Le petit minispace est à la mode
et beaucoup de constructeurs s'engouffrent dans la brèche. Lancia
profite de l'occasion pour relooker la cousine Idea de Fiat et donner
naissance à la Musa, une véritable alternative à la
Mercedes Classe A.
Philippe Lacroix le 18 octobre 2004
Lancia Musa, c'est le charme et le bont goût
Lancia,
c'est le label chic du groupe Fiat, destiné à ceux qui
veulent rouler un peu différent, dans des voitures personnalisées, à la
finition plus soignée. Evidemment, ce supplément d'attention
proposé par le constructeur italien se paye, mais le surcoût
est justifié et l'exemple le plus palpable en est fourni avec
la Musa qui n'est autre qu'une Fiat Idea mise au goût et aux normes
Lancia. Ses tarifs sont juste 10 % supérieurs, mais d'un véhicule
courant tout en étant sympa, on en arrive à une petite
voiture qui respire la classe et le luxe.
Un charme indéniable
Sa
calandre identifie bien la Musa comme une Lancia
Sur le plan esthétique extérieur, la Musa
arbore la calandre emblématique Lancia sur un avant retravaillé pour
accueillir des phares en amande, tandis que l'arrière subit aussi
des retouches au niveau du hayon et des feux reprenant le style de l'Ypsilon.
Campée sur de superbes jantes en alliage, la Musa ne manque pas
d'allure.
L'habitacle est particulièrement chaleureux grâce à un
choix minutieux des matériaux et des couleurs qui incarnent les
valeurs de l'accueil et de l'hospitalité. Les stylistes ont travaillé sur
des contrastes et des harmonies jouant sur des tons chauds comme le
marron et l'ivoire par exemple. Les tissus ont un toucher agréable
et les cuirs sont doux, tandis que la planche de bord est habillée
d'un revêtement souple. Lancia a voulu recréer ainsi toute
l'authenticité de l'hospitalité italienne et l'intérieur
se présente comme un petit salon très convivial avec vue
sur le ciel pour les versions à double toit panoramique coulissant.
En revanche, la lisibilité de l'instrumentation, située
au centre sur la planche de bord, est médiocre pour le conducteur
et la commande des clignotants est située un peu loin du volant.
Elle joue les transformistes
Un
habitacle chaleureux et plein d'astuces
Le bien-être est accentué par la modularité des
sièges donnant 32 configurations possibles de l'agencement intérieur,
faisant évoluer le coffre par la même occasion de 320 litres à 1.420
litres. Les petits rangements ne manquent pas non plus, et comble du raffinement,
le sac à main « Musette » en cuir à la couleur de
la sellerie, disponible en accessoire, qui épouse l'emplacement de la
boîte à gants. Enfin, fin du fin, un kit d'élixir permet
de personnaliser l'ambiance olfactive de l'habitacle en diffusant le parfum
préféré de l'automobiliste.
La Musa propose encore un climatiseur
bi-zone pourvu de capteurs d'ensoleillement, permettant de réguler automatiquement,
par l'intermédiaire d'une
centrale électronique, la température et la diffusion de l'air
d'une façon différenciée à gauche ou à droite
de l'habitacle. Du côté du système audio, Lancia n'a pas
fait dans la demi-mesure avec une installation Hi-Fi de qualité ou en
option du Hifi Bose Sound offrant une sonorité limpide diffusée
par sept haut-parleurs.
Trois motorisations
modernes
Les
feux arrière rappellent le style de l'Ypsilon
Sous le capot de la Musa, pas de surprise puisque l'on retrouve
les mécaniques Fiat habituelles. A commencer par le fameux petit diesel
1.3 Multijet 16 soupapes développant 70 ch qui étale des performances
assez remarquables avec une vitesse de pointe frisant le 160 km/h, un 0 à 100
km/h atteint en 15,4 secondes et une consommation moyenne tournant autour de
5 litres. Il possède l'avantage d'un entretien réduit, sans besoin
du remplacement traditionnel de la courroie au bout de 80.000 km. Il n'a nul
besoin non plus de filtres à particules pour passer les normes Euro
4 relatives au respect de l'environnement.
Pour plus de vivacité, tout en restant diesel, le choix du 1.9 Multijet
de 100 ch est assez judicieux. La Musa se montre plus souple à conduire,
moins bruyante et presque aussi économe avec 5,5 litres au 100 km. La
vitesse de pointe frôle le 180 km/h et le 0 à 100 km/h se fait
en 11,5 secondes.
Et pour ceux qui demeurent fidèles à l'essence, le 1.4 Fire 16
soupapes de 95 ch se montre toujours aussi convaincant et convient bien à la
philosophie de la voiture. La vitesse de pointe ressort à 175 km/h,
le 0 à 100 km/h s'accroche en 11,5 secondes et la consommation moyenne
est évaluée à 6,6 litres.
Une boîte « Farniente »
Un
profil de petit monospace à la mode italienne
A l'instar de l'Ypsilon, la Musa bénéficie de
deux transmissions, une boîte mécanique à 5 rapports ou
une boîte robotisée à 5 rapports disponible avec les moteurs
1.4 essence et 1.3 diesel. Un système qui supprime la pédale
d'embrayage et comporte deux logiques de fonctionnement, semi-automatique avec
passage des vitesses par impulsion du levier situé sur la console centrale
et automatique où la gestion des rapports s'effectue selon deux modes,
Normal ou Economy. Le premier programme assure des reprises efficaces et le
second privilégie la consommation. Comme toutes les boîtes robotisées,
le confort de conduite est appréciable mais la lenteur des passages
des rapports est parfois préjudiciable au temps de réaction de
la voiture. Lancia qui a baptisé sa boîte robotisée « Dolce
Farniente System » a vu juste, même si ce n'était pas dans
cette optique, mais pour autant, elle se montre conforme à l'esprit
de sa Musa.
Longue de 3,99 m, large de 1,70 m et haute de 1,69 m, la Musa est une
voiture très polyvalente. Elle démontre un côté utile et
pratique indéniable, mais son air bon chic-bon genre en fait une voiture élitiste.
De plus la douceur de sa conduite avec sa direction assistée électrique
et sa tenue de route sont aussi remarquables.
Son prix évolue de 15.900 e à 19.900 €, comme quoi, le charme
a son prix en demeurant abordable. Et à l'heure où les performances
sont bannies, autant soigner son cadre de vie.
J'ai
aimé
je
n'ai pas aimé
Le
look Le
raffinement de l'habitacle Le
côté polyvalent La
facilité de conduite
La
lenteur de la boîte robotisée La
sonorité du petit diesel La
commandes des clignotants