Les comportements au volant se dégradent …
le 10 avril 2008
AXA Prévention présente les résultats de son 4ème baromètre sur le comportement des français au volant. D’après les chiffres 2007 de la Sécurité Routière, les décès sur les routes sont en baisse pour la sixième année consécutive. Pourtant, ces chiffres révèlent une situation préoccupante puisque le nombre d’accidents est en hausse de 1,3% et celui des blessés de 2,4%.
Une situation paradoxale : les Français ont pleinement conscience des dangers sur les routes mais les comportement se dégradent
86% des conducteurs interrogés estiment qu’il est dangereux de répondre au téléphone en conduisant, mais … ils sont 30% à commettre cette imprudence.
Interrogés en 2004, les Français estimaient à 90% qu’il est dangereux de téléphoner en conduisant et 18% reconnaissaient avoir déjà commis cette infraction.
78% des personnes interrogées affirment qu’il est dangereux de prendre le volant après avoir bu. Or, 25% des conducteurs reconnaissent le faire, un chiffre en hausse par rapport aux précédents baromètres.
En effet, en 2004, les conducteurs interrogés sur une question voisine déclaraient à 14% prendre le volant après avoir bu 4 ou 5 verres de vin ou de bière.
Parce qu’ils estiment être davantage en sécurité en ville, les Français prennent plus de liberté avec le code de la route.
55 % des conducteurs jugent qu’il est dangereux de passer à l’orange, et pourtant 76 % reconnaissent le faire.
En 2004, ils étaient respectivement 63% et 71 %.
La vitesse excessive en agglomération est sans doute l’infraction pour laquelle les Français font preuve de la plus grande constance au fil des ans même si 68% en reconnaissent le danger.
Depuis 2004, près de 50% déclarent rouler à plus de 65 km/h en ville.
Les 18-29 ans sont 48% à répondre au téléphone en conduisant, suivis à 43% par les 30-39 ans.
A l’inverse, ils sont seulement 9% des plus de 69 ans et 14% des 55-69 ans à répondre au téléphone en conduisant.
Il est à noter que, toutes catégories d’âges confondues, cette infraction croît de manière très importante. De même, hommes et femmes pratiquent tout autant cette infraction : 30% des hommes et 29% des femmes.
Au cœur du débat actuel sur les conséquences dramatiques de l’alcool au volant chez les jeunes, cette question se révèle particulièrement intéressante.
« Seuls » 19% des 18-29 ans interrogés avouent prendre le volant après avoir bu plus de 2 verres, ce que reconnaissent 31% des 55-69 ans. Ainsi, conduire après avoir bu, notamment le week-end semble être une pratique peu reconnue par les jeunes.
36% des hommes reconnaissent avoir déjà pris ce risque alors que seuls 13% des femmes le déclarent.
Près de 80% des 18-39 ans ne s’arrêtent pas au feu orange. Les moins infractionnistes sont les 70 ans et plus (63%).
Alors que 73% des hommes et 79% des femmes ne s’arrêtent pas au feu orange, les femmes auraient-elles plus de difficultés que les hommes à considérer le feu orange comme un feu d’arrêt ?
C’est du côté des 30-39 ans que l’on respecte le moins les limitations de vitesse, puisque 60% d’entre eux reconnaissent cette infraction.
Les personnes âgées de 70 ans et plus sont les plus respectueuses des limitations de vitesse en ville; seules 38% d’entre elles adoptent une vitesse excessive.
Ce sont majoritairement les hommes qui roulent au-delà de la vitesse autorisée en ville : 52% des conducteurs interrogés, contre 44% des femmes.
1 conducteur sur 2 ne connaît pas la vitesse maximum autorisée sur route nationale par temps de pluie (80 km/h).
Près de 2 Français sur 3 ne savent pas quelle distance de sécurité ils doivent avoir avec la voiture qui les précède à 130 km/h.
79% des personnes interrogées déclarent posséder tous leurs points ; elles étaient 82% l’an dernier.
Seuls 4% des conducteurs ignorent le nombre de points dont ils disposent.
Devenu un vrai phénomène de société dans les grandes agglomérations, l’usage du vélo en ville apparaît très dangereux pour 90% des conducteurs interrogés. De plus, ces personnes estiment à 73% que les vélos ne respectent pas les règles de circulation.
A 94% ils aimeraient que le port du casque soit rendu obligatoire pour les enfants. Ce thème a d’ailleurs été abordé par le Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR) le 13 février dernier. Le CISR a conclu à une incitation au port du casque pour les moins de 11 ans.
De son côté, AXA Prévention, qui œuvre depuis des années pour le port du gilet réfléchissant, a déjà équipé de près 200.000 enfants.
La question n’avait pas encore été posée dans le baromètre. Les Français sont 43% à se déclarer favorables à une réduction générale de 10 km/h des limitations de vitesse afin de réduire les émissions de CO2 et la pollution liée à la circulation.
Les Français sont toujours aussi nombreux à reconnaître l’importance de la prévention : 95%. Selon les personnes interrogées, c’est principalement sur la sensibilisation aux effets de l’alcool et la prévention pour les jeunes au volant qu’il faut insister.
Les conducteurs sont de plus en plus nombreux à souhaiter l’amélioration de la prévention pour les poids lourds et les motards (les résultats de ces 2 catégories sont en hausse cette année). En revanche, bonne dernière du classement, l’incitation au respect des limitations de vitesse est attendue par seulement 17% des personnes, contre 21% dans le précédent baromètre.
Pour ce qui est de la sanction des infractions, les conducteurs sont de plus en plus laxistes. 28% aimeraient constater plus de souplesse (ils étaient 24% l’année précédente), 43% optent pour une situation inchangée (contre 40% auparavant) et surtout, alors qu’en 2006 les automobilistes étaient 35% à souhaiter davantage de rigueur, ils ne sont plus que 28% à prôner plus de sévérité.
La typologie AXA Prévention est une photographie instantanée des conducteurs français par profil : respectueux, légalistes, inconscients, affranchis … et fous du volant.
Une typologie de 5 catégories de conducteurs a été réalisée pour définir les principaux profils de conducteurs en fonction de leur comportement sur la route. « Légalistes » et « respectueux » représentent des catégories de bons conducteurs, conscients du danger et commettant peu voire pas d’infractions. « Affranchis », « fous du volant » ou « inconscients » représentent les conducteurs aux comportements potentiellement ou clairement avérés comme dangereux. Depuis 2004, l’évolution de ces profils est inquiétante. En effet, les « affranchis » et les « fous du volant » progressent significativement (respectivement +7% et +5%) au détriment des bons conducteurs (les « légalistes » et les « respectueux »). Seuls les « inconscients » restent stables.

