Lancia Ypsilon B-Colore Grande classe pour la petite
A l'heure où le gris métal envahit nos rues, Lancia a ressorti sa palette de couleurs pour redonner un peu d'originalité à l'automobile. Et la petite Ypsilon a été mise à contribution avec bonheur, sa version B-colore est une oeuvre d'art.
Philippe LACROIX, le 30 avril 2005
Une Ypsilon bi-color dans la tradition Lancia
Il y a quelques décennies, il n'était pas rare de croiser des voitures à la carrosserie bi-colore, telle la Simca Versailles, puis plus près de nous la dernière série des 2 CV Citroën déguisée en Charleston. Il y a eu aussi les Austin Cooper et maintenant la Mini, façon BMW, avec une couleur de toit différente du reste de la voiture, mais Lancia a poussé le raffinement un peu plus loin en inventant de nouvelles couleurs spécifiques, en les mariant pour donner à son Ypsilon une allure très aristocrate et en forçant sur la bicolorisation puisque le hayon est dans la même teinte que le toit.
Fraise, vanille ou chocolat
Une petite voiture et une grande classe
Avec de belles jantes à rayons en alliage, l'effet est remarquable et les femmes ne seront pas seules à tomber sous le charme de cette version B-colore proposée en ivoire-rouge, ivoire-marron ou gris magnésium-marron. Incontestablement cette Ypsilon représente une vitrine du bon goût italien, d'autant que Lancia a également traité l'habitacle dans le même esprit en jouant avec les couleurs rappelant celle de la carrosserie. Bien évidemment, l'équipement est haut de gamme avec rétros électriques dégivrants, radio CD avec commandes au volant, celui-ci en cuir, climatisation, ordinateur de bord, tandis qu'un grand toit ouvrant en verre électrique et le GPS font parties des options.
Son aspect pratique n'est pas oublié avec une banquette arrière coulissante et rabattable en deux parties et l'éclairage du coffre, comme son aspect sécurité avec 4 airbags et les projecteurs antibrouillard, alors que le radar d'aide au stationnement reste en option.
95 ch essence ou 70 ch diesel
Une palette de trois assortiments de couleurs
Pour l'heure, deux motorisations ont été retenues pour animer l'Ypsilon B-colore, un 1,4 litre essence 16 soupapes développant 95 ch et le fameux 1,3 litre diesel multijet de 70 ch que l'on retrouve dans les groupes Fiat et General Motors. Ce dernier convient à ceux qui comptent rouler beaucoup en ville et jouer la carte économie, puisque sa consommation moyenne est évaluée à 4,6 litres de gazole au 100 km. Cependant, même si le diesel est à la mode avec sa valeur de revente intéressante, il ne correspond pas vraiment à la philosophie de la voiture qui se veut un peu sportive, confortable et classe. Son manque de brio, tout relatif d'ailleurs, et son bruit, même bien atténué, ne vont pas dans le sens d'un sex-appeal développé et revendiqué.
Vive ou paisible
Le toit et le hayon en continuité de couleur
En revanche, le moteur essence est bien adapté à la clientèle traditionnelle Lancia qui se veut élitiste, a fortiori pour la B-colore, et prête pour ce faire à y mettre le prix. Un prix d'ailleurs inférieur de 700 € par rapport au diesel pour 25 ch de plus, mais il accuse une consommation moyenne de 6,5 litres, ce qui n'est pas outrancier. L'énoncé des performances démontre la différence des tempéraments entre le diesel et l'essence avec respectivement 165 et 175 km/ en vitesse de pointe et surtout 15,1 et 10,9 secondes pour le 0 à 100 km/h. Il n'y a donc pas photo à ce niveau. Le supplément de poids de la motorisation diesel, d'une soixantaine de kilos, y est aussi pour quelque chose, ce qui fait que la B-colore essence est plus alerte dans les enchaînements de virages que sa soeur diesel. Pour autant, grâce à sa direction assistée électrique, on ne ressent jamais de lourdeur dans le volant de la version diesel.
Boîte mécanique ou « farniente »
Un toit de verre électrique en option
Sur le plan de la transmission, le choix est donné, pour les deux motorisations, entre une boîte mécanique à 5 rapports, plutôt bien étagés, et la même robotisée. La première est agréable à manier et permet une conduite sportive à l'occasion, tandis que la seconde offre l'intérêt de posséder le mode automatique tout en conservant le mode mécanique, en supprimant la pédale d'embrayage. Un avantage pour la ville et un confort supplémentaire, mais le passage des vitesses se montre parfois trop lent et pénalisant pour les reprises. Cest le défaut du système que l'on rencontre sur toutes les marques qui l'ont adopté, mais il est moins coûteux qu'une vraie boîte automatique, puiqu'il est facturé 700 € à peine.
Très chic mais abordable
Un intérieur rappelant les teintes de la carrosserie
Avec l'Ypsilon et la Musa, le petit monospace très chic, Lancia est en train de retrouver un nouveau souffle et ses ventes ont progressé de 55 % en France l'année dernière et 2005 semble évoluer sur les mêmes bases. Pour accompagner cette dynamique, la gamme Ypsilon a été repositionnée sur le plan tarifaire avec de nombreux avantages clients, en profitant de l'arrivée de la B-colore très remarquée et d'une campagne de presse tout aussi originale, sur le thème « Unis contre le moche ».
Ayant le leadership des petites bourgeoises « glamour » en Italie, l'Ypsilon pourrait bien mordre davantage dans ce créneau, hors de son pays d'origine, et contrer plus sérieusement les Mini ou autres VW Newbeetle. Hormis son charme, son prix est plus qu'attractif, 14.800 € pour la version essence et 15.500 € pour la version diesel.
J'ai aimé
Je n'ai pas aimé
Les couleurs proposées Le raffinement général La tenue de route Le prix
Le moteur diesel pas assez fringant La boîte robotisée