Après trois ans d'existence, la
Jazz subit quelques retouches esthétiques, mais surtout se dote d'une
remarquable boîte automatique. Présentant une modularité
exemplaire et une finition légendaire, Honda compte bien profiter
du courant Renault Modus pour doper ses ventes.
Philippe Lacroix le 14 octobre 2004
En
3,84 m la Honda Jazz voit grand à l'intérieur
Précurseur
du minispace, comme Toyota avec sa Yaris Verso entre autres, Honda entend
bien profiter de l'élan qui se dessine sur ce concept grâce
au tapage orchestré par Renault avec la sortie de sa Modus. Aussi,
le constructeur japonais saisit l'instant pour faire évoluer sa
Jazz par de nombreuses retouches esthétiques portant sur les boucliers
avant et arrière traités avec des courbes plus évasées
et galbées, le dessin des feux tandis qu'apparaissent des répétiteurs
de clignotants intégrés aux rétroviseurs de portières.
Le modèle 1.4 Graphite est livré de série
avec de nouvelles jantes en alliage de 15 pouces à 9 branches.
Incontestablement, le museau court, les passages de roue d'allure musclée
et évasée, marqués par un empattement long confèrent
à la Jazz un profil harmonieux et une tenue de route particulièrement
sûre. Pas étonnant qu'elle soit la voiture la plus vendue
au Japon, devançant la Toyota Corolla.
Un habitacle astucieux
Les
assises des sièges arrière peuvent aussi se rabattre à la
verticale pour accueillir des objets en hauteur
Le poste de conduite offre également une instrumentation
épurée et modernisée, dans laquelle apparaît
désormais un indicateur de température extérieure.
Les principaux instruments de bord s'allument automatiquement. Les trois
cadrans individuels, qui disposent d'un cadre argenté, s'obscurcissent
dès lors que le contact est coupé. Dès que la commande
d'ouverture de la portière est actionnée, ils s'illuminent
et l'éclairage s'accentue encore au moment où le contact
est mis, ceci grâce au rétro éclairage. Le traitement
des chiffres en blanc, des aiguilles et des cadres en rouge fluo facilite
la lecture des instruments.
Malgré ses 3,84 m de long seulement, l'habitacle
se montre vaste pour accueillir dans de bonnes conditions 5 passagers
et le coffre est loin d'être ridicule avec ses 380 litres minimum.
Evidemment comme tout monospace qui se respecte, même si la Jazz
appartient à la catégorie des minis, son agencement varie
avec la modularité des sièges et sa capacité de chargement
peut atteindre 1.321 litres.
L'idée intéressante réside dans
la possibilité de relever l'assise des sièges arrière
pour dégager de la place en hauteur et transporter des plantes
par exemple. Ces mêmes sièges peuvent être rabattus,
indépendamment, sans ôter les appuis-tête, pour former
un plancher plat. Le dossier du siège du passager avant s'incline
aussi à l'horizontale permettant le chargement d'objets longs.
Une boîte très
intelligente
Une
planche de bord parfaitement fonctionnelle
Sur le plan mécanique, l'atout majeur de la Jazz réside
dans l'adoption d'une transmission variable permanente commandée par une
boîte automatique ou séquentielle à 7 rapports. Cette technologie
est une option à 1.200 € prévue avec le moteur 1,4 litres développant
83 ch, mais son utilisation est si exceptionnelle de douceur, de progressivité
et d'intelligence qu'il serait dommage de s'en passer.
Un bouton "mode 7 rapports" situé sur
le volant, à droite, permet de passer du mode automatique au mode
séquentiel, et deux palettes derrière le volant commandent
alors la montée ou la descente des vitesses. Il peut également
se faire par impulsion du levier central. Un régal d'utilisation
et des capteurs font réagir la boîte en fonction de la déclivité
de la route et des virages. La Jazz connaît sa partition pour demeurer
ainsi dans la meilleure configuration d'utilisation de la boîte,
au bénéfice de la sécurité et de la consommation
qui ne dépasse pas 6 litres. Et tant pis (ou tant mieux) si la
vitesse de pointe plafonne à 160 km/h contre 170 km/h pour la version
à boîte mécanique.
Partout à l'aise
La
jazz adopte des nouveaux boucliers à l'avant et à l'arrière
En ville, la Jazz se fait apprécier par la souplesse
de sa direction, son diamètre de braquage de 4,7 m, sa facilité
d'utilisation par une bonne visibilité et sa peitte taille. Sur la route,
son confort se montre tout à fait honorable, le placement en courbe à
vive allure est impeccable, le freinage, avec ABS, constant, autant dire que la
voiture ne présente que des qualités.
Peu bruyante jusqu'à 120 km/h, le bruit du 1,4
litre CVT reste acceptable au-dessus et laisse encore entendre le système
audio de qualité, au demeurant très simple d'utilisation
avec affichage digital, dont les commandes sont placées sur le
volant à gauche.
A l'heure du choix, qui devient de plus en plus vaste
entre la Fiat Idea bon marché et la Mercedes Classe A assez chère,
en passant par la déjà célèbre Modus, la Honda
Jazz 1.4 CVT semble une solution astucieuse et raisonnable pour 16.000
€. A ce tarif, elle offre aussi un nouveau système d'air conditionné
entièrement automatique dont le design des commandes est parfaitement
assorti à celui de la radio. De chaque côté du cadran
d'affichage de la température et de la distribution de l'air, un
basculeur permet de régler à droite la température
et à gauche le débit de la ventilation.
A noter que la Jazz 1.2 Live est proposée en ouverture
de gamme à 12.950 € et deux nouvelles couleurs de carrosserie
sont désormais disponibles, bleu Sirius métallisé
et orange Vénus métallisé.