Les scooters jugés dangereux
Par Philippe LACROIX le 25 septembre 2007
AXA Prévention présente, à la veille du Mondial du deux-roues, les résultats d’une vaste enquête TNS Sofrès sur les deux-roues.
L’émergence des scooters s’apparente à un véritable phénomène : simples à utiliser, astucieux, les scooters séduisent toujours plus. Ils constituent désormais 23% du parc moto français. Chez AXA France, 20 % des affaires nouvelles concernent un scooter et 40% des souscriptions sont des 125cm3.
Cette enquête laisse apparaître clairement que les scooters constituent une catégorie à part entière d’usagers de la route.
L’incompréhension avec les autres usagers est une réalité. La « grande famille des motards » ne reconnaît pas les conducteurs de scooters comme faisant partie des siens et, tout comme les automobilistes, juge souvent leur comportement en contradiction avec leur conception du partage de la route.
Qui sont ces conducteurs de scooters toujours plus nombreux ? Comment se comportent-ils sur la route ? Quelles sont les raisons de cette incompréhension ?
L’enquête menée par AXA Prévention permet de dresser un portrait robot du conducteur de scooter : c’est un homme (à 86%), il a en moyenne 46 ans, il est également automobiliste (92 % d’entre eux sont aussi conducteur principal d’une voiture) et il conduit un 125 cm3 (73% des scooters).
C’est souvent un cadre moyen (23 % contre 15% chez les automobilistes) et il utilise son scooter pour se rendre au travail (72 % des scooters sont principalement utilisés pour ce type de trajet). En effet, contrairement à la moto -dont la pratique reste liée à la passion- l’acquisition d’un scooter revêt un intérêt pratique.
Devenu incontournable dans les villes et principalement dans les grosses agglomérations, 55% des conducteurs de scooters l’ont principalement choisi pour fuir les embouteillages et 16% pour éviter les transports en commun. Enfin, faire des économies est la motivation principale de 14% d’entre eux.
Le conducteur de scooter vit principalement en région parisienne (34% des scooters dans cette région contre 16% des motos) ou en région méditerranée (31% des scooters contre 13% des motos). Ces deux régions, on le voit, rassemblent à elles seules près des deux tiers des scooters.
Les résultats de l’enquête montrent que les conducteurs de scooters sont perçus comme ayant une conduite plus dangereuse. Un résultat corroboré par les données du portefeuille AXA France, les scooters ayant 2,5 fois plus d’accidents que la moyenne des deux-roues. Ceci est dû en partie à un manque de formation. Généralement titulaires du seul permis B (auto), les conducteurs de scooters maîtrisent moins bien la conduite particulière d’un deux-roues.
57% des automobilistes déclarent que les conducteurs de scooters ont la conduite la plus dangereuse (19% d’entre eux pensent que ce sont les motards les plus dangereux). Les motards dressent un constat identique : ils sont 58% à juger les conducteurs de scooters comme les plus dangereux.
23% des propriétaires de scooters reconnaissent eux-mêmes être dangereux (quand seulement 6% des motards affirment cette opinion). D’ailleurs, ils envisagent plus que les motards d’adopter des mesures de prévention à destination des 2 roues (45% contre 29%).
62% des motards pensent même nécessaire d’instaurer une meilleure formation pour les conducteurs de 125 cm3 titulaires du seul permis B.
L’utilisation quotidienne dans un milieu urbain et un kilométrage élevé seraient donc une cause majeure de l’accidentologie des scooters.
Plus de 2 automobilistes sur 3 estiment que la compréhension avec les 2 roues est mauvaise. Si les motards et les scooters sont 1 sur 2 à être satisfaits de l’entente avec les automobilistes (respectivement à 48% et 54%), ces derniers sont plus réservés : moins d’1 sur 3 estiment que l’entente avec les deux-roues est bonne.
De façon générale, la conduite du deux-roues inquiète quand elle concerne un proche. Ainsi, 59% des automobilistes se déclarent opposés à la pratique du deux-roues pour leur conjoint et 57% pour leur enfant majeur.
Pour de nombreux usagers, la concentration du nombre de deux-roues dans les grandes agglomérations entraîne une hausse de l’insécurité routière : 63% des automobilistes estiment que le nombre croissant de deux-roues augmente l’insécurité (32% pour les deux- roues). Ils sont 61% à juger que cela a une incidence sur la tension entre usagers.
Une fois de plus, l’opinion est partagée entre les conducteurs de deux-roues : 41% des conducteurs de scooters estiment que les deux-roues augmentent l’insécurité; alors que seuls 29% des motards partagent cette opinion.
Néanmoins, la défiance à l’égard des scooters relève sans doute davantage de l’incompréhension que de l’animosité : la quasi-totalité des automobilistes (90%) laisse le passage aux deux-roues lors des remontées de file.
Près de la moitié des automobilistes estime que le plus grand danger vient du manque de visibilité des scooters et un tiers d’entre eux préconise notamment le port d’un gilet réfléchissant.
