Le Rallye Monte-Carlo Historique fête ses 10 ans

Le 10e Rallye Monte-Carlo Historique

Par Renaud LACROIX le 22 janvier 2007

Cette année, 84 voitures seront au départ de ce 10e Rallye Monte-Carlo Historique qui se déroulera du 25 au 31 janvier.

La voiture la plus ancienne n’est autre qu’une Citroën Traction 11 BL qui date de 1953. La palme de l’exotisme reviendra sans doute à l’équipage britannique qui entend bien mener sa Wolseley 18/85S à bon port.

5 villes accueillent le départ des parcours de concentration : Oslo, Barcelone, Turin et Monte-Carlo et Reims. Tous les concurrents se retrouvent à Saint Etienne.

En seulement 10 épreuves, le Monte-Carlo Historique est devenu le rendez-vous annuel incontournable du sport automobile dédié aux voitures de collection. Seul manque à la liste des villes de départs du Monte-Carlo Historique les villes d'Athènes, de Marrakech et de Stockholm pour que les départs soient en tout points fidèles au passé.

A noter que l'Automobile Club de Monaco autorise que chaque voiture puisse porter un bandeau pour soutenir une cause, comme cela fut le cas pour soutenir la lutte contre les mines antipersonnel.

Un succès croissant d’année en année

Très rapidement, cette épreuve s'est hissée au top et est considérée par l´ensemble des concurrents comme la plus grande épreuve historique hivernale sur route. Elle attire de plus en plus d´amateurs ou anciens pilotes ayant participé à des éditions du Rallye Monte-Carlo qui souhaitent vivre au moins une fois cette épreuve mythique. D´année en année, l´Automobile Club de Monaco reçoit un nombre d´engagement qui dépasse toutes ses prévisions, et un comité de sélection a été créé pour choisir les quelque 300 véhicules autorisés à prendre le départ depuis l'une des villes de Concentration.

Une telle renommée s’explique par le découpage des étapes et le choix des épreuves de régularité. L´Automobile Club de Monaco apporte le même soin dans la gestion de cette manifestation que dans celle apportée au Rallye Automobile Monte-Carlo, première manche du Championnat du Monde des Rallyes de la FIA.

Pour cette édition, les organisateurs ont élaboré un programme exceptionnel. Outre le découpage traditionnel des étapes, une épreuve sur le circuit de glace de Serre Chevalier sera proposée pour la 1ère fois le lundi 29 janvier à l´issue de la demie étape « Valence - Briançon ». De même, le mardi dès 20 h et là encore pour la 1ère fois, en préambule de l´étape finale « Monaco - Monaco », les concurrents disputeront une épreuve sur la partie basse du circuit de F1, comme l´auront effectué quelques jours auparavant les concurrents du RMC 2007.

Le programme

Jeudi 25 janvier 2007 : Départ du parcours de concentration d´Oslo (Norvège) qui alterne une année sur deux avec Copenhague (Danemark).

Vendredi 26 janvier 2007 : Départ du parcours de concentration depuis Barcelone (Espagne), Turin (Italie), Reims (France) et Monte-Carlo.

Samedi 27 janvier 2007 : Arrivée des parcours de concentration à St Etienne (Plaine d´Achille dès 12h30).

Dimanche 28 janvier 2007 - dès 7h30 : Départ de l´Etape de Classement Saint Etienne - Valence - 365 km, 5 tests de régularité.

Lundi 29 janvier 2007 - dès 8h : Départ de l´Etape Commune 1ère partie Valence - Briançon - 370 km, 6 tests de régularité.

Mardi 30 janvier 2007 - dès 7h : Départ de l´Etape Commune 2e partie « Briançon - Monaco » - 350 km, 3 tests de régularité Arrivée prévue à Monaco - Quai Albert 1er à partir de 14h25.

Mardi 30 janvier 2007 - dès 20h : Départ de l´Etape finale Monaco - Monaco - 200 km, 4 tests de régularité.

Quelques chiffres

Pour cette 10e édition, à l´issue de chaque étape, un classement général sera publié mais les concurrents s´élanceront pour l´étape suivante dans l´ordre de leur numéro de compétition. 7 nationalités représentées dont : Grande-Bretagne : 13 - Monaco : 2 - Danemark : 5 - Belgique : 13 - Suisse : 1 - Suède : 1 - Français : 49 11 équipages mixtes dont 7 Français, 2 Belges, 2 anglais.

Kilométrage : Nombre de km de concentration de Reims à Saint-Etienne : 822,50 km

Etape commune : 1.288,720 km

17 tests de régularité pour 367,910 km

Rappel du règlement

Sont admissibles au RMCH les voitures conformes à la législation routière et dont un modèle similaire a participé à un Rallye Monte-Carlo entre 1955 (25e édition) et 1977 (45e édition), titulaires : d’un passeport technique historique de la FIA (PTH) ; ou d’un laissez-passer pour voiture de rallye de régularité historique de la FIA (LPVRH) ; ou d’une carte d’identité FIVA. Elles seront réparties selon les catégories suivantes :

I voitures construites avant le 31/12/1961

II voitures construites entre le 01/01/1962 et le 31/12/1965

III voitures construites entre le 01/01/1966 et le 31/12/1971

IV voitures construites entre le 01/01/1972 et le 31/12/1976

Chaque catégorie est répartie en 4 classes de cylindrées :

1 jusqu’à 1 300 cm3

2 de 1 301 cm3 à 1 600 cm3

3 de 1601 cm3 à 2 000 cm3

4 au dessus de 2 000 cm3

Les voitures admises seront choisies par l’organisateur qui restera seul juge d’accepter ou de refuser les candidatures, sans avoir à en justifier les raisons.

Erik Carlsonn remporta le Monte Carlo en 1962 et 1963 sur Saab 96. Erik Carlsson, alias "Carlsson på taket" (Carlsson sur le toit en suédois), est né le 5 mars 1929 à Trollhättan, Suède. Sa carrière fut tout entière dédiée à Saab, notamment en tant que pilote de Rallye. Actuellement il est toujours en activité mais s’occupe uniquement de Relations Publiques pour le compte de Saab, d’où son surnom de "Mister Saab".

Erik Carlsson et James Bond

Dans "Ice Breaker" - le Brise Glace, l’un des tout premiers romans de John Gardner mettant en scène l’illustre James Bond, ce dernier reçut des cours de pilotage de la part d'Erik Carlsson afin de se préparer à une mission arctique.

Carlsson s’est aussi charger de livrer à James Bond sa nouvelle voiture "argentée", une Saab 900 Turbo, spécialement équipée de multiples outils pour agent secret, dans le roman "Permis de Tuer" (License Renewed).

Erik Carlsson et le freinage du pied gauche

Comme les Saab d’antan sur lesquelles Erik courrait étaient particulièrement sous motorisées, et à cause du moteur 2 temps gonflé, il était nécessaire de maintenir le moteur dans des régimes élevés. Puisqu’il devait conserver une vitesse importante dans les courbes, il développa la technique de freinage du pied gauche jusqu’à la perfection.

Ainsi, il conservait les gaz ouverts grâce au pied droit, tout en freinant les roues de l’essieu arrière du pied gauche. Cela imprimait une glissade contrôlée à l’essieu arrière en maintenant la vitesse de la voiture. L'inconvénient de ceci était que cette technique de pilotage accélérait de manière significative l’usure des freins !

Carlsson “Sur le toit”

L’origine du surnom d'Erik, “Carlsson sur le toit”, vient d’un roman suédois destiné aux enfants écrit par Astrid Lindgren dont le titre est "Karlsson sur le toit". Dans ce roman, le personnage principal, Karlsson, vivait sur un toit ! Ce nom fut donné à Erik à cause de sa mauvaise habitude de faire (parfois) quelques tonneaux avec sa voiture de courses. Lors d’un des Safari Rally auquel Erik participait, il fit des tonneaux de manière intentionnelle afin d’éviter une énorme marre de boue.

Plus tard, alors que les journalistes mettaient en doute ses explications, il leur en donna la preuve en effectuant un tonneau volontaire devant eux ! L’équipe d’usine Ford s’essaya à la même "cascade" avec l’une de leur Ford Cortina, causant plus de dommage à la voiture que durant le Rallye tout entier.

Erik Carlsson et le self-service

Lors d’un rallye en Angleterre, alors qu’il avait besoin de certaines pièces détachées, il remarqua une Saab 96 toutes neuve sur un parking. Son mécanicien et lui-même s’empressèrent de désosser ledit véhicule lorsque le propriétaire, passablement énervé (!) les vit à l’œuvre. Son co-pilote désarma la situation en expliquant qu'Erik était pilote d’usine Saab et que, en dédommagement, l’usine lui fournirait une voiture neuve - ce qui ne fut évidemment pas le cas ! Erik put continuer sa course.

Aujourd’hui, Erik et le propriétaire de cette voiture sont toujours amis et échangent des cartes de vœux tous les ans.

Erik Carlsson femme de ménage

A une époque, les pilotes de rallyes recevaient des points de pénalités si la voiture était endommagée. A la fin d’une des étapes chronométrées du Monte Carlo, à Saint Sauveur sur Thinée, Erik avait des bosses sur le pare choc avant et sur une porte. Afin d’éviter les pénalités, lors d’un arrêt de ravitaillement il permuta les pièces endommagées avec l’une des voitures d’assistance de l’écurie, de la même couleur.

La voiture de course paraissait alors comme trafiquée, avec un pare choc et une porte presque flambants neufs, le reste de la voiture étant maculée de boue. Comme ils n’avaient pas d’eau sous la main, ils nettoyèrent la voiture avec l’essence de leur réservoir. Les journalistes qui couvraient l’événement furent impressionnés par cet équipage qui avait pris le temps de nettoyer leur voiture avant de franchir la ligne d’arrivée.

Lorsqu’ils demandèrent comment il faisait pour conduire si vite, Erik leur répondit "… simply the foot down !" (simplement le pied à fond). Après la cérémonie de remise des prix, Erik Carlsson, regardant par la fenêtre de son hôtel, vit la voiture d’assistance dans le parking. Propre, sauf un pare choc et une porte endommagés et boueux et avec… le numéro de course clairement lisible !

Erik Carlsson...à la porte !

Erik courut le rallye du Portugal 1959 afin de remporter le Championnat d’Europe de cette année. Son concurrent direct était Paul Coltelloni, pilote officiel Citroën. Mais afin d’éviter que la Saab ne termine devant une Citroën, Citroën acheta une Alfa Roméo pour Coltelloni. Une combinaison de problèmes électriques et de freins défaillants força Erik à s’arrêter très près d’une voie ferrée, au point d’être "presque" heurté par un rapide.

Malgré ces ennuis, il termina troisième, alors qu’une quatrième place lui garantissait le championnat. Peu avant la remise des prix, la direction de course lui notifia une pénalité de 25 points pour numéro de course non conforme (chiffre blanc sur fond noir au lieu du contraire). Mais 25 points le mettait en quatrième place, et toujours vainqueur du Championnat.

Tout allait donc bien lorsque Erik découvrit lors de la remise des prix qu’on lui avait infligé 25 points supplémentaires le reléguant de fait à la 8e place. La raison : 25 points de pénalités… par porte !

Erik Carlsson en manque...de bougies

Lors de la Coupe des Alpes 1966, Erik pilotait une voiture très compétitive : une Saab Sonett II. Le moteur avait été réalisé pour atteindre 940 cc contre 841 à l’origine. La puissance passait à 93 chevaux et, avec les nouveaux rapports de la boîte de vitesse, la vitesse de pointe était de 140 km/h, permettant ainsi à Erik de faire jeux égal avec les Porsche 904.

Bien qu’il était fréquent de procéder à des changements de bougies sur les moteurs deux temps, ceux-ci furent si nombreux lors de cette course sur la voiture d’Erik qu’à la fin, il dut abandonner par manque de bougies de rechange. Les techniciens de Saab suspectèrent la qualité de l’essence.

Après analyse, ils découvrirent que l’essence était contaminée par des produits chimiques étrangers… Sabotage ?