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| Une nouvelle face avant agressive à souhait |
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Alès – Renault, qui a toujours plus d’un tour commercial dans ses usines, met le paquet sur les versions musclées de sa très populaire petite berline. D’un seul coup d’un seul, le catalogue nous propose un trio de citadines frondeuses, respectivement nommées Clio GT, Clio RS Luxe et Clio RS Cup. Ces nouveautés accompagnent un léger remodelage esthétique de la gamme, principalement de la face avant (bouclier et calandre) et des feux arrière, le tout dans uns style plus sobre.
Si la première, animée par trois moteurs au choix (1.5 dCi 105, 1.6 16v 128 et 2.0 16v 140), disponible en 3 et en 5 portes, demeure d’un tempérament relativement sage, les deux autres se distinguent par un potentiel séduisant, très récréatif pour ceux qui seront tentés de l’exploiter. Bien moulées, dans une seyante carrosserie trois portes nantie d’une lame aérodynamique, les deux RS en redemandent quand on les cravache. La mécanique dont elles disposent en commun, un 2.0 16v de 203 ch réglé aux petits oignons, se flatte de délivrer plus de 100 ch par litre de cylindrée, l’agréable progressivité du mode atmosphérique de l’admission n’étant pas faite pour déplaire, loin de là. Le portrait de ces deux "dissidentes" est à l’évidence celui de la personnalité coup de cœur.
Une Clio peut en cacher une autre
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| Une vraie fleur de circuit |
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Avant même d’ouvrir la portière, il est certain que l’on regarde déjà la RS avec un appétit de compte-tours et de chronos. Pourtant, d’aspect, sa sportivité n’est pas ouvertement tapageuse. Hormis les étriers des freins Brembo, rouges et voyants sur la version Cup, elle est même assez discrète. La dessinateurs y sont allés à petites doses : des extracteurs d’air et ailes un peu gonflées, un diffuseur d’air dont l’idée est empruntée à la fine fleur des modèles de grand tourisme, il y a juste de quoi émoustiller le chaland sans semer la panique le long des trottoirs. Dans l’ensemble, le ton donné par la RS, qu’elle soit Luxe ou Cup, est celui de la voiture qui "déménage", sans le montrer ouvertement, sinon par allusions.
Le décor intérieur s’annonce toutefois légèrement plus symptomatique. Selon les ambiances (Gris argenté, Jaune, Carbone foncé), l’engin prend des expressions assez athlétiques, voire viriles. En matière d’équipement et de bien-être à bord, la finition Luxe ne cède pas un poil de terrain. On y retrouve tout ce qui fait la fierté d’un monde orchestré par la haute technologie. Le style Clio est au rendez-vous, agrémenté de quelques fioritures sportives telles que le pédalier en aluminium, les sièges moulants RS, le compte-tours sur fond coloré – parfaitement lisible -, le repère jaune sur le volant, ou encore le signal sonore de changement de rapport. Calquée sur la même organisation, la Clio RS Cup, qui a reçu le mot d’ordre "gain de poids", est toutefois privée de la climatisation, ainsi que du système de navigation Carminat Tom-Tom. Une miette plus spartiate, son allègement effectif est de 36 kg. Quoi qu’il en soit, les deux versions n’ont aucune prétention familiale, en aménagement comme en habitabilité. L’exiguïté des places arrière en témoigne.
Non, la vitesse n’est pas démodée
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| Un tableau de bord évocateur |
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C’est à Alès, sur le circuit « Rallye » du Pôle Mécanique, que nous avons torturé cette insoumise. La RS, c’est certain, procure de l’ivresse. C’est une bombe à retardement qui, d’une simple caresse sur l’accélérateur passe de la pesante léthargie de la civilisation radar aux débordements de vitalité que toute automobile sportive en liberté est en droit de briguer.
Sur la piste gardoise, technique et difficile il faut bien le dire, nous l’avons faite freiner sans pitié, nous l’avons propulsée dans les tours sans ménagement. Evitement d’obstacles, arrêt d’urgence en descente à fort pourcentage, virages à rayon variable et épingles vicieuses, nous l’avons poussée dans ses derniers retranchements dynamiques, et ne lui avons rien épargné. A l’exception de quelques délestages des roues avant à pleine accélération, le châssis est d’une efficacité redoutable, et d’une stabilité qu’il est rare de mettre en défaut. Le train avant à pivot indépendant démontre merveilleusement bien sa précision et sa fidélité. Cependant, pour en profiter pleinement, il convient de maintenir le régime, en veillant à conserver 3.500 tr/mn au minimum. Jusqu’au point culminant de la courbe de puissance (voisin de 7.100 tr/mn), il y a de toute façon de la marge sous le pied. Dans ces conditions, le maintien d’un confort fort décent, en bruit comme en suspension, constitue l’autre prodige de la version Luxe.
Une Cup de champagne
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| De vrais sièges baquets |
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Du côté de la version Cup, les choses sont encore plus pétillantes… mais plus rudes dans le domaine des suspensions. Avec des ressorts plus raides et des lois d’amortissement plus fermes, cette voiture s’identifie au monde la compétition. Elle est naturellement plus capricieuse sur des revêtements chaotiques, susceptibles de perturber occasionnellement le freinage et la trajectoire. Cela étant, elle donne un véritable sens au mot pilotage. La Cup rugit de plaisir sur des routes au profil changeant, et grâce à sa direction légèrement plus directe, elle obéit au moindre coup de poignet, pour peu que le pied droit sache exactement quoi faire selon les virages et les appuis rencontrés.
Un tempérament canalisé, un paquet de nerfs au bout d’un vilebrequin de velours, la Clio RS réussit brillamment son examen de passage dynamique. Renault l’a inventée pour donner du plaisir, l’objectif est atteint. Ce plaisir nous en coûte à partir de 22.100 € (RS Cup) jusqu’à 25. 600 € (Version RS Luxe), avec un palier à 24.100 € pour la version spéciale "Trophy" (châssis Cup et équipement Luxe). Mais il est vrai que le prix affiché est aujourd’hui une notion purement théorique qui se discute en prise directe chez le concessionnaire…
J'ai aimé
- La remarquable efficacité du châssis
- Les ressources de la mécanique
- La présentation du poste de conduite
Je n'ai pas aimé
- La sécheresse du châssis Cup en utilisation "civile"
- Une certaine torpeur à bas régime
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