Fort d’un passé glorieux,
marqué par son héritage et sa notoriété,
le Range Rover de troisième génération a reçu
pour mission d’entretenir un standing de haut niveau, ainsi que
des capacités de franchissement hors du commun. Elégant,
racé, d’un profil esthétique qui n’est pas
sans rappeler la séduisante silhouette des premiers exemplaires,
le nouveau modèle confirme ses prétentions de 4x4 princier
et de chef de file de la production tout-terrain.
Jean-Pierre
Joyeux, le 26 novembre 2004
Le
Range montre toujours une fort belle allure
Vaisseau
amiral de la gamme Land Rover, ambassadeur d’un « British
way of life » qui se partage hardiment entre les mondanités
et les expéditions lointaines, ce héros des temps modernes
ne fait aucune concession à la médiocrité. D’un
point de vue technique, celui que l’on appelle désormais
le Range III est l’un des derniers hommages aux liens industriels
qui, pendant quelques années, ont uni le destin de Land Rover à celui
de BMW. Les deux motorisations qui figurent au catalogue, toutes deux
fondues dans un moule BMW, en attestent.
Un V8 de 282 ch
En premier lieu un V8, sans lequel il est évident
que le Range ne serait plus Range. Empruntée au X5, cette mécanique,
qui développe 282 ch pour une cylindrée de 4,4 litres,
donne au véhicule ses lettres de noblesse tout en respectant son
agrément et sa personnalité. Onctueux, malléable
et feutré, le Range V8 est en effet beaucoup plus majestueux que
vigoureux. Par ailleurs, la puissance débonnaire et l’endurance
du 6-cylindres diesel 2.9 TDi de 174 ch lui communiquent cette énergie
de longue haleine qui fait le charme de tous les grands raiders.
Parallèlement, la transmission et l’intimité cinématique
du Range III sont également signées BMW. En faisant de
l’électronique son credo, l’engin est à la
fois athlétique et cérébral. Il engage sa responsabilité dynamique
sur des dispositifs tels que le DSC, qui assume le double rôle
d’antipatinage et de contrôle de stabilité, l’EBA
et l’EBD (freinage d’urgence et répartiteur), ou encore
l’HDC, en charge de ralentir la vitesse sur des pentes à forte
déclivité.
Corpulence et raffinement
Le
Range demeure une référence
Une architecture inédite élaborée
sur le principe de la caisse autoporteuse et des quatre roues indépendantes,
des reliefs de carrosserie très stylisés, une boîte
automatique à commande séquentielle en série, une
finition « haute couture » accueillante et chaleureuse, d’une « beauté » intérieure
qui rivalise avec son panache extérieur, le Range III est distingué,
voire audacieux. Le prix aujourd’hui stratosphérique des différentes
versions focalise toutefois l’attention sur cet engin d’exception
qui flirte avec la perfection sans réaliser pour autant le sans
faute.
A titre d’exemple, les options, nombreuses et coûteuses, font
l’effet d’une provocation en regard du tarif. Seule, la version
Vogue propose un équipement tout compris, avec cuir, navigation
GPS + TV, digne d’une machine de prestige. Malgré d’immenses
qualités, l’habitabilité n’a rien de remarquable,
et l’insonorisation du TD6 n’est que moyenne. La consommation,
pourtant pondérée par un réservoir de 100 litres,
souffre d’un poids nu excessif, tout comme la maniabilité.
Le châssis est souvent imperturbable dans les grandes courbes, mais
son inertie en virage serré, assortie de rappels de direction parfois
capricieux, est flagrante.
Un tout-terrain incomparable
Cuir
et bois, c'est le grand luxe pour le Range
Cela étant, la virtuosité du véhicule
en tout-terrain demeure incomparable. La suspension pneumatique à hauteur
variable a du génie, la réduction est un outil de précision,
et la motricité se révèle presque toujours infaillible.
A tous égards, le Range III est bel et bien hors jeu vis-à-vis
de ses plus éminents concurrents. On lui témoigne de
bonne grâce de l’admiration, mais ses plus ardents défenseurs
hésiteront probablement à exposer plus de 70 000 € ou
de 80 000 € aux aléas du franchissement. Les prix (hors
options) avec le moteur V8, en version SE : 76 900 €, HSE : 81
900 €, Vogue : 93 900 €, et avec le moteur TD6 en finition
SE : 61 900 €, HSE : 68 900 €, et Vogue : 80 900 €.