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Peugeot 205 GTI

Pour le plaisir !

Par Patrice Vergès le 05 mars 2007

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Certaines voitures ont changé l’histoire de l’automobile. D’autres ont changé l’histoire de ceux qui en ont possédé une. C’est le cas de la 205 GTI qui a laissé des souvenirs inoubliables à toute une génération de conducteurs appelés gétéistes.

Pour le plaisir !

Avouez que la 205 GTI ne manquait pas d’allure livrée uniquement en deux portes

Il y a 15 ans, on vivait, on respirait, on roulait GTI. Ce sigle symbolisait une nouvelle race de voitures sportives. Elles représentaient en trois lettres tout ce qui est prohibé de nos jours. La vitesse évidemment, mais aussi l’agressivité, et surtout le plaisir de conduire sportivement.

La 205 GTI est le reflet d’une époque révolue pourtant pas si lointaine où l’on n’avait pas honte d’exhiber ses sentiments, ses goûts, ses bonheurs à travers une automobile sportive. Il n’y avait pas de mal à se faire du bien. Si VW avait popularisé ce sigle avec sa Golf qui avait lancé la mode, Peugeot lui avait donné ses lettres de noblesse a travers sa 205 GTI lancée début 1984.

Cela dit, proposer aujourd’hui à la clientèle une voiture aussi vivante, aussi pointue et aussi fine au plan comportemental dans certaines circonstances, serait considéré comme une mise en danger de la vie d’autrui méritant le journal de 20 heures.

Ah, le levier de pied !
Pour le plaisir !

Son habitacle n’était pas spartiate. Ses moquettes et ceintures de sécurité rouges concourraient à lui donner un charme particulier

Coton le freinage en courbe fermée surtout sur la première version 1,6 l au train arrière sacrément joueur !. Pas évident le lever de pied en longue courbe ouverte provoquant un déboîtage brutal du train arrière !. Subtil le rappel brutal de la direction au sortir du virage pied dedans ! Mais rassurez-vous, la 205 GTI savait donner et pardonner à ceux qui la méritaient.

Esthétiquement, cette berline-coupé était identique à ses sœurs moins sportives tout en étant différente, posée sur ses grandes roues de 15 pouces, une dimension exceptionnelle en 1987 pour un véhicule aussi compact de 3,70 m. Ses belles jantes en alliage chaussées de pneus 185/15 Michelin plus quelques fioritures esthétiques lui donnaient une agressivité physique de bon aloi.

A l’intérieur, on sentait bien aussi, qu’on n’était pas dans n’importe quelle 205. Instrumentation plus riche enrichie d’un mano et d’un thermomètre d’huile, un volant gainé de cuir siglé des trois lettres magiques rouges et surtout cette fameuse moquette rouge vif qui provoquait une hésitation avant d’y poser les pieds. Etions-nous réellement digne de fouler le sol d’une 205 GTI sans se déchausser ?

Ralenti galopant
Pour le plaisir !

la 205 GTI recevait une instrumentation très complète notamment un mano d’huile. Son volant petit était gainé d’un cuir très agréable au toucher

Bien calé dans un siége enveloppant mais ferme, le plaisir commençait au tourner de la clé. Le gros 4 cylindres XU gavé par une injection électronique Bosch laissait entendre une voix grave venue des profondeurs de sa cage thoracique cubant 1905 cm3. Son ralenti parfois galopant laissait deviner la méchanceté de l’arbre à cames et la richesse de l’alimentation se manifestant par ailleurs par quelques explosions en décélération.

Après quelques hésitations légitimées par la conduite urbaine, dés qu’on ouvrait les gaz, le moteur montrait sa soif de vivre. Il faut dire qu’il comptait 130 chevaux et beaucoup de couple à bas régimes. Des vrais chevaux en pleine santé qu’aucun catalyseur n’empêchait de respirer.

Des chevaux français bien de chez nous élevés en plein air, vaillants comme 160 chevaux japonais. Des pur-sang qui n’avaient que 875 kilos à traîner. 875 kilos seulement, 400 de moins que les voitures actuelles !.Un rapport poids puissance exceptionnel.

Pour le plaisir
Pour le plaisir !

On voyait souvent une 205 GTI 130 ch de l’arrière car peu de voitures étaient capables de lui résister. La garniture en plastique striée qui rejoignait les deux feux rouges surnommée « la planche à laver » fut supprimée sur les derniers millésimes

La GTI 1,9 accélérait comme une balle. Les 400 mètres en 15,5 secondes, les 1000 mètres en moins de 29,5 secondes et c’est amusant 205 km/h comme son nom en vitesse de pointe grâce à une aérodynamique performante, presque 10 km/h de plus que les premières GTI 1600 105 ch également moins toniques à bas régimes.

Les fées s’étaient certainement penchées sur ce moteur magique qui fit encore les beaux jours de la 206 S16 Turbo Championne du Monde des Rallyes 15 ans plus tard. Il montait facilement à 7000 tours dans un son grave et pétillant tout en reprenant vigoureusement, disons méchamment sous forme d’une poussée sèche à chaque changement de rapports. Il faut dire que la boîte était un petit chef d’œuvre en matière d’étagement avec les quatre derniers rapports resserrés procurant des reprises foudroyantes.

En fait, ce n’était pas en ligne droite que la GTI était la plus excitante quoique ses 205 km/h en faisaient une voiture qu’on doublait peu, vitesse atteinte dans un beau vacarme qu’on trouverait absolument insupportable au troisième millénaire.

Diabolique
Pour le plaisir !

La 205 de série était chaussée de jantes de 13 pouces en tôle contre 14 en alliage pour la GTI 1600 105 ch et 15 pouces pour la 1,9 l. Un diamètre rare il y a 20 ans !

Dès que la route tournait, elle devenait diabolique d’efficacité tirée par un train avant mordant à l’adhérence exceptionnelle, une direction précise mais virile car sans assistance sur les premières modèles, la générosité de sa mécanique dont le plaisir était de faire plaisir, un freinage formidable depuis que des disques à l’arrière avaient remplacé les tambours jugés « limites » sur la GTI 1600 conduite à fond de badin.

Sa maniabilité la rendait irrésistible tout en se révélant un peu moins vive du cul que la 1600 exigeant davantage de doigté au niveau du pied droit à l’approche d’un virage avec la fameuse question de confiance à analyser en une nanoseconde « Dois-je lever ou pas ? »

La réponse ne tardait pas. Si la GTI 1600 se retrouvait dans le sens opposé à celui où on désirait aller, c’est qu’il ne fallait pas !

Un succès colossal
Pour le plaisir !

La GTI 1,6 l fut proposée en version cabriolet sous le sigle CTI. Le manque de rigidité de la carrosserie lui empêcha d’hériter du 1,9 l trop violent pour le train avant non triangulé uniquement sur cette version.

La 205 GTI a connu un succès colossal d’abord auprès des célibataires sportifs puis des cadres quadras dynamiques désirant rester jeunes et enfin auprès des belles femmes des beaux quartiers avec l’intérieur cuir et le grand toit ouvrant transparent. 300.000 ont été vendues jusqu’en1994 où elle a tiré sa révérence après avoir été émasculée par le catalyseur désormais obligatoire.

Déjà, le marché des GTI s’était effondré remplacé par celui des monospaces et des fondamentaux autour de la famille et de l’enfant roi.

De nos jours, la 205 GTI est recherchée par les jeunes tuners de banlieues qui lui ont donné une seconde vie en la personnalisant esthétiquement à l’aide d’accessoires d’aujourd’hui tout en appréciant ses performances d’hier.

La 205 GTI mérite un infini respect car elle a donné du bonheur à des centaines de milliers d’automobilistes. On ne peut pas en dire autant à l’égard de ceux qui veulent notre bonheur à tout prix.