Des voitures de rêve...

Jaguar XKR, un R de fauve

Par Xavier Chimits le 11 octobre 2006

La Jaguar XK a changé de peau, changé de vie début 2006. Adieu précédente XK aux suspensions trop souples et aux mœurs de chat de salon. La dernière mouture a gardé la ligne à la fois sensuelle et acérée de son aînée.

Mais adopté un châssis monocoque en aluminium riveté qui lui a permis, à dimensions pourtant supérieures, de gagner en rigidité tout économisant 100 kilos. Dès lors, la nouvelle XK pouvait supporter davantage que les 304 chevaux de son moteur 4.2.

Ses vœux ont été exaucés, avec une version suralimentée siglée de la lette R comme le veut la coutume chez Jaguar. La XKR ajoute ainsi 116 chevaux au V8 atmosphérique du coupé ou cabriolet XK.

Plus quelques artifices qui soulignent bien que ce chat de salon sait aussi griffer : bouclier avant à grilles en aluminium, ouïes d’aération, jantes de 19 pouces, échappement à quatre sorties.

Ainsi armée, la XKR abat le 0-100 km/h en 4"9, quand la XK se contente de 6"2. Bref, la même robe, le même luxe intérieur, mais plus tout à fait la même voiture.

Spécifications

Dimensions : 4,79 m (L) x 1,89 (l) x 1,32 (h)

Moteur : V8 4.2, 420 chevaux, 560 Nm

Transmission : aux roues arrière, boite automatique 6 vitesses

Poids : 1.665 (coupé) ou 1.715 kilos (cabriolet)

Vitesse maxi : 250 km/h

Prix : 107.700 €

Jim Glickenhaus, producteur de cinéma américain, a permis à Pininfarina de revenir aux premières années de Ferrari, quand des carrossiers habillaient de leur talent des moteurs et châssis sortis de Maranello.

Ainsi est née, sur base d’Enzo, une Ferrari produite à un unique exemplaire et baptisée P4/5.

Par son avant plat et sa ligne surbaissée, la P4/5 rend hommage à la légendaire 330 P4 qui avait signé un triplé lors des 24 Heures de Daytona 1967.

Elle n’oublie pas, avec sa nouvelle coque en carbone et son large extracteur arrière, de saluer aussi la modernité des Ferrari contemporaines.

Par rapport à l’Enzo, elle a gagné en poids (165 kilos) ainsi qu’en efficacité aérodynamique. Elle progresse donc d’un dixième, (3,5 secondes au 0-100 km/h), et de 13 km/h (363 km/h) en vitesse maxi.

Pour mémoire, une Enzo coûtait 675.000 €, pour ceux qui avaient la chance de pouvoir en obtenir une, puisque sa production était limitée à 399 exemplaires. Jim Glickenhaus a fait à Pininfarina un chèque de 3 millions € supplémentaires. Mais il dispose maintenant d’une Ferrari taillée selon ses goûts.

Spécifications

Dimensions : 4,70 m (L) x 2,04 (l) x 1,15 (h)

Moteur : V12 6.0, 660 chevaux, 657 Nm

Transmission : aux roues arrière, boite automatique séquentielle 6 vitesses

Poids : 1200 kilos

Vitesse maxi : 363 km/h

Prix : 3,675 millions €

Bentley n’a pas voulu attenter à la pureté des lignes du coupé Continental GT. Plus chère de 15.000 €, sa version cabriolet GTC conserve donc une capote en toile, qui se replie automatiquement en 25 secondes.

La GTC pèse 100 kilos supplémentaires et vient ainsi, rançon du luxe, frôler les 2,5 tonnes. Mais elle les enlève avec la grâce d’une ballerine : 5’’1 de 0 à 100 km/h, soit trois dixièmes de plus que le coupé GT, grâce aux 560 chevaux de son moteur W12.

Le cabriolet GTC s’inscrit ainsi dans la ligne tracée par la Continental GT, première Bentley de l’ère Volkswagen : revenir au métier d’origine de la marque anglaise, les voitures de sport de grand standing. La GTC exprime toute l’âme Bentley, désormais enrobée dans le savoir-faire de son nouveau propriétaire.

Design et transmission intégrale viennent de chez Audi. Plate-forme et moteur W12 6.0 sont empruntés à la VW Phaeton. Pour le reste, Bentley n’a rien demandé à personne. Bois, cuir, et atmosphère intérieure, se trouvaient déjà à Crewe, siège historique de la marque.

Spécifications

Dimensions : 4,80 (L) x 1,91 (l) x 1,39 (h)

Moteur : V12 6.0 biturbo, 552 chevaux, 650 Nm

Transmission : aux quatre roues, boite 6 vitesses Tiptronic

Poids : 2.495 kilos

Vitesse maxi : 312 km/h

Prix : 193.000 €

La jeune Gallardo commençait à la taquiner. Il fallait donc que la Murciélago, née en 2002, reprenne ses distances.

C’est fait depuis juin, avec cette version LP640, présentée au Mondial sous une livrée Versace : teinte mêlant blanc et noir, habillage cuir portant la frise grecque qui est l’emblème du couturier italien.

Ce brin de cosmétique lui va bien au teint, mais l’essentiel est ailleurs : à l’heure où Ferrari adoucit ses mœurs, la Murciélago LP640 reste un fauve égaré sur les routes. Son nom la raconte : « Longitunale Posteriore » architecture qui sent la poudre, et 640 chevaux.

Lamborghini a en effet extrait 60 chevaux supplémentaires d’un V12 atmosphérique dont la cylindrée a été portée à 6,5 litres. Il faut une transmission intégrale et le coeur bien accroché pour encaisser un couple de 660 Nm. Car la LP640 accélère plus vite que son ombre : 3,4 secondes de 0 à 100 km/h, soit cinq dixièmes de mieux que la première Murciélago. Sur la planète terre, il n’est qu’une Bugatti Veyron à faire mieux. Mais elle coûte cinq fois plus cher.

La LP640 se distingue aussi du commun automobile par ses portes en élytre, ses écopes d’air rétractables à haute vitesse. Et certains oublis : pas d’ESP, boîte mécanique. Ils sont volontaires. Car Lamborghini entend défendre une certaine idée de la voiture de sport.

Spécifications

Dimensions : 4,58 m (L) x 2,05 (l) x 1,14 (h)

Moteur : 6.496 cc, V12 à 60 degrés, 640 chevaux, 660 Nm

Transmission : aux quatre roues, boite manuelle 6 rapports

Poids : 1.665 kilos

Vitesse maxi : plus de 330 km/h

Prix : 257.000 €

Les Ferrari n’ont jamais été si pures que lorsque leur arrière est court et leur capot démesurément long.

C’est l’exacte définition des berlinettes V12 à moteur frontal, lignée interrompue dans les années 70 après la Daytona, puis retrouvée en 1996 avec la 550, devenue ensuite 575M.

Héritière de la 575M, la 599 GTB est plus longue de 12 cm. Elle pèse néanmoins 50 kilos de moins, puisqu’elle recourt à un châssis alu.

Et bénéficie de 105 chevaux supplémentaires, par la grâce du V12 6.0 emprunté à l’Enzo ici installé en position centrale avant.

Dès lors, la messe est dite. Ce V12 propulse la 599 GTB vers des territoires inconnus des autres Ferrari de grande diffusion: 3" 7 de 0 à 100 km/h.

L’œuvre n’aurait pas été complète si la 599 GTB n’y avait ajouté une innovation : l'amortissement piloté par un champ magnétique qui fait varier instantanément la viscosité du fluide.

Chaque Ferrari naît avec une mission: repousser encore d’un cran les limites de la beauté, de la technique, de la raison.

La 599 GTB Fiorano y est parvenue avec une telle vista qu’une simple question donne le vertige: que pourra apporter de plus la future berlinette de Ferrari? Une coque en carbone?

Spécifications

Dimensions : L 4,67 m (L) x l 1,96 (l) x 1,34 (h)

Moteur essence: V12 6.0, 620 ch

Transmission: aux roues arrière, boîte manuelle ou robotisée 6 vitesses

Poids : 1.580 kg

Vitesse maxi : 330 km/h

Prix : 215.300 €