Pôle Véhicule du Futur
La voiture qui conduit toute seule de MIAM (5/6)
Par Renaud LACROIX le 01 décembre 2006
Le laboratoire de Modélisation et d'Identification en Automatique et Mécanique (MIPS) réunit 25 enseignants-chercheurs et 20 doctorants sur le site de l'Université de Haute-Alsace à Mulhouse. Cinq groupes de recherche travaillent sur 5 projets différents avec une thématique commune : les structures et machines intelligentes.

Un ordinateur pour analyser les trajectoires
L'un de ces projets est directement applicable à l'automobile puisqu'il s'agit du développement de systèmes d'aide à la conduite. La Modélisation et l'Identification en Automatique et Mécanique (MIAM) permet l'analyse d'une situation donnée sur la route et éventuellement une correction de trajectoire si le conducteur ne réagit pas ou réagit mal.
Le MIPS travaille avec plusieurs prototypes de voitures sur lesquelles sont greffés des dispositifs embarqués. Le plus impressionnant d'entre eux est relié à un GPS qui donne la nature du prochain virage afin que le système ajuste la vitesse du véhicule en conséquence. Il peut aussi détecter la présence d'une autre voiture, d'un vélo ou d'un piéton sur la route en pleine nuit et orienter automatiquement les phares vers lui.
De plus, contrairement à l'ESP par exemple, le MIAM ne se contente pas de gérer l'aspect longitudinal (comme le freinage) mais inclue aussi l'aspect transversal du comportement du véhicule. Pour éviter un obstacle détecté par les capteurs, le système embarqué va braquer les roues tout en évitant un dérapage.

Beaucoup d'électroniques embarqués pour tout contrôler
Pour tester les dispositifs de calcul de trajectoire par GPS, une comparaison a été effectuée sur une piste fermée entre l'un des prototypes du MIAM et un pilote essayeur. Les résultats sont étonnants : les deux trajectoires sont quasiment confondues ! Il faut préciser que le GPS donne une précision qui varie de 5 mm à 2 cm seulement !
Le laboratoire s'applique aussi à modéliser le comportement des conducteurs avec une paire de lunettes pour le moins originales. En effet, celles-ci sont truffées de capteurs qui repèrent la position de la pupille et permettent de dire en temps réel ce que regarde l'utilisateur.
On peut ainsi rapidement évaluer ce qui fait la différence entre un « jeune conducteur » et un usager de la route expérimenté : alors que le premier se concentre sur son compteur de vitesse ou ses rétroviseurs, le second aborde le virage en scrutant l'endroit où il va ressortir et les dangers éventuels qu'il va devoir éviter. L'analyse qui en découle permet de reproduire les comportements avec une machine intelligente ou de développer les systèmes d'aides qui vont combler les lacunes du conducteur.
L'automobile n'est toutefois pas le seul secteur visé par les travaux du MIPS puisqu'ils intéressent majoritairement les aéroports pour la gestion des avions, notamment par mauvais temps.
Reste à savoir maintenant si le conducteur d'automobile lambda va accepter que son véhicule décide à sa place de braquer où de diminuer sa vitesse dans une courbe, même si les prouesses technologiques de la machine égalent voire dépassent ses capacités d'humain.
