Les « Taxis du Monde » au Mondial de l’Automobile
Si vous prenez la taxi à Mexico, prévoyez des pesos ou des dollars également bien acceptés et surtout du temps, car Mexico n’est pas seulement immense avec ses 4 millions d’habitants et ses 10.000 kilomètres de rues hyper encombrées aux musiques de Mariachis, c’est aussi la ville la plus polluée du monde victime de son altitude de plus de 2.000 mètres qui raréfie l’oxygène et de ses 4 millions de voitures qui l’encombrent dont beaucoup ne sont pas catalysées. Justement, encore de nombreuses « Vocho » assez anciennes ne le sont pas, même si le modèle mexicain à moteur 1,6 l est équipé d’un pot catalytique depuis une quinzaine d’années. Le bruit typé de son flat-four refroidi par air au rythme lent de hanneton donne un son particulier aux rues étouffantes et sonores de la mégalopole.
Pour les Mexicains, la Coccinelle est surtout une voiture mexicaine et beaucoup ignorent que la voiture du peuple, née sous l’initiative d’Hitler, a vu le jour en Allemagne à la fin des années 30, dessinée par Ferdinand Porsche. Il faut dire qu’elle est construite depuis 1964 à Mexico à partir d’une version moins élaborée que la version allemande dont près de 6 millions d’exemplaires avaient été déjà fabriqués. D’ailleurs, la Coccinelle mexicaine n’a pas suivi les améliorations esthétiques (surface vitré agrandie) ni mécaniques de sa sœur allemande dont la fabrication a été arrêtée en 1978.
En revanche, sa production a continué au Brésil et au Mexique où elle était produite à environ 200.000 exemplaires par an jusqu’à juillet 2003 arrivant à un cumul de 21.529.464 d’exemplaires dont environ 2 millions de Cox mexicaines.
La Coccinelle a séduit les Mexicains et les chauffeurs de taxis par son prix peu élevé, sa proverbiale robustesse et la facilité avec laquelle elle se répare avec des pièces de rechange toujours peu coûteuses. Pourtant ce n’est pas la berline idéale pour transporter des voyageurs. Son 1.600 cm3 à essence est gourmand surtout en ville, elle ne compte que deux portes ce qui ne favorise pas son accessibilité et son habitacle est étriqué aux coudes. Pour faciliter l’accès à bord, le siège du passager est enlevé générant un volume qui permet de charger les bagages. Malgré tous ses défauts, beaucoup de chauffeurs ne sont pas prêts à abandonner leur amour de Coccinelle pour une Bora ou Passat plus moderne.
