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2009-

Renault Mégane RS Cup

taillée pour le circuit

Pour 1.600 €, Renault propose sur sa nouvelle Mégane RS une option de châssis nommée Cup. Si ce nom vous fait penser à des compétitions monotypes comme la Clio Cup, ce n’est pas pour rien. L’option en question n’est pas décorative et ne trouve sa véritable vocation que sur les circuits.
Renaud LACROIX, le 17 novembre 2009

Renault Mégane RS Cup
Signée Renault Sport…

Comme si le badge RS ne suffisait pas à la Mégane, Renault a cherché à pousser le bouchon encore plus loin. Il est vrai que la Mégane R26R avait su se démarquer dans un marché qui ne manque pas de sportives ultra-performantes. Avec cette nouvelle génération, la marque au losange n’a pas laissé passer l’occasion de se distinguer à nouveau, cette fois-ci au travers d’une option de châssis particulière. Sous le nom court mais évocateur de Cup, ce châssis donne une toute autre personnalité à la Mégane. Elle reste une voiture de route, officiellement, mais ne présente aucun intérêt à être conduite dans les embouteillages. Même en rase campagne, la RS Cup ne trouve pas sa place et seul le circuit permettra d’en exploiter les capacités exceptionnelles.

La principale différence vient du différentiel à glissement limité qui assure une meilleure motricité et donc des sorties de courbes plus stables et plus rapides. La direction est beaucoup plus directe, rendant difficile la conduite sur route mais jouissive les tours sur circuit. Avec un faible angle de braquage, la Mégane s’inscrit toute seule dans les virages et les modifications du châssis s’occupent du reste. Les barres anti-roulis ont en effet un diamètre plus important pour une raideur augmentée de 13 % à l’avant et 7 % à l’arrière. L’ensemble du châssis est rendu plus rigide par une diminution notable de la flexibilité à l’avant et à l’arrière.

Un freinage excellent

Renault Mégane RS Cup
Esthétiquement, elle se démarque complètement de la précédente Mégane RS

Les freins Brembo reçoivent eux aussi une légère amélioration. Ils gardent des diamètres de 340 mm à l’avant et 290 mm à l’arrière mais sont désormais rainurés pour aller avec le châssis Cup. Une fois au volant, la différence n’a évidemment rien de flagrant tant les performances de bases sont excellentes. Le freinage est propre et sûr, même sur piste mouillée. Seul le choix des couleurs laissera peut-être à désirer : les étriers sont rouges alors que la carrosserie est jaune…

Côté motorisation, on retrouve le même F4R quatre cylindres en ligne 16 soupapes de 250 ch qui équipait déjà la RS châssis Sport.

La transmission reste sur une boîte manuelle à 6 rapports sans aucune option de boîte séquentielle. L’étagement ne saurait pourtant être critiqué mais une voiture tellement orientée courses aurait peut-être mérité une paire de palettes au volant puisque Renault rappelle à qui veut l’entendre que la Mégane RS s’inspire de l’expérience en Formule 1 (notamment dans l’aspect extérieur... !).

Enfin, toujours sur les points d’image et de publicité chers au Losange, on ne manque pas de parler de la présence de la Mégane RS dans un jeu vidéo très populaire sorti récemment. La question qui vient immédiatement à l’esprit est donc : pourquoi n’y-t-il pas d’Affichage Tête Haute dans cette voiture ? Avec toute la télémétrie embarquée qu’on propose au conducteur, il est dommageable de se passer d’un principe aussi efficace et agréable que l’ATH (ou HUD pour les anglicistes amateurs de simulation et d’arcade).

Un ESP réglable

Renault Mégane RS Cup
Un tableau de bord assez fonctionnel

La Mégane Cup bénéficie, comme la Sport, du RS Monitor, ce gadget qui affiche certaines données en temps réel. L’écran est situé au milieu de la planche de bord, à droite du conducteur. Si ce dernier peut se permettre un rapide coup d’œil vers la télémétrie quand il est sur l’autoroute, il est impensable qu’il lève le regard de la trajectoire quand il vise son point de corde. Le jouet est donc inutile dans la mesure où on n’a pas le temps de le lire. C’est regrettable car ce RS Monitor a un véritable potentiel ludique, notamment pour l’apprentissage au pilotage. Il propose des jauges pour mesurer la pression de turbo, l’ouverture du papillon, le couple, la puissance, la pression sur les freins, un graphique des accélérations longitudinales et latérales, et un chronomètre pour évaluer sa performance au 0 à 100 km/h ou sur un 400 m départ arrêté.

Lancé sur la piste, les données quantitatives n’ont de toute façon plus beaucoup d’importance car le ressenti est exceptionnel. La Mégane est presque trop facile à piloter tant elle se place facilement. N’importe qui aura tôt fait de se découvrir des talents de pilote. L’ESP est terriblement efficace sans être trop intrusif. Le mode ESP Sport constitue la meilleure alternative pour celles et ceux qui auraient peur d’être bridés. Il repousse l’intervention du système au-delà d’un certain seuil de dérive et rétablit la voiture avec une douceur et une rapidité déconcertantes. Enfin on pourra choisir le mode « ESP off » mais les illusions acquises risquent vite de voler en éclat… Sur les qualités de pilote, bien sûr, pas sur la qualité du comportement de la voiture.

Le châssis Cup pour 1.600 €

Renault Mégane RS Cup
Toujours 250 ch mais un châssis plus rigide

Pour terminer, la Mégane RS Cup propose les mêmes équipements que la RS Sport puisque ce châssis n’est qu’une option, disponible pour 1.600 €. On retrouve donc la climatisation automatique bi-zone, les sièges en cuir chauffants, le pédalier en aluminium, tandis qu'en option on peut choisir entre le navigateur Carminat Tom-Tom et le RS Monitor, et pour compléter l’aspect sportif de la RS des sièges baquets Recaro. Le volant est assez bien dessiné pour ne pas fatiguer les mains (notamment sur circuit) et porte un repère de point zéro plus ou moins utile selon la préférence du conducteur.

Malheureusement pour cette Mégane RS, la qualité de l’habitacle n’est pas à la hauteur des performances. Peut-être doit-on y voir un dénuement volontaire collant à l’esprit des voitures de compétition. L’ensemble de la planche de bord est noir, recouvert d’un revêtement aussi triste que désagréable au toucher et traversé par une horrible bande de plastique imitant la fibre de carbone. Même si on regrette encore une fois l’absence d’Affichage Tête Haute, les compteurs sont lisibles, hormis le compte-tours, à gauche, dont les chiffres gris s’étalent sur un fond jaune fluo. Le tableau de bord est donc dissymétrique avec un agencement douteux des tons qui laisse songeur, voire sceptique. Enfin, dernière excentricité de Renault, les ceintures de sécurité (il n’y a pas de harnais) sont jaunes… Pour aller avec le compte-tours, sans aucun doute. Ce sont toutefois là des considérations purement esthétiques que des artistes-ingénieurs de chez Renault ne manqueront pas de balayer en montrant les performances intrinsèques de la Mégane RS Cup ainsi que la plaisir de conduite qu’elle offre. Et on ne pourra pas leur donner tort.

Plus d'infos sur Renault Mégane III

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