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Marseille – Quand une voiture est destinée à une population modeste et donc proposée à prix très modéré, on néglige parfois certains investissements en se disant que ça ira bien comme ça et qu'à cheval donné, on ne regarde pas les dents. Sauf que si l'on y regarde justement de près, le Lodgy n'est vraiment pas donné compte tenu de ses organes mécaniques de générations antérieures, et en prenant du recul, son design tout en rondeur n'a rien de vraiment convergent avec les canons stylistiques actuels européens. Mais le Lodgy a une vocation universelle et mondiale, ce qui veut dire que si rondeur est synonyme de fadeur chez nous, elle représente ailleurs le symbole de la bonne santé et de la séduction. Autrement dit d'un continent à l'autre, les critères pour l'achat d'un véhicule sont différents et Dacia a fait le choix de la simplicité, pour ne pas dire de la facilité, afin de proposer un prix attractif davantage qu'une voiture attrayante.
Un habitacle austère
L'habitacle n'arrange pas vraiment le tableau et c'est bonjour tristesse bien qu'une certaine fonctionnalité règne à bord et que l'espace se révèle assez conséquent. Mais encore une fois, si on s'en tient au Lodgy de base qui sert à accrocher le chaland, c'est le royaume de la pénurie au niveau de l'équipement. Pas de vitres avant à commandes électriques, pas de boîte à gants fermée, pas de cache bagages, pas de banquette arrière rabattable 1/3-2/3, et il faut aller jusqu'au 3ème niveau de finition qui démarre à 14.900 € pour disposer du siège conducteur réglable en hauteur et de la climatisation manuelle, tandis que la radio demeure une option à 200 €.
Dans sa version 5 places, le Lodgy présente un coffre d'une capacité conséquente de 827 dm3, qui se réduit évidemment à 207 dm3 si on y ajoute la banquette amovible de la 3ème rangée, moyennement accessible et réservée plutôt à des jeunes enfants. Un logement est prévu pour une roue de secours qui est une option à 120 €.
De quoi améliorer l'ordinaire
Heureusement le Lodgy peut se montrer plus accueillant et confortable, mais pour cela il faut franchir parfois plusieurs paliers dans les finitions et l'addition en prend un sérieux coup (ou coût). Ainsi, la planche de bord peut s'agrémenter d'éléments chromés et surtout recevoir un système multimédia intégré avec écran tactile, le limiteur de vitesse et l'aide au parking arrière, un volant et un pommeau de vitesse en cuir.
De la même manière à l'extérieur, elle s'habille un peu mieux en recevant des baguettes latérales de protection noires, des boucliers ton caisse avec zones marouflées noires, un bandeau de calandre chromé, des barres de toit noires, des projecteurs antibrouillards et des jantes alu de 16 pouces. Enfin, la peinture métallisée est une option à 460 €. Finalement, pour posséder un Lodgy présentable, il faut compter presque le double du chiffre annoncé dans les publicités pour ferrer le client. Un petit coup de moulinet bien enveloppé dans deux tranches de baratin et l'affaire est pliée au prix d'un attrayant Renault Scénic de moins d'un an.
Essence ou Diesel de 85 à 110 ch
Sous son capot, le Dacia Lodgy est proposé avec trois motorisations, un essence 1,6 litre de 85 ch, et un Diesel 1,5 litre décliné en 90 ch et 110 ch. Le nouveau moteur 1,2 litre essence de 115 ch viendra compléter la gamme ultérieurement. Comme on l'a compris, le moteur essence est là avec ses 165 g/km de CO2 et ses 7,1 l/100 km théoriques de moyenne (compter un bon litre de plus et même deux en charge) pour afficher un prix « low cost », tout en sachant qu'il ne sera pratiquement pas demandé et de toute façon livrable à longue échéance. L'intérêt se portera sur les versions Diesel bien plus sobres, évaluées respectivement à 4,2 L et 4,4 L/100 km (toujours théoriques), exemptes de malus et plus agréables à conduire grâce à un couple plus intéressant de 200 et 240 Nm. Mais évidemment, le surcoût des motorisations Diesel est de 3.000 et 3.600 €, en tenant compte pour le 110 ch qu'il est commandé par une boîte mécanique à 6 rapports.
Un moyen de transport sans passion
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À bord du Lodgy, en faisant abstraction de son design peu sexy mais avec l'assurance de passer inaperçu, l'impression est assez bonne en constatant d'entrée que Dacia n'a pas fait l'économie de la direction assistée, comme il l'avait fait sur la Logan de base. La position est bonne comme la vision sur tous les angles et le comportement routier se révèle sans problème. Le train avant provient du break Logan et le train arrière du Renault Kangoo tandis que le freinage est confié à un système mixte, disques à l'avant et tambours à l'arrière. De toute façon, le Lodgy n'incite pas à la fantaisie et doit être considéré comme un moyen de transport tranquille de la famille, mais certainement pas un transport dans les limbes de la félicité. Les motorisations ne sont d'ailleurs pas taillées pour de telles sensations et en charge, avec sept personnes à bord, elles doivent s'écrouler assez vite à la vue d'une pente d'autant que les rapports de boîte sont comme de coutume désespérément longs.
Passons à la conclusion : le Dacia Lodgy en donne pour son argent. Mais en France, pas pour ceux qui aiment l'automobile. Ceux-la se tourneront vers le marché de l'occasion récente pour un modèle plus personnel, plus excitant, plus moderne... enfin moins triste.
J'ai aimé
- Pas de risque d'attirer un contrôleur des impôts
- L'espace intérieur
- La capacité du coffre en 5 places
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Je n'ai pas aimé
- Le faux prix de base
- Le design triste
- La décor intérieur
- Le prix des options
- La roue de secours en option
- Pas de sièges séparés en 3ème rangée
- Les rapports de boîte longs
- Pas de boîte automatique
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