L'Incroyable Collection

Au Salon de Genève 1970, on ne parlait que de la Citroën SM. 15 ans après la DS, le constructeur au Double Chevron dévoilait une sorte de Super-DS à la technologie innovante. Avec son esthétique déroutante en forme de goutte d’eau, sa calandre remplacée par une batterie de phares directionnels, sa suspension hydraulique, son étonnante direction assistée à démultiplication variable, la SM n’était pas une voiture comme les autres.
Son V6 d’origine Maserati de 2,8 litres riche de plus de 170 ch lui procurait des performances de haut niveau (220 km/h). Mais, davantage que ses performances, sa tenue de route ahurissante, son confort et son freinage, bref ses qualités dynamiques en faisaient une voiture pas comme les autres.
Pourtant cinq ans après, la SM quittait notre vallée des larmes dans l’indifférence. Il fait dire qu’entre temps, la crise de l’énergie qui avait fait baisser la vitesse et augmenter le prix du carburant avait fait des siennes. Mais, bien avant les prémices de la crise, la SM avait vu ses ventes s’écrouler car elle n’avait pas trouvé tout à fait sa clientèle. Les sportifs étaient déçus par son V6 Maserati sans panache et les anciens possesseurs de DS n’avaient pas compris pourquoi un véhicule aussi encombrant n’offrait que deux petites places à l’arrière et un coffre minuscule.
Ajoutez quelques ennuis chroniques autour du moteur, l’incompétente du réseau à pouvoir la réparer et vous comprendrez pourquoi sa production s’est arrêtée mi 1975 après moins de 13.000 voitures. Quoiqu’il en soit, la SM reste une voiture passionnante pour un musée car elle symbolise l’idée qu’on se faisait d’une GT autoroutière dans les années 70.
Ce véhicule avait été conçu pour raccourcir les distances terrestres à une époque où les lignes intérieures d’aviation n’étaient pas encore démocratisées et où le TGV n’existait pas. Voiture du progrès la SM a été en fait tuée par le progrès. Bien entendu, c’est le conservatoire Citroën qui l’expose dans le Hall 8.
