Historique : Quoi de huit ?
Sous la pression des constructeurs effrayés par les coûts grandissants de cette manifestation, le Salon de l’Automobile de Paris est désormais biennal. Pas grand-chose de neuf au salon en cette année 1978 car les présentations des nouveaux modèles ne sont plus liées à cet événement comme naguère mais s’égrainent au fil des mois. Beaucoup de premières de ce 65ème salon de l’automobile 1978 ont vu le jour au cours de l’année.

On ne peut pas dire que la Visa aux formes molles avait une esthétique réussie
Dans les milieux autorisés comme dit Coluche, on évoque beaucoup la boulimie de Peugeot à la Porte de Versailles. Après avoir acquis Citroën il y a presque quatre ans, le constructeur sochalien vient de racheter Chrysler-Simca. Cet achat très commenté qui en fait le premier constructeur européen, se soldera par un dangereux revers qui entraînera la marque au lion dans des lendemains laborieux. Mais, comme on dit, c’est une autre histoire.
C’est ce qui explique que la nouvelle Citroën Visa soit, en fait, une Peugeot 104 rhabillée à la sauce du double chevron. Mal rhabillé serait le terme exact car la Visa n’est pas très excitante avec sa silhouette lourde et molle affublée d’un groin inélégant. Une voiture de crise étudiée dans l’urgence qui mettra longtemps à s’imposer grâce à un restylage. La nouveauté chez Renault s’appelle R18 qui succède à la R12. Fausse nouveauté puisque cette vaste berline moyenne à vu le jour quelques mois plus tôt. Pas mal dessiné, flatteuse pour sa cylindrée (1.400 cm3) la R18 fera une jolie carrière que ne connaîtra pas sa sœur la Renault 14 dont la gamme s’élargit à l’aide de motorisations plus ambitieuses.
Chez Simca qui va bientôt changer de nom au profit de Talbot récupéré dans la corbeille de mariage, l’Horizon souffle sa première bougie en célébrant son prix mérité de Voiture de l’Année. Las, sa réussite méritée va se faire au détriment de sa sœur ainée la 1308 qui fête son troisième anniversaire. Berline compacte à 5 portes, l’Horizon rentre en concurrence directe avec la Peugeot 305 lancée fin 1977. Grâce à ses formes classiques à trois volumes élégantes et cossues, ce modèle séduit la fidèle clientèle de la 204 et 304 qui continue sa carrière.

La silhouette originale de la Ritmo ne fera pas l’unanimité auprès de la clientèle Fiat.
La percée du moteur diesel se perçoit de jour en jour. Si Peugeot attendra Genève 1979 pour dévoiler sa 604 Turbo diesel, une première en Europe car Mercedes ne le propose que sur sa 300 SD vendue uniquement aux USA, tous les constructeurs y viennent peu à peu. Citroën sur sa CX 2500 qui fait un tabac, Renault sur sa R20, VW sur l’innovante Golf 1600 puis la Passat, Audi en 5 cylindres sur sa 100, Volvo en six sur sa 244 D, Oldsmobile en huit sur sa Delta 88, Opel sur son Ascona et Fiat sur sa 131.
Justement restons chez Fiat qui dévoile sa Ritmo. Cette traction avant dérivée de la 128 concurrente de la Golf dont le succès en Europe ne cesse de croître se singularise par sa silhouette très originale. Si elle ne manque pas d’atouts proposés à un tarif très compétitif, sa carrosserie choquera la clientèle déroutée par ses poignées de formes rondes, son bouclier-calandre aux yeux enfoncés, le curieux dessin de ses enjoliveurs et son aménagement intérieur. Fiat sera contraint de revenir à des standards stylistiques plus consensuels sur la phase 2.
Déjà à l’horizon s’agite le spectre du deuxième choc pétrolier qui va faire grimper le prix du baril à près de 40 dollars et le prix du super à 3 francs. Un sondage effectué auprès des usagers apprend que si le litre d’essence atteint ce prix là, la moitié des automobilistes laisseront leur véhicule au garage...On sait ce qu’il est.

