Essais de Porsche en milieu naturel…Sur circuit !
Par Renaud LACROIX le 10 juillet 2008
Webcarcenter ne pouvait laisser passer les 60 ans de Porsche sans les fêter dignement, comme il se doit. C’est pourquoi nous avons confié cet essai aux pilotes de l’équipe de karting C Ki ? Motorsports, sponsorisés depuis plusieurs années dans les championnats d’endurance par Webcarcenter.com, votre référence automobile favorite. Les trois mousquetaires ont donc enfilé casques et gants pour se mettre derrière le volant d’une 996 puis d’une Cayman S du team JB Emeric à l’occasion d’un stage de pilotage sur le circuit très technique du Grand Sambuc, près d’Aix-en-Provence.

Une ambiance bucolique, conviviale et sportive sur le circuit du Grand Sambuc
Les orages n’auront pas épargné cette fin de printemps dans le Sud de la France. Mais pour ce week-end très particulier, le soleil est au rendez-vous et presque aucun nuage ne viendra se placer entre lui et le circuit du Sambuc. Située près d’Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, cette piste accueille depuis des années des stages de pilotage et des amateurs venus courir avec leurs propres véhicules.
Comme 2008 marque les 60 ans d’existence de Porsche, Webcarcenter a profité de l’occasion pour réaliser un double essai exclusif avec ses trois pilotes officiels de l’équipe de karting C Ki ? Motorsports. Courant depuis plusieurs années dans les championnats d’endurance amateurs de la région et arborant depuis toujours les t-shirts blancs immaculés marqués du logo de votre site internet favori, Jean-Philippe, Fabrice et Renaud ont comme cela récolté pas moins de 5 victoires et 31 top 5. Mais comme il fallait bien passer un jour à un niveau supérieur, les jeunes mousquetaires ont donc troqué les baquets durs des karts contre les sièges plus confortables et les suspensions d’une Porsche 996 et d’une Cayman S.

Jean-Baptiste Emeric, pilote et moniteur, devant les caméras de télévision
L’essai se déroule comme un stage de pilotage classique, au milieu de tous les pilotes d’un jour venus se faire plaisir sur la piste du Grand Sambuc. Sous l’œil vigilant de Jean-Baptiste Emeric, dont la carrière en sport automobile a débuté il y a plus de 20 ans, les ''élèves'' commencent la journée par un cours théorique dispensé par un moniteur chevronné qui mêle humour et conseils basiques afin que personne, pas même les moins rassurés, ne se sente mal à l’aise face aux notions de contre-braquage, mise en appui ou survirage. Même nos trois pilotes écoutent attentivement car en-dehors du karting, leur expérience des circuits reste finalement assez limitée. Comme souvent en sport automobile, la modestie est la première marche vers le succès et la reconnaissance des ses pairs.
Le Grand-Sambuc a beau être court, il reste un tracé technique et très vallonné dont la moitié des virages s’aborde à l’aveugle. La ligne droite des stands, en cuvette, forme un léger coude à droite juste à l’amorce de la zone de freinage pour la première chicane. Cette difficulté, d’entrée de jeu, permettra notamment de jauger le freinage et la stabilité de la voiture. Après l’épingle, on enchaîne deux S en devers dans lesquels on entre sans voir le point de corde. Le virage à droite suivant est au sommet d’une bosse et se passe en pleine accélération, donnant l’occasion de pousser la voiture jusqu’à la limite du survirage. Il débouche immédiatement sur un autre droite dans un creux qui donne l’élan pour un léger gauche et la ligne des stands à nouveau.
Une fois les grandes lignes mémorisées, il ne reste plus qu’aux ''stagiaires'' à enfiler les casques pour deux tours de reconnaissance avec le moniteur au volant. Puis ils échangeront les places, le moniteur étant toujours présent pour surveiller et conseiller l’apprenti-pilote.

Fin de test à bord de la Porsche 996
La première Porsche à passer le test est la 996. Produite de 1998 à 2001, elle bénéficie de l’excellent ''flat-six'' de 3,4 litres et de ses 300 chevaux. Elle monte à 7.300 tr/min, avale le 0 à 100 en 5,5 secondes et le 0 à 200 en 19,4 secondes. Autant dire qu’on est très loin des 125 cm3 deux temps ou des 270 cm3 quatre temps dont a l’habitude l’équipe C Ki ? Motorsports.
Les premiers tours de piste servent à prendre en main la voiture et reconnaître le circuit. Les suivants sont dédiés à l’attaque pure. Il apparaît immédiatement que la 996 est beaucoup trop souple pour faire du circuit. ''Quand on arrive au premier freinage, il faut être complètement sorti du léger virage à droite après les stands.'' explique Fabrice. ''Si on n’a pas remis les roues droites et qu’on commence à appuyer sur le frein, on sent immédiatement le roulis sur le train arrière et la voiture qui tangue de droite à gauche. Les suspensions sont très souples et conviennent plus à des promenades sur routes. Là, on dirait que quelque chose se ballade à l’arrière''
Les performances de la Porsche 996 ne souffrent, elles, d’aucune critique. L’accélération est puissante sans être brusque et le couple ne manque pas. La boîte Tiptronic 6 vitesses a quant à elle du mal à s’accommoder au circuit très court dont les sorties de courbe se font parfois en montée et demanderaient une descente d’un rapport supplémentaire plus rapidement.

De la monoplace à la Ferrari 360 Modena en passant par la Camaro et la 106 Rallye
Renaud, le plus jeune de l’équipe, prend à son tour le volant pour tenter de faire aussi bien, voire mieux, que son prédécesseur. ''La 996 fait à peine plus d’une tonne et 400 kg. Ca fait un excellent rapport poids/puissance qui lui confère une agilité et une maniabilité jouissive. La position du moteur est plus problématique. Comme il est en porte-à-faux arrière, il faut bien travailler sur le volant lors des gros freinages pour garder la voiture en équilibre. C’est un jeu d’adresse et, arrivé sur le virage au sommet de la bosse, au fond du circuit, j’ai bien cru que j’allais perdre l’arrière pour de bon.''
Le troisième larron ne fait pas non plus dans la demi-mesure et Jean-Philippe cherchera lui aussi à exploiter le potentiel de sa voiture au maximum en gardant la tête froide. ''Le freinage est exceptionnel. Porsche ne vole pas sa réputation. Il faut quand même rester prudent et ne pas taper dedans comme un âne : ce n’est pas une voiture de course, elle a été conçue pour la route avant tout. Les propriétaires de ces voitures doivent en prendre soin comme ils le font ici sur le circuit, surtout s’ils aiment attaquer de temps en temps. Plaquettes, liquide de frein, il faut tout vérifier régulièrement et ne jamais oublier que, pilote ou pas, la sécurité doit primer sur tout en automobile.''
Après ces premières sessions, tous les ''stagiaires'' se retrouvent au bord du circuit pour partager leurs sensations et prendre en photo les bolides. Frappées des couleurs de ''JB Emeric'', on trouve toute une gamme de sportives jaune et bleues qui courent tous les week-ends au Grand Sambuc, comme la 106 Rallye, la Formule Renault ou la très remarquée Ferrari 360 Modena.

La Porsche Cayman S offre des sensations extraordinaires
Après une pause restauration, la deuxième partie de l’essai commence et c’est maintenant au tour de la Cayman S de prouver sa valeur. Plus récente, elle est commercialisée depuis 2005 mais bénéficie de la même motorisation que la 996, à savoir un six cylindres à plat de 3,4 litres. Mais la Cayman S ne développe ''que'' 295 chevaux au lieu des 300 de son aînée. Plus courte de 9 cm avec ses 4,34 m et plus légère de 65 kg, elle atteint les 100 km/h en 5''4. La boîte de vitesse est cette fois-ci manuelle à 6 rapports.
Dès les premières boucles, la différence se fait sentir : la Cayman S est beaucoup plus stable, que ce soit au freinage ou en courbe. ''C’est beaucoup plus sécurisant.'' annonce Renaud. ''Elle est plus permissive au freinage, elle demande moins d’effort pour la tenir droite. Une fois inscrite en courbe, l’arrière ne menace pas de partir. On peut enfoncer la pédale de gaz sans souci avant de sortir des grands virages, c’est comme sur des rails.'' Fabrice ajoute : ''Moteur en position centrale arrière et suspensions plus fermes, ça aide. Et l’option qui permet de durcir les suspensions grâce à un bouton sur le tableau de bord n’est pas là pour décorer, elle ajoute encore du plaisir.''
Cette option, c’est le Porsche Active Suspension Management (PASM) qui donne un aspect plus sportif à la voiture, si cela était possible. Sur la piste, la Porsche Cayman S conduite par les coéquipiers du C Ki ? Motorsports se distingue. Il n’est évidemment pas question de faire la course avec les autres apprentis-pilotes mais on ne se refuse pas quelques beaux dépassements, avec toujours bien sûr la bénédiction du moniteur qui accompagne chaque stagiaire. Ainsi, les deux BMW M3 noires de particuliers qui impressionnaient le public sont rapidement avalées à l’extérieur avant la première chicane. Même punition pour les Golf GTI et la Clio RS. Au final, c’est bien les Porsche qui auront donné les plus belles démonstrations d’agilité et de vitesse.

Le plein de bonne humeur et d’adrénaline avec JB Emeric au Grand Sambuc
La boîte manuelle de la Cayman S a elle aussi su convaincre les pilotes, comme le souligne Jean-Philippe : ''Bien sûr on n’utilise pas les six vitesses. Le circuit est bien trop court pour ça mais on teste le principal, c’est-à-dire la seconde et la troisième. On ne passe la quatre que dans la ligne droite. Comparée à la Tiptronic, on est toujours sur le bon rapport et on améliore la réactivité. Comme il n’y a pas beaucoup de changements à effectuer, c’est mieux ainsi.''
Au final, s’il y avait eu un duel, la Cayman S l’aurait emporté. Plus récente, plus stable, plus ferme, elle est résolument orientée course même si elle reste une voiture de route.
Tous les stages de pilotages se terminent par la remise de diplômes au nom du stagiaire qui peut garder un souvenir de son passage sur le Grand Sambuc. Outre les stages de pilotages, il existe aussi des formules plus simples comme les baptêmes qui permettent de monter à bord de ces bolides pour un faible coût. Les stages durent souvent une demi-journée ou une journée complète et vont de 50 à 500 €, la sécurité sur la piste et l’encadrement étant compris. Tout cela permet de se faire plaisir sans forcément rechercher la vitesse et surtout, le temps de quelques tours, de rêver.