Le musée d'Indianapolis
500 Miles de légende en images (1/5)
Par Renaud LACROIX le 11 septembre 2007
Le circuit d’Indianapolis, en plein cœur de l’Indiana, aux Etats-Unis, accueille des courses automobiles parmi les plus extraordinaires au monde. Au centre de cet anneau anciennement fait de briques, se trouve le Hall of Fame Museum qui collecte les souvenirs de près de 100 ans de compétition. On y trouve la première voiture à avoir gagné l’Indy 500, des trophées étranges et des anecdotes d’époques révolues où les pilotes sortaient de leurs bolides, exténués, le visage noirci par la poussière et la fumée.

Le temple du sport automobile, c'est à Indianapolis
Dans le monde du sport automobile, il existe quelques courses tellement exceptionnelles que tous les pilotes rêvent de les gagner, ou même seulement d’y participer : le Paris-Dakar, qui pousse les coureurs jusqu’au bout de leurs limites physiques ; les 24 Heures du Mans, l’épreuve d’endurance par équipe par excellence ; le Grand Prix de Monaco, sommet de la saison de Formule 1, qui ne laisse pas de place à l’erreur.
Les 500 Miles d’Indianapolis réunissent les meilleurs ingrédients de la recette. A la fois course d’endurance et de vitesse pure (les monoplaces dépassent les 370 km/h en bout de ligne droite), l’Indy 500 requiert un maximum de concentration, une très bonne condition physique et un grain de folie pour tourner à trois de front dans des voitures aux roues découvertes.
Autant dire qu’y courir est déjà un honneur mais remporter la victoire est l’apanage des plus grands noms de l’histoire du sport. Depuis 1911 se succèdent des champions venus de tous les pays et de tous les championnats : Louis Meyer, Graham Hill, Jim Clark, A.J. Foyt, Rick Mears, Jacques Villeneuve ou encore Juan-Pablo Montoya.

Un ovale où les voitures tournent à 370 km/h de moyenne !!
L’histoire de l’Indianapolis Motor Speedway débute en 1909. A cette époque, l’automobile en est encore à ses balbutiements et pourtant quelques visionnaires devinent déjà que ces engins à quatre roues ont de l’avenir. Mais les routes ne sont pas adaptées à ces nouveaux véhicules et les tests de développement se révèlent difficiles à mener.
C’est alors que Carl Fisher et James Allison décident de faire construire un circuit dédié à l’automobile sur lequel les voitures pourraient être essayées plus aisément. En 1909, le speedway voit le jour : c’est une piste en terre de 2,5 miles en forme de rectangle aux coins arrondis. Le revêtement déplorable sera changé dans les deux années suivantes. 3.200.000 briques seront utilisées pour le resurfaçage, ce qui donnera le surnom de Brickyard au circuit.
On y teste les motos et les voitures mais la première course qui y est tenue est une course de… ballons ! L’idée d’organiser une course automobile vient très vite à l’esprit de Fisher. Il n’hésite pas à placer la barre très haut en proposant un événement d’une longueur impressionnante : 500 miles, soit près de 800 km !

Le premier qui franchit cette ligne de briques... gagne des millions de dollars
La première édition de 1911 dure 6 heures et 42 minutes mais rencontre un franc succès et Fisher récidivera les années suivantes.
La guerre marquera un temps d’arrêt pour les 500 Miles qui n’auront pas lieu en 1917 et 1918. En 1927, Carl Fisher revend le circuit à Eddie Rickenbacker, un as de la Première Guerre Mondiale. Celui-ci le revendra à son tour à Anton Hulman dont la famille est aujourd’hui toujours en possession du complexe.
Le revêtement a bien sûr été refait petit à petit avec de l’asphalte (entre 1936 et 1961) mais 9 rangées de briques rouges ont été conservées juste derrière la ligne d’arrivée.
En 1996, Dale Jarrett remportait la 3ème édition du Bickyard 400. Avec toute son équipe, il s’agenouillait sur la ligne d’arrivée et embrassait les briques restantes. Ce geste est devenu une tradition en NASCAR.

Le musée des souvenirs...et des exploits
Le Hall of Fame d’Indianapolis est créé en 1952. C’est un endroit dans lequel on rend hommage à tous ceux qui ont contribué à la renommée et la gloire du circuit, à l’amélioration du sport ainsi qu’au développement de l’industrie automobile en général.
Leurs noms et leurs portraits, peints par Bill Rader, un artiste de l’Indiana, sont affichés en permanence au centre de la piste, dans le musée. Le Hall of Fame Museum ouvre en 1987 et présente une série d’objets surprenants et amusants qui retracent l’histoire du Brickyard.
On y trouve bien sûr des voitures de toutes les époques (plus de 75, rangées par catégorie et ordre chronologique) mais aussi des casques, des combinaisons, des trophées, des photos, des tableaux.

Roger Hamilton propose à notre reporter un voyage dans le temps
Chacun est accompagné d’une légende, d’une histoire et d’une anecdote qui vont de paire avec la culture des conservateurs de ce musée.
Que ce soit sous la conduite de Roger Hamilton ou de l’historien Donald Davidson, la visite est un voyage dans le temps qui fascinera n’importe qui, avec en sus la projection d’un film de 30 minutes sur l’histoire du circuit.
Dehors, si les voitures ne tournent pas, il est possible de faire un tour du speedway en bus pour suivre les traces de Dario Franchitti ou Sam Hornish Jr. Le personnel est toujours accueillant et il faut compter une bonne journée pour déguster cet étonnant hommage au sport automobile.

