Magique Porsche Carrera RS 2,7 litres
Porsche 911 Carrera RS
Par Patrice VERGES le 15 mars 2007
Dès sa naissance, la Porsche Carrera RS suscita tant de passion que son constructeur qui prévoyait d’en construire seulement 500 fut contraint d’en produire trois fois plus pour répondre à la demande. Plus de 30 ans après, c’est une voiture encore magique !

Dévoilée fin 1972, la Porsche Carrera RS se reconnaissait seulement à quelques détails stylistiques. La peu discrète inscription latérale adhésive pouvait être enlevée
Une mécanique qui criait dans un long feulement métallique aigu. Une conduite particulière ; légère du nez, vive du train arrière, globalement frétillante des deux, et surtout terriblement efficace à condition que son conducteur possédât de solides bases sur le sous virage puis le survirage. Des voitures très spectaculaires à regarder en course, virant très vite en levant largement la roue avant intérieure, avant de glisser légèrement du train arrière.
Pour aller vite en 911, son pilote devait bien savoir décoder sa tenue de route de puissante propulsion à moteur en porte à faux et placer le fameux coup de volant puis d’accélérateur au bon moment pour passer tous les chevaux au sol. Ni trop tôt, ni trop tard.

Vue d’arrière, la RS se distinguait de la 2,4 l S par sa célèbre « queue de canard » et ses ailes légèrement plus galbées
Dans ses narines, il percevait l’odeur chaude transpirant du moteur, dans les fesses, il ressentait les coups de la suspension élevée à la dure. Ses pieds percevaient ce pédalier en béton de surcroît mal fichu, ses mains s’accrochaient à ce grand volant animé d’un incessant mouvement pendulaire commandant une direction floue. Ce qui pourrait sembler être du malheur n’était que du bonheur pour un Porschiste ! Vous nous direz, ce ne sont que des images, des bruits, des sensations, des sentiments saupoudrées à la nostalgie de papa.
Mais, les chiffres sont là. Pas ridicules de nos jours où la RS avoue un rapport poids puissance fort actuel de 4,7 kg/ch et formidables en 1973 surtout pour un moteur de 2,7 litres seulement. 245 km/h en pointe mais surtout 25,5 secondes aux 100 mètres et le zéro à 100 en 5,6 secondes et de belles relances à condition de monter l’aiguille rouge du grand compte-tours central noir sur le chiffre blanc 7000 ! Un régime ou le six cylindres hurlait à pleins poumons.

En 1974, Porsche extrapola une version 3 litres de la Carrera RS. Beaucoup plus chère car destinée uniquement à la compétition, elle bénéficiait d’un moteur poussé à 3 litres de 230 ch et d’ailes élargies pour accueillir un train roulant plus généreux
En option, elle pouvait recevoir un autobloquant et une caisse allégée d’une centaine de kilos (960) grâce à l’utilisation du polyester et de tôles plus minces, insonorisation inexistante et la suppression de quelques accessoires.
Esthétiquement, outre ses ailes arrières plus charnues amorçant sa célèbre silhouette callipyge, elle se reconnaissait à son bouclier-spoiler avant plus généreux et son fameux appendice aérodynamique arrière qui fut baptisé « queue de canard » chargé d’améliorer l’appui à grande vitesse de ce véhicule dont c’était le talon d’achille.
Pratiquement tous les possesseurs de 911 2 à 2,4 litres en équipèrent leur Porsche en faisant la fortune de certains spécialistes de la marque du midi de la France. Non seulement, ils rajeunissaient leur voiture et surtout ils la faisaient ressembler à une 2,7 litres devenue mythique en peu de temps.

Le célèbre flat six refroidi par air monté en porte à faux et alimenté par injection avait vu sa cylindrée grimper de 2, 4 l à 2,7 l et sa puissance de 190 à 210 ch
La Carrera RS fit beaucoup mieux puisqu’elle brigua la première place au scratch notamment aux 24 Heures de Daytona 1973.
Dès 1974, la RS extrapolée en 3 litres fut d’ailleurs une machine imbattable en course avant les Groupes B jusqu’aux débuts des années 80 autant sur la piste qu’en rallye s’adjugeant d’ailleurs celui de Monte Carlo.
Le prix très élevé de la RS 2,7 litres ( 83.000 francs 1973 autour de 100.000 € 2006) supérieur de 20% à celui de la S limita tout de même sa clientèle mondiale à 1.590 fanatiques qui l’acquirent fréquemment en version Touring plus lourde d’une centaine de kilos qui ne changeait pas grand chose, hormis l’ambiance, pour rouler sur la route de tous les jours où la vitesse était encore libre.

La 2,7 RS était proposée en deux types de finition. La Touring plus lourde de 70 kilos avait conservé celle moins spartiate de la 2,4 l S
Mais, elle se vendit mal victime de la crise énergétique et certainement de son esthétique identique à celle de la 2,7 de série alors qu’avec ses appendices aérodynamiques, sa silhouette plus légère et plus agressive à la fois, ses coloris souvent voyants la RS faisait songer à une vraie voiture de course.
C’est ce qui explique que les vraies RS1973 se vendent actuellement autour de 80/90.000 euros soit trois fois le prix de celles de 1974.et qu’on compte beaucoup de fausses 2,7 RS réalisée à partir de vraies 2,4 litres S ainsi que des vraies Touring retransformées en fausse caisse légère.
Voici pourquoi, c’est un modèle répertorié, cloné, imité et surtout adulé par les Porschistes en particulier et tous les amateurs d’automobile en général.