Les « Taxis du Monde » au Mondial de l’Automobile
Inutile de préciser que les taxis Citroën furent assez mal accueillis par les nombreuse compagnies parisiennes qui voyaient apparaître un nouveau concurrent. Il faut préciser que la capitale comptait presque deux fois plus de taxis qu’aujourd’hui avec environ 30.000 véhicules gérés par une vingtaine de compagnies. C’est suite aux grandes grèves de1938, que ce nombre se verra contingenté de moitié environ.
Au début, Citroën utilisa la B2 9 chevaux propulsée par un 1.452 cm3. Un véhicule agréable à conduire surtout en version fermée qui séduisit beaucoup les chauffeurs habitués à se « cailler » à l’extérieur, tradition issue des véhicules hippomobiles. Au fil du temps, les B2 furent remplacées par les B14 en acier d’inspiration américaine et enfin par la C4 apparue en 1928. Le taxi exposé Portes de Versailles est l’une des dernières C4 F de 1933 qui avait bénéficié de nombreuses améliorations par rapport au modèle de 1928 notamment un moteur plus puissant de 1,7 litre de cylindrée dit « flottant » destiné à absorber les vibrations. Les chauffeurs Citroën utilisaient la version caisse large empruntée à la C6 aux voies élargies de 8 cm, autorisant une plus grande largeur habitable fort appréciée par ses utilisateurs.
La C4 taxi était équipée de strapontins dos à la route, d’une séparation avec le chauffeur, d’un toit découvrable dans sa partie arrière et de commandes à distance des passagers transmettant des messages au conducteur via le tableau de bord. Elle offrait aussi des stores leur donnant plus d’intimité et un éclairage électrique. Un vrai petit salon roulant ! En 1935, la fin de Citroën repris par l’austère Michelin marqua aussi la fin des taxis qui, en fait, coûtaient plus qu’ils ne rapportaient. Ce, malgré la vente de 6.000 voitures en onze ans plus les pièces détachées car elles roulaient beaucoup. Malgré ses qualités, la Traction Avant même en version familiale 6 glaces ne fut pas la voiture préférée des chauffeurs qui la trouvaient fragile et fatigante à conduire à cause de sa direction très dure et de son énorme rayon de braquage. Il faut dire que la C4 évoquée dans ce reportage resta longtemps la Citroën préférée de la profession. Malgré son énorme habitabilité à l’arrière et le confort de sa suspension, la DS trop fragile et trop sophistiqué ne les séduisit pas davantage. Il fallut attendre le début des années 60 et l’ID 19, version économique de la DS, plus fiable et la l’hydraulique simplifiée pour que la marque au double chevron soit de nouveau adoptée par les chauffeurs de taxis. Mais cela est une autre histoire…….
