Les « Taxis du Monde » au Mondial de l’Automobile
A l’aéroport, il vous a fait répéter trois fois votre destination. Pas à cause de votre anglais scolaire bredouillant mais pour la bonne et simple raison qu’il le comprend aussi mal qu’il le parle. Quelle est la marque de ce taxi ? Une Checker évidemment ! En 1978, ce constructeur possède encore la majorité du parc des taxis. Pourtant, c’était déjà le crépuscule de la marque américaine qui cessa de produire des voitures en juillet 1982 après plus de 100.000 exemplaires fabriqués. Aujourd’hui les 13.000 taximen new-yorkais conduisent des Toyota ou des Ford mais aussi vieilles Delta 88 dont le glougloutement du V8 monte comme une offrande vers le ciel des buildings lorsqu’elles démarrent de concert au feu rouge.
Le chiffre de 13.000 ne manque pas d’étonner quand on sait qu’il y a moins de taxis à New York qu’à Paris où il n’est pas rare d’attendre plus de trente minutes un taxi, contre cinq au maximum dans la ville américaine ! Ces taxis actuels réalisés à partir des modèles de série ont banalisé le paysage automobile new yorkais même si leur couleur jaune obligatoire tâche encore les rues de notes multicolores. Pendant plus de 30 ans, la Checker à la silhouette spécifique a symbolisé la taxi new yorkais comme on se l’imaginait après avoir vu des films américains où elle jouait toujours un rôle important. Rappelez vous de « Taxi Driver » avec de Robert de Niro lâchant sa fameuse phrase : You talk to me !
Il faut dire que la conception de la Checker Marathon remontait aux années 50. Cette voiture avait bien vieilli au plan esthétique excepté des pare-chocs plus massifs adoptés en 1974 pour répondre aux normes mises en vigueur. En revanche, elle avait adopté des motorisations plus modernes empruntées au fil du temps à Chevrolet.
Checker était une marque qui avait été fondée en 1922 par Morris Markin qui avait racheté deux petites firmes automobiles assez mal en point. Elle s’était spécialisée dans la construction de taxis. C’est seulement en 1958 que la marque tenta d’élargir ses activités en proposant son modèle phare à des particuliers. Hélas à cause de sa forme déjà démodée en 1960, sa motorisation obsolète (Continental 6 cylindres), la version Superba ne rencontrera pas un fantastique accueil auprès des particuliers avec des ventes ne dépassant pas 1.000 à 2.000 voitures par an sur un total de 5.000 annuel. Trois ans après la mort de son créateur, c’est en 1973 que la firme dirigée par son fils qui lui succéda battra son record de vente avec 6.000 voitures. Un chiffre qui ne fera que décliner jusqu’en 1982. La Checker était proposée avec plusieurs carrosseries dont l’Aérobus qu’on retrouvait souvent dans les aéroport ou les hôtels. Cette version allongée à quatre portes latérales pouvait accueillir jusqu’à 12 personnes. Elle a été remplacée par les limousines de luxe aux glaces noircies. Symbole d’une époque où, désormais, il faut être connu mais pas reconnu…….
