Le Barcelone-Dakar 2005
Volkswagen alignera 4 Race-Touareg au Dakar (3/6)
Par Philippe LACROIX le 27 décembre 2004
Après avoir soumis le Race-Touareg à un programme d’essais et de développement corsé, Volkswagen s’attaquera au rallye Dakar 2005 avec une formation performante constituée de quatre pilotes de pointe internationaux et de deux nouveaux partenaires tout aussi performants.
En plus des trois anciens vainqueurs du Dakar déjà sous contrat – Juha Kankkunen, Jutta Kleinschmidt et Bruno Saby –, un autre pilote de renom a été engagé : l’Américain Robby Gordon, qui dispose d’une grande expérience de courses tant tout terrain que sur circuit.
Outre Red Bull et LuK, Volkswagen a séduit avec O2 et Castrol deux partenaires performants qui soutiendront son engagement en rallye-raid au cours de la saison 2005.
C'est avec l’équipe la plus forte depuis le début de son engagement en rallye-raid que Volkswagen s’élancera sur le Dakar 2005. La nouvelle recrue, Robby Gordon, apporte au profil des pilotes de la marque une expérience très riche. Bien qu’étant avec 35 ans le plus jeune des pilotes officiels Volkswagen, le pilote professionnel né en Californie jouit d’une grande renommée dans plusieurs séries de courses de haut niveau. Pas moins de six titres remportés dans la série offroad de son pays, SCORE, montrent que l’Américain est un vrai spécialiste du tout terrain.
Parallèlement, ce pro du volant s’est imposé depuis 1990 dans la série IMSA réservée aux voitures de sport, s’est adjugé quatre victoires de catégorie successives aux 24 Heures de Daytona, a pris son premier départ dans la série NASCAR en 1991 pour débuter un an plus tard dans la série ChampCar, avec deux victoires à la clé. Et jusqu’à aujourd’hui, il est resté fidèle à la «Baja 1000», l’épreuve tout terrain sans doute la plus célèbre en Amérique, qu’il a remportée à deux reprises. Son co-pilote sera l'Allemand Dirk von Zitzewitz, 36 ans, qui a à son actif cinq participations sur le Dakar, dont trois à moto.
Après ses débuts pour Volkswagen au UAE Desert Challenge, Juha Kankkunen, vainqueur du Dakar 1988, prendra le départ de l’épreuve reine des rallyes tout terrain au volant du Race-Touareg avec son copilote et compatriote finlandais Juha Repo. Jutta Kleinschmidt, championne du Dakar 2001, partagera le cockpit de son prototype avec sa navigatrice Fabrizia Pons. Le tandem germano-italien a décroché en août dernier le premier podium pour le Race-Touareg en se classant troisième du Rallye d’Orient.
Enfin, Bruno Saby et son compatriote français Michel Périn viennent compléter le nouveau quatuor. Saby, victorieux au Dakar 1993, et Périn qui a gagné la classique des sables trois fois de suite entre 1994 et 1996 dans le baquet de droite de la Citroën de Pierre Lartigue, ont pour la première fois mené un rallye avec le Race-Touareg en Turquie, au mois d’août dernier.

Bruno Saby
Après la première réussie au rallye Dakar 2004, la sixième place au général de Bruno Saby et une victoire d’étape de Jutta Kleinschmidt, VW n’a cessé de faire évoluer le Race-Touareg. La novation la plus importante concerne le moteur TDI dont la cylindrée du cinq cylindres en ligne, monté en position longitudinale en arrière de l’essieu avant, a été portée de 2,3 à 2,5 litres, la puissance du turbodiesel passant par là même de 238 ch à 260 ch.
Pour répartir de manière optimale le couple moteur de plus de 500 Newtons-mètres, VW a fait profiter la transmission intégrale permanente du Race-Touareg de nouvelles solutions.
Lors de trois manches de la Coupe du Monde FIA des Rallyes tout terrain et six essais, l’équipe des techniciens dirigée par Eduard Weidl a testé, dans les conditions extérieures les plus diverses, différents réglages du châssis, de nouveaux composants ainsi que des détails destinés à faciliter l’entretien et à améliorer confort et commande.
Avec 16 spéciales chronométrées disputées sur 5.431 kilomètres et une distance totale de 8.956 kilomètres, le rallye Dakar lance à l’équipe officielle Volkswagen et à ses rivaux l’un des plus grands défis des sports mécaniques. La distance chronométrée correspond à peu près à la somme de tous les kilomètres parcourus en course tout au long d’une saison de Formule 1.
En même temps, différentes nouveautés rendront le Dakar 2005 encore plus palpitant et en même temps plus sûr. Ainsi, l’emploi de tout système de dégonflage/gonflage automatique est désormais interdit. Pour accroître la surface d’appui et, par là, la traction sur un sol particulièrement mou, les pilotes devront régler la pression de gonflage manuellement sur la valve des pneus.
«Les pilotes qui, d’emblée, ont bien apprécié la pression ou bien compensent la traction réduite par leur talent de pilotage, seront donc récompensés», Bruno Saby se montre satisfait de cette mesure. De plus, l’utilisation d’un pneu unique de BFGoodrich est obligatoire dès 2005. «Nous avons déjà simulé les deux contraintes lors de l’UAE Desert Challenge et l’expérience a été bonne», se réjouit Jutta Kleinschmidt, qui a terminé la sixième manche de la Coupe du Monde sans jamais s’enliser dans le sable mou du désert arabe.
Deux étapes marathon disputées chacune sur deux jours entrecoupées par un bivouac avec parc fermé interdiront toute intervention sur les véhicules par les équipes d’assistance. Après ravitaillement, les voitures seront placées en parc fermé. «Cela place les qualités d’endurance au premier plan. La voiture doit être absolument fiable, le pilote et le copilote sont laissés à eux-mêmes», Robby Gordon est plein d’espoir pour son premier Dakar.
L’Américain sait de quelles contraintes il parle : en 1989, il est sorti vainqueur au scratch de la «Baja 1000» après une épopée en solitaire sur 16 h 15 mn, sans copilote. Le système «Sentinel» déjà mis à l’épreuve pendant la saison 2004 vient compléter le bouquet des nouveautés.
Cet avertisseur sonore et lumineux permet de prévenir un concurrent sur le point d’être rattrapé par un adversaire qu’il a peut-être du mal à voir dans la poussière soulevée par son propre véhicule. «Cela facilite les dépassements surtout dans des passages étroits. Les manoeuvres risquées appartiennent ainsi au passé et l’égalité des chances s’accroît», explique le quadruple champion du monde des rallyes Juha Kankkunen.
Après avoir doublé le nombre de véhicules en course, passant de deux au rallye Dakar 2004 à quatre en janvier 2005, la logistique a été étoffée en conséquence. VW entamera le parcours de 9 000 kilomètres jusqu’à Dakar avec une équipe comptant plus de 60 membres, dirigeants et pilotes compris. Pour soutenir directement les pilotes officiels, deux camions sont inscrits en course dans la catégorie camions et, donc, autorisés à assurer une assistance directe pendant les spéciales. Pour le transport de bivouac en bivouac, les membres de l’équipe Volkswagen Motorsport, dont aussi un médecin et un physiothérapeute, se fient à neuf Touareg proches de la série qui ont déjà fait d’excellentes preuves lors des épreuves précédentes. De plus, la caravane VW comprend sept camions de différents types pour le transport du matériel, de l’équipement et d’autres moyens techniques.
Après un dernier test de deux semaines au Maroc et les ultimes préparatifs à Hanovre, l’équipe officielle de Volkswagen autour de son directeur sportif Kris Nissen sera fin prête pour prendre le départ de la 27ème édition du Dakar. Le 27 décembre, toute l’équipe partira de Wolfsburg pour Barcelone où, après les vérifications techniques des véhicules, le rallye Dakar commencera par le prologue traditionnel.



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