Louis Chevrolet

Suisse-Français et pilote-constructeur américain

Par Philippe LACROIX le 23 mai 2005

Louis Chevrolet est né en Suisse et a passé son adolescence dans le Jura. Mais c'est en Amérique qu'il a connu la gloire, comme pilote d'abord, avant de construire ses propres voitures et de terminer sa vie bien modestement.

Louis Chevrolet, une gueule qui plait aux Américains

La fabuleuse histoire de Louis Chevrolet, qui a donné son nom à l'une des plus célèbres marques automobiles du nouveau continent, est suffisamment captivante pour être lue comme un roman.

D'ailleurs Pierre Barras, un journaliste jurassien ne s'en est pas privé et a réalisé un ouvrage vivant et remarquablement illustré.

La préface donne le ton avec un texte signé Juan Manuel Fangio rappelant entre autres que sa première victoire a été obtenue sur une Chevrolet.

Louis Chevrolet est né le 25 décembre 1878 à La Chaux-de-Fonds, en Suisse, dans la capitale mondiale de l'horlogerie. Et ce n'est pas tout à fait un hasard car son père Joseph Félicien Chevrolet, comme sa mère Marie Anne Angeline née Mahon, était natif du canton de Berne mais avait déménagé pour trouver un travail d'horloger. Louis avait déjà un frère Alfred Edouard né en 1876, puis la famille s'agrandira avec Emile Arthur en avril 1884, puis Marthe Marie en octobre 1885 qui mourra en bas âge.

Du canton du Jura où elle était retournée, la famille Chevrolet émigre à Beaune, au coeur de la Bourgogne dans le courant de l'année 1885. Fort de son expérience acquise, le père ouvre un petit commerce d'horlogerie. Et le cercle familial s'agrandit avec l'arrivée de Marie Marthe en septembre 1888 puis de Gaston Louis en octobre 1892. Et c'est Louis Chevrolet, à 14 ans, qui sera son parrain.

Mécanicien hors pair et coureur cycliste de talent

Hélas, les gains du père suffisent tout juste à nourrir cette famille de sept enfants, et il n'est pas question de faire de longues études. Ainsi, à peine ont-ils quitté l'école, à onze ans pour Louis, que les jeunes Chevrolet doivent trouver du travail.

Louis est attiré par la mécanique et entre au service d'un marchand de cycle, un certain Roblin. Et quand, un jour, un riche Américain tombe en panne avec son engin motorisé non loin de son atelier, c'est Louis qui parvient à remettre la machine en marche. Cet Américain lui aurait alors suggéré de traverser l'Atlantique car là-bas, on avait besoin d'hommes tels que lui.

Certainement l'idée a fait son chemin dans la tête de Louis Chevrolet qui en même temps prouvait son esprit de compétition en gagnant un bon nombre de courses cyclistes avec des primes mettant du beurre dans les épinards des finances familiales.

Comme rien n'arrive jamais par hasard, il est important de souligner que Louis court sur des vélos Gladiator, dont son patron est concessionnaire, une marque filiale des automobiles Darracq. Ses succès lui faisant cotoyer les dirigeants de l'entreprise, il se fait embaucher à Suresnes, près de Paris, pour se former à la mécanique automobile. On est en 1900, année de l'Exposition universelle.

Louis Chevrolet, un pilote qui a fait rêver les Américains

Mais le rêve américain prend le dessus et Louis Chevrolet part au Canada d'abord comme chauffeur-mécanicien puis, en 1901, il se fait engager à New York chez De Dion Bouton America, la célèbre firme française qui possède une succursale aux Etats-Unis.

Il fera venir ses deux soeurs, puis le reste de la famille après la mort de son père en 1902. En 1905, il se marie avec Suzanne Treyvoux et le couple aura deux fils, Charles en août 1906 et Alfred en avril 1912.

Cependant, l'année 1905 est significative pour Louis Chevrolet qui trouve un emploi à l'agence de Fiat à New York où on apprécie autant ses qualités de mécanicien que son habileté à la conduite. C'est ainsi qu'on lui confie un premier volant de compétition. Et le 20 mai 1905, il effectue sa première course et gagne. C'est le début d'une épopée fantastique avec des records à la clé: il bat les meilleurs pilotes américains et affronte, pour l'anecdote, Vicenzo Lancia et Henry Ford.

Un pilote adulé de toute l'Amérique

Louis Chevrolet sur la Darracq V8, surnommée Big Bear (gros ours)

En 1906, il quitte Fiat pour piloter une Darracq équipée d'un moteur V8 et pulvérise le mile en le parcourant à 189 km/h de moyenne. Le nom de Chevrolet n'est plus celui d'un simple immigrant, mais d'un héros national, d'autant que la présence en course de deux autres frères ne fait qu'amplifier la célébrité du nom.

Mais Louis est le plus doué et la presse automobile désigne cet audacieux « Français à la moustache gauloise » comme étant « le coureur le plus casse-cou du monde ». Avec ses 1,82 m, un géant pour l'époque, et ses presque 100 kilos, il ne passe pas inaperçu et il fallait bien une telle carrure pour maîtriser les autos du début du siècle.

Pour autant, il paiera ses intrépidités par quelques passages, parfois prolongés, à l'hôpital, trois ans au total entre 1905 et 1920. Quatre de ses mécaniciens y laisseront leur vie, car les courses se faisaient par deux, pilote et mécanicien. On prête d'ailleurs à Louis Chevrolet l'invention de ce qui allait devenir l'arceau de sécurité.

Les victoires ont un impact considérable et les marques gagnantes voient la clientèle affluer. C'est pourquoi William Crapo Durant demande à Louis Chevrolet de piloter ses voitures.

La Classic Six, la seule Chevrolet construite par Louis Chevrolet et qui porte son nom

« Billy » Durant est le petit fils d'un ancien gouverneur du Michigan qui a fait fortune dans les cigarettes, les produits pharmaceutiques, les bicylettes, l'immobilier, l'assurance et les charrettes à bras. Comprenant où était le progrès, il abandonne ces dernières pour l'automobile et achète la marque Buick. Il investit beaucoup d'argent dans la compétition et engage Louis et Arthur Chevrolet.

Les succès ne se font pas attendre. Mais Louis n'est pas seulement pilote et prend part au développement de nouvelles voitures de course.

Cependant, Durant comprend qu'il faut réduire les coûts de production pour être compétitif et pour cela il a l'idée d'unifier plusieurs producteurs au sein d'une seule et puissante entreprise. Il crée donc une holding en 1908 et cela deviendra la General Motors. Buick y est intégré et Durant achètera ensuite Cadillac et Oldsmobile entre autres pour arriver à 25 marques.Justement, Louis Chevrolet envisage de construire sa propre voiture, encouragé par Durant qui a compris, en habile financier, tout le parti que l'on pouvait tirer de son nom, nouveau symbole de l'Amérique triomphante. Avec l'appui de l'ingénieur français Etienne Planche, il présente en 1911 la Classic Six de 4,9 litres, belle, élégante, luxueuse et puissante. Elle est capable d'atteindre le 105 km/h tout en souplesse. Sa fabrication en série démarre un an plus tard et la presse spécialisée lui tresse des lauriers. C'est le succès!

La Cornélian marque le retour de Louis Chevrolet en compétition

Cependant, en 1913, à son retour d'un voyage en France, Chevrolet constate que Durant a réorganisé la production pour produire des voitures moins chères, et c'est la rupture. Il quitte la firme, mais l'arrangement financier lui interdit d'utiliser son nom, Chevrolet, pour d'autres créations automobiles. Ainsi, la Classic Six aura été le seul modèle à avoir été produit quand il était dans l'entreprise.

En 1914, la marque Chevrolet présente deux nouveaux modèles, la Royal Mail et la version utilitaire la Baby Grant. Ces modèles bon marché connaîtront le succès commercial comme l'année suivante pour la 490 vendue justement 490 dollars et concurrente de la Ford T.

Louis Chevrolet n'étant pas homme à se laisser abattre, il a fait sienne la devise « Never give up » (Ne renonce jamais), il revient à sa première passion, la course, en fondant la Frontenac Motor Corporation, et toujours en collaboration avec Etienne Planche, il commence la fabrication de quatre voitures qu'il nomme Frontenac. Obsédé par le poids, il utilise de petits moteurs mais gonflés au maximum et surtout, il utilise l'aluminium et soigne l'aérodynamisme. Il positionne aussi les organes mécaniques de façon à abaisser le centre de gravité et répartir les masses au mieux. Par rapport à ses concurrentes, la Frontenac est moins lourdes de 250 kg et de ce fait, les victoires s'accumulent et durant de nombreuses saisons, elle est reine du sport automobile, battant les meilleures européennes. L'Amérique est en liesse. Les plus grands pilotes se disputent leurs volants.

Louis Chevrolet avec l'aviatrice Amélia Earhart qui fut la première femme à traverser l'Atlantique en solitaire, en 1932

En 1920, Gaston est le grand favori de la saison, mais lors d'une course, à Beverly Hills en novembre, il s'accroche avec un autre concurrent et les deux autos défoncent les barrières.

Les deux pilotes sont tués ainsi qu'un mécanicien. Gaston est tout de même déclaré Champion d'Amérique à titre posthume, mais Louis Chevrolet, bouleversé, décide de renoncer à la compétition. Arthur en fait autant un peu plus tard.

En 1921, Louis et Arthur s'associent pour créer à Indianapolis une culasse adaptable à la Ford T, doublant sa puissance. Encore une fois, le succès est immédiat. Préparées et engagées aux 500 Miles d'Indianapolis pendant plusieurs saisons, ces Ford T appelées les Fronty-Ford enregistrèrent des résultats remarquables malgré leur faible cylindrée, à la grande satisfaction d'Henry Ford.

Le journaliste Pierre Barras a consacré un livre à l'aventure de Louis Chevrolet, superbement illustré

Ensuite, l'aviation offrant de belles perspectives, les deux frères se lancent en 1926 dans la construction de prototypes de moteurs d'avion, légers à quatre et six cylindres avec refroidissement par air. Ils s'appelleront Chevrolair. Malheureusement, Louis et Arthur se fachent, ce dernier revendiquant la paternité des moteurs, et chacun monte sa propre firme, victimes toutes deux de la crise de 1930.

Les années sombres commencent pour Louis, et en 1934, il est victime d'une crise d'apoplexie. Cinq autres attaques suivront jusqu'à sa mort le 6 juin 1941. La nouvelle fera la Une des journaux.

Mais en 1934, il aura aussi à supporter la mort de son fils Charles qui n'avait pas encore vingt-huit ans, emporté par une crise d'urémie, et un incendie qui détruisit toutes ses archives.

Sa femme Suzanne lui survivra vingt-cinq ans et décèdera en octobre 1966 à Détroit. Elle aura été l'une des premières femmes à conduire une automobile. A partir du moment où Louis tomba malada, c'est elle qui pris le volant de la Chevrolet.

Elle rapporta que son époux était un homme profondément attaché à sa famille, un père attentif, un compagnon fidèle dans les mauvais comme les bons moments. Louis Chevrolet ne défraya jamais la rubrique « people » des magazines.

Un réseau de 100 points de vente

Bock-Yong Choi, président de Chevrolet France et ex-patron de Daewoo France, croit sincèrement que le nouveau sigle sera un facteur d'expansion

C'est la date du 1 er janvier 2005 qui a été retenue pour dévoiler au public français la nouvelle dynamique de Chevrolet sur notre territoire. Cette date et le symbole qu'elle représente marque le nouveau départ de Chevrolet sur le quatrième Marché automobile d'Europe.

Après la France et sous la coordination de Chevrolet Europe Gmbh (Zurich), toutes les filiales de distribution de Chevrolet en Europe procéderont à leur tour progressivement à ce déploiement.

Chevrolet France SAS, ex GM Daewoo France, assure depuis son siège de Roissy le développement de ces nouvelles activités. La filiale Française coordonne notamment la nouvelle identification de ses réseaux de distribution et de réparation effective dès le 1 er janvier sur une bonne part du territoire.

Comptant 93 points de vente à ce jour, le réseau Chevrolet s'étendra rapidement pour dépasser les 100 points de vente et de service au cours du premier trimestre 2005. Il est à noter que les réparateurs Chevrolet arborent également l'enseigne Daewoo service.

Une gamme adaptée à l'Europe

Bock-Yong Choi, présente la nouvelle Chevrolet Matiz

La gamme de Produits proposée au lancement, Chevrolet Matiz, Kalos, Lacetti, Nubira (berline et SW), Rezzo et Evanda s'étendra progressivement. La petite Chevrolet M3X et le SUV S3X qui ont rencontré un franc succès au dernier Mondial de l'automobile de Paris, seront développés et produits par GMDAT (Corée du sud) et complèteront bientôt cette gamme.

D'autres produits, issus de sites de production de General Motors, pourront à terme s'adjoindre à cette offre en réponse aux sollicitations du marché Européen.

Chevrolet adopte en Europe le même positionnement que dans le reste du monde et constitue de fait, sur notre continent également, la marque d'accès aux gammes de Général Motors. Issus de GMDAT en Corée du sud, les produits qui composeront la gamme Chevrolet en Janvier 2005 s'inscrivent dans la philosophie Chevrolet. Ils font valoir un style attractif et distinctif grâce à Italdesign/Giugiaro pour les Matiz, Kalos, Lacetti et Evanda, et à Pininfarina pour les Nubira et Rezzo. Ils mettent en oeuvre des technologies éprouvées et présentent donc d'excellentes caractéristiques de fiabilité. Il en est de même pour le comportement routier. En effet, les bureaux d'études les plus réputés ont été mis à contribution pour concevoir, ou parfois adapter aux contraintes européennes, certains organes comme par exemple les trains roulants.

Chevrolet croit au GPL

Le carburant GPL représente aujourd'hui une solution réellement intéressante en matière d'écologie. Parfaitement sûr grâce à l'adoption de normes de sécurité strictes et proposé dans plus de 2000 stations sur notre territoire, il est par ailleurs le carburant le plus économique du Marché. Chevrolet, comme le faisait Daewoo, plébiscite cette solution véritablement attractive et propose une version bi-carburation GPL.i / Injection séquentielle sur chacune des motorisations de la gamme (sauf Matiz).

Avec une gamme comprise dans une échelle de prix de 8.350 à 21.000 € et un excellent niveau d'équipement, Chevrolet propose globalement un rapport prestations-équipement / prix réellement attractif. A noter que la Garantie / Assistance est de 3 ans ou 100.000 kms inclus dans le tarif.

Le sigle Chevrolet doit s'imposer

Chevrolet France SAS adopte pour ce lancement capital un concept créatif Européen issu de l'agence FCB / Londres. Le sigle Chevrolet, mis en scène en TV notamment est assimilé au signe « plus » (+) mathématique. Cette association symbolisant les nombreux atouts concurrentiels de Chevrolet sur les segments de volume. Ayant recours à des codes graphiques forts, les principaux messages doivent concourir à l'émergence d'une image distinctive et permettre d'installer les valeurs de Chevrolet.