans tout coupé et surtout les vitres de portes sont fixes... comme sur la plupart des coupés. Le coffre est bien logeable avec une capacité de 359 litres qui peut s'agrandir à 1.021 litres en basculant seulement les dossiers des sièges arrière, donc pas de plancher plat comme sur la C4. De plus, il peut accueillir en option une roue de secours galette ou normale à la place d'un kit réparation. Mais seulement pour les versions montées en 16 pouces.
Dès le premier niveau d'équipements, la DS4 est assez bien pourvue avec la climatisation manuelle, le réglage du siège conducteur en hauteur, le régulateur et limiteur de vitesse, le contrôle électronique de stabilité, l'aide au démarrage en côte, toute une batterie d'airbags et les jantes en alliage de 16 pouces. Pour le frein à main électrique et la clim automatique, il faut passer au niveau supérieur.
Une gamme de moteurs bien étudiée
 |
|
| Un coffre de 360 litres |
|
|
Sous son capot, la DS4 présente une panoplie de moteurs correspondant bien à sa philosophie comme à l'air du temps. D'où un choix entre des motorisations toniques ou économiques piochées dans la banque d'organes PSA; soit en diesel un 1,6 litre de 112 ch accompagné d'une version avec Stop/Start et boîte robotisée, ou un 2 litres de 163 ch, tous accouplés à des boîtes à 6 rapports, soit en essence avec un 1,6 litre développé en coopération avec BMW et conjugué en 120 ch associé à une boîte à 5 rapports, en 156 ch avec une boîte robotisée à 6 rapports et en 200 ch avec une boîte mécanique à 6 rapports.
Concernant la version diesel surnommée micro-hybride, les principales fonctions de confort (climatisation, radio) et d?assistance (direction, ESP) sont bien entendu maintenues lorsque le moteur est en veille. Mais son intérêt se manifeste uniquement en ville avec une baisse de consommation de l'ordre de 15%.
Une tenue de route exemplaire
 |
|
| Des jantes de 19 pouces en option |
|
|
Se glisser derrière le volant de la DS4, à condition d'apprécier son méplat à la base, est assez plaisant, d'autant que les multiples réglages du siège conducteur facilitent la chose. Tout est classiquement bien en place, comme sur la C4 puisqu'elle en reprend la planche de bord. Elle en fait bien évidemment de même pour la plateforme et les liaisons au sol composés d'un pseudo-McPherson à l'avant et d'une traverse déformable à l'arrière mais réglés avec un amortissement plus ferme pour virer plus à plat, comme il se doit pour un coupé à l'esprit plus sportif. Le confort ne s'en ressent pas vraiment, mais en revanche le choix des jantes est primordial et avec les plus grosses montes de 19 pouces chaussées de Michelin taille basse proposées sur les voitures d'essais, le moindre défaut de la route se fait ressentir. Le côté positif, hormis l'esthétique, est une tenue de route exemplaire bien maîtrisée par une direction précise avec assistance électro-hydraulique.
Le diesel moins bruyant que l'essence
 |
|
| Une DS sans innovation, est-ce bien une DS? |
|
|
De quoi bien s'amuser sur les contreforts du parc naturel de Montserrat, au nord-ouest de Barcelone, avec la 200 ch et ses envolées à 7.000 tr/mn. Mais si le bruit de son échappement a été travaillé pour combler l'oreille du pilote, en usage normal, trop souvent normal par la force des choses (ou de l'ordre), il devient trop présent à la longue. Et finalement, il fait davantage apprécier le presque silence du 160 ch diesel et son couple de 340 Nm obtenu seulement entre 2.000 et 3.000 tr/mn. Évidemment, ce n'est pas la même philosophie d'utilisation, bien que nous soyons tous condamnés à rouler tous pareil au même rythme et que le stalinisme de la conduite soit désormais instauré. Et au bout du compte, à quoi ça sert de concevoir un freinage avec disques ventilés super efficaces à 235 km/h pour ne jamais s'en servir. C'est vrai aussi que j'aurais bien aimé tester les autres motorisations plus modestes mais suffisantes pour se déplacer sous l'oeil des radars mal placés. Hélas, ce n'était pas prévu, comme de découvrir une version avec la finition de base, la Chic à 21.300 ? en essence et à 23.800 € en diesel. Quant à la version Sport Chic, au dessus de la So Chic, la 200 THP est facturée 29.550 € et la 160 Hdi à 29.800 €. Sans les options.
J'ai aimé
- Le style viril et sympa
- Un habitacle soigné
- La gamme des moteurs
- Les prestations routières
- L'insonorisation du diesel 160 ch
Je n'ai pas aimé
- Un style pas très novateur pour une DS
- Un manque de lisibilité des compteurs
- Une découpe des portes arrière dangereuse
- Le bruit à bas régime du 200 ch
- Le confort avec les jantes de 19 pouces
|